Doctrine Gérin-Lajoie : Mark Carney évite de se prononcer

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Interpelé par les journalistes jeudi, le premier ministre du Canada, Mark Carney, n’a pas voulu se prononcer sur la doctrine Gérin-Lajoie, qui façonne les relations internationales du Québec depuis les années 1960.
Ce principe a été évoqué ces derniers jours par le premier ministre québécois, Paul St-Pierre Plamondon, dans la foulée du débat entourant la place que le fédéral devrait accorder au Québec au sommet Canada-Union européenne (UE), qui se tient jusqu’à vendredi à Montréal.
Ce que je reconnais, ce sont des doctrines ou des approches qui fonctionnent
, a affirmé M. Carney lors d'une conférence de presse portant sur une annonce en matière d'intelligence artificielle.
La veille, à la Chambre des communes, aucun haut fonctionnaire d'Affaires mondiales Canada n’avait pu expliquer cette doctrine.

Le député du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
En entrevue à Zone info, sur ICI RDI, le député du Bloc québécois dans Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, s'est défendu d'avoir voulu piéger les hauts fonctionnaires en question en leur demandant d’expliquer la doctrine Gérin-Lajoie.
Je me suis rendu compte qu’ils ne le savaient pas lorsqu’ils étaient incapables d’y répondre
, a-t-il dit, ajoutant avoir attendu pendant environ huit minutes une réponse qui ne venait pas.
Il a fallu que, moi-même, je le leur [hauts fonctionnaires] explique et leur demande d’aller faire leurs devoirs.
Le député bloquiste a ajouté : Lorsqu’on est un fonctionnaire à un aussi haut niveau au sein d’Affaires mondiales, on se doit de connaître cette doctrine pour bien faire son travail.
Selon la doctrine énoncée en 1965 par l'ancien ministre libéral Paul Gérin-Lajoie, le Québec doit exercer sur la scène internationale ses compétences reconnues dans la Constitution canadienne, que ce soit en matière d'éducation ou de santé, mais aussi ses compétences partagées, comme l'environnement.

Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
Le monde politique, notamment provincial, est plongé depuis quelques jours dans un débat sur les relations internationales du Québec, après que le premier ministre Carney a refusé à son homologue du Québec un droit de parole officiel lors du sommet Canada-UE.
M. Carney a invité M. Paul St-Pierre Plamondon à sa table d'honneur au dîner prévu jeudi soir, pour rencontrer les dignitaires.
Offusqué, le premier ministre du Québec a décidé finalement de ne pas participer à l'événement et d'y déléguer son diplomate en chef, Pascal Paradis, pour le représenter.
M. St-Pierre Plamondon a jugé qu'il n'était pas respectueux
de lui refuser une place dans un événement qui se déroule au Québec et où les intérêts économiques québécois sont en jeu.
Le nouveau premier ministre a également transmis une lettre aux représentants des États européens participants pour les mettre en garde contre le risque de conclure une entente sans l’accord du Québec.
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