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Saturday, September 12, 2026

De Riopelle à Scherübel dans les musées cet automne

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Nous serons impatient de découvrir le nouveau pavillon dédié à Jean Paul Riopelle (mort en 2002), bâtiment finalement construit pour le Musée national des beaux-arts du Québec. Réalisé en quatre ans par la firme d’architectes FABG, l’Espace Riopelle – Pavillon Michael Audain permettra de montrer plus de 130 œuvres, dont certaines rarement exposées. Espérons que l’œuvre monumentale Hommage à Rosa Luxemburg (1992) y trouvera enfin un écrin digne d’elle, et ne sera plus morcelée dans un couloir, comme elle le fut pendant des années dans un passage souterrain entre deux ailes du musée. Idée pour le moins surprenante, elle « sera accompagnée d’une expérience olfactive inédite développée par le Chartier World Lab »…

Du 22 au 25 octobre aura lieu l’ouverture de ce pavillon avec de nombreuses activités artistiques réunies sous un thème : Ce qui nous traverse. La chorégraphe Chantal Caron et sa compagnie de danse contemporaine, Fleuve | Espace Danse, présenteront des tableaux chorégraphiques. Le Conservatoire de musique de Québec sera aussi de la fête.

Marion Wagshal à Ottawa

Un autre événement important de cette rentrée 2026 dans les musées sera sans nul doute la présentation de peintures de Marion Wagschal au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Il y a 9 ans, au Musée d’art de Joliette, nous avions pu voir Colossus, présentation d’œuvres récentes, réalisées entre 2008 et 2016, de cette artiste exceptionnelle. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une rétrospective de Wagschal, mais nous pourrons y contempler une dizaine de tableaux grand format et autant de dessins, eux aussi très grands, réalisés durant six décennies. L’artiste nous permettra aussi d’avoir accès à plusieurs carnets de croquis, des estampes, des aquarelles… Marion Wagschal. Cyclopes et autres contes est une expo élaborée par le MBAC en partenariat avec le Centre d’art CAB. Commissaires : Anaïs Castro et Roxanne Arsenault. Jusqu’au 17 janvier.

Toujours au MBAC, le visiteur pourra voir Postures. Photographie en studio, dès le 11 décembre, expo qui traitera du studio comme lieu de création.

Massimo Guerrera à Rimouski

Cela fait bien trop longtemps que nous n’avons pas pu voir son travail. Sa dernière exposition personnelle à Montréal remonte à 2016, à la galerie Joyce Yahouda ! Heureusement, Massimo Guerrera, « artiste et chercheur multidisciplinaire », est cet automne au Musée de Rimouski avec une étape de son « projet conceptuel d’installation » intitulé Domus. Vues d’intérieurs, dont la commissaire est France Leclerc.

Amorcé en 2017 et conçu pour se poursuivre pendant 15 ans, ce projet en plusieurs volets explore « les rythmes de création et les manières dont on habite l’espace ». Guerrera abordera, dans un deuxième volet, la question de « la transposition dans un lieu autre d’œuvres créées dans l’atelier-maison ». Pour reprendre les mots de l’artiste, il s’agira d’une « installation vivante », qui se transformera avec la présence de l’artiste sur place, ce qui lui permettra, entre autres, le 22 octobre, d’effectuer une rencontre performative avec le public. On a très hâte. Jusqu’au 22 novembre.

Klaus Scherübel chez Molinari

Il fut des époques où le milieu des arts était secoué par de fortes revendications. En 1968, la 34e Biennale de Venise est le théâtre d’une contestation historique. Artistes et étudiants révoltés y dénoncent une culture bourgeoise déconnectée du réel, empêtrée dans une vieille structure de pavillons nationaux, mais aussi sous l’influence grandissante du marché de l’art… Certains soulignent le passé fasciste de la biennale et plusieurs scandent le slogan « La Biennale est morte ». Que diraient-ils de nos jours ?

L’artiste Klaus Scherübel revisite ce moment charnière dans une installation immersive reprenant le pavillon canadien de cette biennale, alors investi par Guido Molinari et Ulysse Comtois. Une exposition qui souhaite « interroger les mécanismes de transmission, d’interprétation et de mise en scène du passé dans l’espace muséal contemporain ». L’expo Venise 1968. La Biennale de la contestation vol. 30, dont les commissaires sont Marie-Eve Beaupré et Yun Wang, sera à l’affiche de la Fondation Molinari du 8 octobre au 20 décembre.

Andy Lu Lee au CCA et Anahita Norouzi au MAJ

Andy Lu Lee, architecte paysagiste basé à Brooklyn et maître de conférences invité au Pratt Institute, nous propose Recadrer le paysage américain. Se servant de films, de photographies, de cartes et d’autres documents conservés par la National Archives and Records Administration des États-Unis, ce commissaire nous invitera à réfléchir aux façons dont ces documents ont servi de propagande pour « promouvoir une image environnementale du paysage moderne tout en occultant l’impact sur les communautés et en jetant les bases esthétiques de décennies d’enfermement, de déplacement et de dépossession qui persistent encore aujourd’hui ». Salle octogonale du Centre canadien d’architecture, du 2 octobre au 3 janvier.

Dans une même veine politique, il faudra aussi aller voir Rift, de l’artiste Anahita Norouzi — expo dont la commissaire est Ariane De Blois —, qui souhaite interroger « la notion de progrès comme instrument de domination coloniale ». Du 3 octobre au 10 janvier. En collaboration avec la Galerie de l’UQAM.

Sans oublier

Au Musée des beaux-arts de Montréal, on surveillera les installations immersives de l’artiste japonaise Chiharu Shiota (dès le 26 septembre), la peinture de la Montréalaise d’origine Allison Katz (dès le 9 octobre), et l’hommage à la sculptrice Anne Kahane (dès le 19 novembre).

Au Musée McCord Stewart, l’art autochtone provenant de divers pays de la planète sera célébré. Dans Tissages rebelles + Trames souveraines, la commissaire Wanda Nanibush a réuni une trentaine d’artistes dont « les pratiques redéfinissent les frontières entre l’art contemporain, la culture, la mode, le design et les techniques traditionnelles » (dès le 27 novembre). Et en expo solo, on pourra voir le travail de Carrie Allison dans askōhtēskanohwē, titre issu d’un terme de la langue crie que l’on peut traduire par « tracer un chemin vers l’avenir » (dès le 30 septembre).

PHI nous réserve deux expositions : dans la première, intitulée Foi ou feu, Jean-François Bouchard traitera du travail des évangélistes chrétiens prêchant dans les rues, dans la seconde, Hymnes, Stephanie Comilang nous invitera à réfléchir à « l’incidence des flux mondiaux de capitaux sur les vies humaines ». Dès le 28 octobre.

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