Éric Dupond-Moretti à propos du Rassemblement national : "La dédiabolisation est en réalité une dissimulation"

Madame Le Pen et monsieur Bardella fréquentent des gens que ni vous ni moi, nous ne fréquentons
L’avocat pénaliste explique les raisons qui l’ont poussé avec Roselyne Bachelot à s’attarder sur les élections municipales. "Après les législatives, on avait eu des gugusses du Rassemblement national portant une casquette de la Wehrmacht, par exemple. Et le RN a dit : "Ce sont des brebis galeuses, mais on va tout de suite s’en débarrasser". Sauf que les municipales, c’est après les législatives. Et que pendant les municipales, on retrouve des tas de brebis galeuses. Alors, il y a les brebis galeuses […], mais il y a aussi les bergers, qui ne sont pas beaucoup mieux, parce que madame Le Pen et monsieur Bardella fréquentent des gens que ni vous ni moi, nous ne fréquentons." L’ancien ministre de la Justice cite, notamment Frédéric Châtillon, "qui est un aficionado du nazisme, si vous me permettez cette expression, et qui célèbre le 20 avril l’anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler".
Éric Dupond-Moretti donne d’autres exemples qui sont, dit-il, toujours dans la mouvance du RN. Des personnes que le parti d’extrême droite français "dissimule" et qui possèdent des entreprises "qui aident le Rassemblement national". "Ce sont des boîtes qui sont notamment subventionnées par nos impôts, puisque ce sont des fonds de l’Europe, et parfois même des fonds franco-français, qui leur sont versés."
Les vrais fachos, ils ne vont pas changer d’avis
L’argument d’une dédiabolisation factice est régulièrement avancé dans le débat public et politique. Est-il cependant en mesure de faire évoluer l’avis des personnes qui votent pour le RN ? "Les anciens gudards (Groupe Union Défense (GUD) - organisation étudiante française d’extrême droite radicale), les vrais fachos, ils ne vont pas changer d’avis", analyse Éric Dupond-Moretti. Et d’ajouter que nombreux français "ne savent pas tout ça".
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