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Wednesday, September 23, 2026

Dernier débat électoral à Radio-Canada | Il faut qu’on parle du bureau du Québec à Tel-Aviv

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C’est un malheureux adon. En août 2023, le gouvernement de François Legault annonçait qu’un bureau du Québec allait voir le jour à Tel-Aviv, en Israël.

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La coïncidence malheureuse, c’est qu’environ deux mois plus tard, alors que le bureau n’existait pas encore formellement, le Hamas perpétrait une attaque terrible contre Israël, tuant 1200 personnes en quelques heures et en prenant plus de 200 en otage. Et qu’Israël, pour sa part, lançait le lendemain une offensive militaire sans merci en plus de boucler entièrement l’enclave palestinienne qu’elle tenait déjà sous embargo depuis 16 ans.

On connaît la suite. Le ministère de la Santé de Gaza, sous le contrôle du Hamas, dénombre à ce jour plus de 73 000 morts dans le territoire palestinien, un chiffre jugé fiable par les Nations unies. Israël est soupçonné ou accusé par plusieurs pays, organes des Nations unies et principales organisations internationales des droits de la personne de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, voire de génocide à Gaza. Le premier ministre israélien et son ancien ministre de la Défense font l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. La violence des colons extrémistes juifs en Cisjordanie et l’impunité dont ils jouissent sont aussi dénoncées internationalement.

Toutes ces accusations ne sont que renforcées ces jours-ci par la polémique entourant le documentaire NAZA qui a obtenu un prix et une ovation interminable à la Mostra, mais qui vaut aux artisans israéliens du film des menaces sérieuses de la part de l’actuel gouvernement de Benyamin Nétanyahou et d’une partie de l’opposition. Dans leur propre pays.

Pour ce film, 24 membres de l’appareil sécuritaire d’Israël ont témoigné à visage couvert, détaillant notamment comment l’intelligence artificielle et la surveillance électronique sont utilisées pour viser des cibles et calculer le nombre acceptable de « dommages collatéraux », c’est-à-dire de civils tués. Des faits qui avaient déjà été exposés par le magazine +972, mais qui ont une plus grande force de frappe avec la multitude de témoignages récoltés dans le film.

Dans ces circonstances, des groupes de pression et quelques personnalités, dont l’ancienne ministre Louise Harel, se demandent pourquoi le Québec garde le bureau du Québec à Tel-Aviv ouvert. La question est très pertinente en ces temps d’élections.

PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, LA PRESSE CANADIENNE

Des caméras sont visibles sur le plateau en vue du débat des chefs de parti de mercredi, à Montréal

Le chef du bureau, Alik Hakobyan, a été rapatrié au début de la guerre en Iran, mais il est de retour en poste, abrité par l’ambassade du Canada en Israël.

Lors d’un débat sur les enjeux internationaux des élections du 5 octobre qui s’est tenu au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) la semaine dernière, une candidate de Québec solidaire, Roxane Milot, a soulevé la question et incité ses vis-à-vis du Parti québécois, du Parti libéral ainsi que l’actuel ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Christopher Skeete, de la Coalition avenir Québec, à répondre. Les conservateurs, eux, avaient décliné l’invitation au débat.

Malheureusement, il n’y a que les participants à ce dîner d’affaires qui ont entendu les réponses en long et en large. Et le CORIM n’a pas d’enregistrement de la séance. On sait seulement que Québec solidaire fermerait le bureau, que le Parti québécois en suspendrait les activités et que la CAQ et le Parti libéral le conserveraient pour garder les canaux de communication ouverts.

C’est bien mince considérant les enjeux éthiques et moraux qui sous-tendent la question.

Il serait donc intéressant d’entendre les explications des partis lors du tout dernier débat qui se tiendra ce mercredi à Radio-Canada. D’autant que l’opinion publique québécoise est très sensible au conflit israélo-palestinien.

Pourquoi parler d’affaires internationales lors d’un débat électoral québécois, me demanderez-vous ? Parce que le Québec n’est pas une bulle et qu’il a une politique internationale incarnée par un réseau d’une trentaine de délégations, bureaux et antennes à travers le monde. En 2026-2027, ce ministère dispose d’un budget de 154 millions.

Il est donc essentiel de comprendre ce qui guide les choix des divers partis en matière de relations internationales.

Les droits de la personne d’abord, comme le souhaite Québec solidaire ? Il faudrait alors probablement revoir la représentation du Québec en Chine, si c’est le cas. Le commerce seulement ? La Turquie, qui est couverte par le bureau du Québec à Tel-Aviv, a trois fois plus d’échanges commerciaux avec la province que l’État hébreu et s’imposerait alors comme une meilleure option. Mais pour les droits de la personne, on repassera.

Le fait est que le choix est foncièrement politique, contrairement à ce qu’a dit l’ancienne ministre Martine Biron en mars 2024 quand elle a affirmé que l’ouverture du bureau du Québec à Tel-Aviv n’est « en rien » une prise de position du gouvernement sur le conflit. Or, le commerce n’est jamais étranger à la politique. Quelle est la première chose que les pays de l’OTAN ont faite dès le début de la guerre totale de la Russie contre l’Ukraine ? Ils ont imposé des sanctions économiques et revu les échanges commerciaux.

Si le Québec veut continuer à jouer un rôle sur la planète, ce serait la moindre des choses que les chefs des partis politiques expliquent aux électeurs à quelle adresse ils désirent que ce Québec loge.

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