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Wednesday, October 21, 2026

Extradition confirmée de Jean-François Malo | « Je ne retournerai pas pour aller me faire poignarder »

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Le fugitif Jean-François Malo n’a pas l’intention de revenir derrière les barreaux de sitôt. Même si la Cour de cassation de France vient de refuser d’entendre son appel contre son extradition, le promoteur déchu compte se battre aussi longtemps que possible pour éviter le pénitencier, assure-t-il en entrevue avec La Presse.

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« Je ne retournerai pas pour aller me faire poignarder à Donnacona ! », dit-il en référence au pénitencier à sécurité maximale situé dans cette ville, en entrevue avec La Presse après la décision du tribunal.

Malo a fui le Québec en octobre 2025, juste avant d’écoper de cinq ans de prison pour avoir commandé l’attaque armée d’un avocat en 2020. Avant de s’éclipser à bord d’un jet privé, il avait écrit des courriels au juge dans lesquels il demandait de l’aide, s’estimant menacé par des membres des Hells Angels.

En décembre dernier, après deux mois et demi de fuite entre les Antilles et le Cambodge, les autorités françaises l’ont arrêté en Martinique dans un autre avion privé en provenance de Gambie, sous une fausse identité vénézuélienne.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Un document d’identité vénézuélien sous un faux nom, avec lequel voyageait Jean-François Malo lorsque les autorités françaises l’ont arrêté en Martinique, en décembre dernier

Depuis, il multiplie les recours pour contester son extradition. En mars dernier, la Cour d’appel de Fort-de-France a accédé à la demande du Canada d’extrader Malo pour qu’il puisse faire face à la justice.

Il a ensuite porté l’affaire devant la Cour de cassation, plus haut tribunal de la République, qui vient de rejeter son recours. « Après avoir examiné tant la recevabilité du recours que les pièces de procédure, la Cour de cassation constate qu’il n’existe, en l’espèce, aucun moyen de nature à permettre l’admission du pourvoi », indique la décision.

« Entre trois et cinq ans de délais », espère-t-il

Qu’à cela ne tienne : Jean-François Malo n’a aucune intention d’accepter son extradition. Malgré la décision de la Cour de cassation, l’homme d’affaires assure qu’il lui reste encore de nombreux recours pour éviter de revenir au pays.

« On m’a parlé de délais entre trois et cinq ans, selon le moment où j’obtiens une oreille attentive », dit-il. Il veut d’abord s’adresser à nouveau aux tribunaux français pour faire annuler son extradition.

Il compte invoquer des « faits nouveaux », dont la décision de la Cour d’appel du Québec, qui a refusé en septembre d’entendre son pourvoi contre sa condamnation pour voies de fait graves. Si nécessaire, il envisage ensuite une série d’autres recours, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.

Le procureur général de la République à Fort-de-France n’a pas rappelé La Presse, tout comme les Services correctionnels du Canada, responsables des demandes d’extradition.

« Je demande qu’on protège ma vie et qu’on me donne un moyen d’appel », résume Malo, joint dans un restaurant. Car le promoteur en fuite est libre sous le soleil de la Martinique : en juin, la Cour d’appel de Fort-de-France l’a laissé sortir de prison pour des raisons de santé, et parce qu’il avait acquis une propriété en Martinique, ce qui renforcerait ses liens avec l’île.

En septembre, La Presse s’est d’ailleurs lancée sur la trace du promoteur déchu dans le département antillais. Nos journalistes l’ont retrouvé un dimanche après-midi à la plage, puis devant son appartement, dans le centre de Fort-de-France1.

En entrevue, Malo a alors affirmé qu’il accepterait de revenir au Québec s’il pouvait bénéficier d’une protection policière spéciale.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Jean-François Malo en entrevue avec La Presse, à Fort-de-France

J’aurais aimé mieux voir ma famille et mes enfants, regardez… Je privilégierais une situation où je pourrais avoir une protection quelconque, que ça soit la GRC, que ce soit la SQ…

Jean-François Malo

Au téléphone en juin dernier, avec un huissier qui avait saisi un de ses bolides de luxe, il avait pourtant affirmé exactement le contraire.

« Là, je suis à la plage, ça va bien la vie. Je retourne plus jamais au Canada. C’est fini. Plus jamais », avait dit Malo, selon l’enregistrement de la conversation déposé devant le tribunal. « Je suis bien, tabarnak, c’est les Caraïbes ! »

L’homme d’affaires affirme qu’il ne peut de toute façon pas revenir de son propre chef, puisqu’il n’a plus de passeport et qu’il s’est engagé à ne pas quitter la Martinique pour obtenir sa mise en liberté sous contrôle judiciaire. Il mise donc sur les tribunaux français pour prolonger autant que possible son séjour dans les Antilles.

« À moins d’avoir ce que je demande, on n’est pas prêts de se revoir, puis j’espère qu’on ne se reverra jamais, confie-t-il à La Presse, au téléphone. Ou, en tout cas, si tu veux venir prendre un rhum coca, ça va me faire plaisir, mais je ne pense pas que ça va être au Ritz à Montréal. »

Lisez le dossier « Cavale de Jean-François Malo en Martinique : Bons baisers de Fort-de-France »

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