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Monday, August 24, 2026

Surdoses : l’acceptabilité sociale plombe l’ouverture d’un centre d’urgence à Québec

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Incapables de trouver un lieu répondant aux critères d'acceptabilité sociale et de cohabitation au centre-ville, les autorités de santé publique sont contraintes de renoncer à l'ouverture d'un centre de consommation supervisée temporaire visant à contrer la hausse des surdoses à Québec.

Radio-Canada rapportait le mois de dernier que, devant une hausse anormale des signalements de surdoses mortelles et non mortelles sur son territoire, Santé Québec Capitale-Nationale travaillait à l'ouverture d'un centre de besoins d'urgence.

Ce dernier devait prendre la forme d'un service de consommation supervisée extérieur pour les personnes consommant des drogues par inhalation.

Le Dr Philippe Robert, directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, en avait annoncé l'ouverture d'ici la fin de l'été au centre-ville de Québec, avec l'intention de le maintenir ouvert jusqu'au début de l'hiver.

Le Dr Robert avait alors refusé de préciser à quel endroit le centre serait établi, des discussions étant toujours en cours avec la Ville de Québec et d'autres partenaires.

Un homme fume une substance dans une pipe.

Le service aurait permis aux personnes consommant des drogues par inhalation de le faire dans un lieu sécuritaire et encadré par du personnel de Santé Québec. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Ben Nelms

Projet annulé

Un mois plus tard, Santé Québec fait marche arrière et renonce à l'ouverture du service en question.

Parmi les sites extérieurs envisagés, aucun ne satisfaisait, pour l’instant, à l’ensemble des critères requis, notamment pour des raisons techniques et opérationnelles, écrit Raphaëlle Plante, porte-parole régionale pour la Capitale-Nationale.

Selon nos informations, la recherche d'un lieu adéquat était d'autant plus complexe qu'elle devait satisfaire à plusieurs conditions liées à la cohabitation avec les résidents et les commerçants. Santé Québec ne cache pas que l'acceptabilité sociale a fait partie de l'équation.

Afin de cibler le meilleur projet en regard des objectifs de santé publique tout en ayant une localisation optimale et en favorisant l’acceptabilité sociale, les travaux devront se poursuivre au cours des prochains mois.

De nombreux critères se devaient d'être respectés. Le service devait notamment se trouver à plus de 150 mètres de tout service de garde ou école, en vertu des lois québécoises en vigueur.

Le centre de consommation supervisée temporaire devait également être assez grand pour aménager une zone de repos et accueillir le personnel prêt à intervenir en cas de surdose. L'idée d'un lieu extérieur visait à contrecarrer l'obligation d'avoir une aération adéquate, une contrainte technique importante à l'intérieur.

Le centre-ville a été choisi afin d'être le plus près possible des usagers potentiels.

Des passants sur une rue commerciale

Le lieu envisagé pour le centre n'a pas été précisé, mais devait à tout le moins se trouver au centre-ville.

Photo : Radio-Canada / Eric Careau

Substances contaminées et surdoses

L'ouverture du centre était justifiée par une hausse anormale des signalements de surdoses dans la région, en particulier au sein des populations vulnérables et marginalisées des quartiers centraux.

En mai, Santé Québec Capitale-Nationale mettait les organismes communautaires et les consommateurs en garde contre la présence de médétomidine dans plusieurs substances psychoactives. Le produit ne réagit pas à la naloxone, un antidote aux surdoses d'opioïdes, comme le fentanyl.

On a déjà 43 signalements de surdoses mortelles en investigation par le coroner. Certaines pourraient être infirmées [...], mais on anticipe une hausse par rapport aux autres années, indiquait Santé Québec Capitale-Nationale, en juillet.

L'approche de réduction des méfaits repose sur la réduction des conséquences négatives liées à l’usage des drogues plutôt que l’élimination du comportement d’usage lui-même Il s’agit donc de politiques et de programmes d’intervention conçus pour protéger la santé des usagers de drogues et celle de la collectivité.

Source : Institut national de santé publique du Québec

En comparaison, 29 surdoses mortelles ont été confirmées en 2025 et 24 surdoses mortelles en 2024. Le record précédent a été établi en 2020 avec 37 surdoses mortelles. Si la tendance se maintient, l'année 2026 devrait s'approcher de ce triste record.

Ces données continuent d'inquiéter la santé publique, qui reconnaît le besoin d'agir. Le statu quo n’est pas une option ; tous les partenaires impliqués reconnaissent le besoin et s’entendent pour dire que les services actuels ne suffisent plus à répondre aux besoins, souligne Raphaëlle Plante.

Malgré l'échec de l'ouverture du centre de besoins d'urgence cet automne, l'organisation continuera de chercher une solution à court terme pour répondre à l'augmentation des surdoses.

Nous poursuivons donc nos efforts afin [...] d’identifier la meilleure option pour déployer de nouveaux services, en considérant à la fois une réponse rapide pour prévenir les surdoses, ainsi qu’une solution pérenne qui permettra le maintien de ces nouveaux services.

Les objectifs visés par le centre d'urgence

  • Intervenir lors de surdoses pour sauver des vies
  • Déplacer la consommation de l’espace public vers une zone encadrée
  • Garder contact avec des personnes en situation précaire et faciliter l’accès aux services de santé, sociaux ou communautaires

Source: Santé Québec Capitale-Nationale

Vers un service permanent?

Au-delà de la réponse temporaire du centre d'urgence, Santé Québec Capitale-Nationale n'abandonne pas l'idée d'ajouter des services de consommation supervisée permanents à Québec. Actuellement, un seul centre existe dans la capitale, soit l'Interzone, situé sur la rue Saint-Vallier Est.

Ouvert il y a cinq ans, il fonctionne au maximum de sa capacité. Les autorités régionales de santé publique reconnaissent le besoin d'ajouter des services permanents depuis près de trois ans.

La volonté de proposer une solution qui se poursuivra au-delà de quelques mois nous incite à poursuivre nos travaux pour réévaluer toutes les options possibles, en étroite collaboration avec la Ville de Québec et le milieu communautaire, souligne-t-on chez Santé Québec.

L'ouverture d'un centre de consommation supervisée ne se fait pas du jour au lendemain, des autorisations devant notamment être obtenues auprès de Santé Canada.

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