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Tuesday, September 29, 2026

La ministre Gull-Masty réticente à criminaliser le négationnisme sur les pensionnats

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La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, est restée évasive lundi lorsqu’on lui a demandé si elle était favorable à la criminalisation du négationnisme concernant les pensionnats pour Autochtones, après qu’un groupe lié au nationalisme blanc aurait organisé une manifestation dans l’intérieur de la Colombie-Britannique ce week-end.

Rosanne Casimir, cheffe de la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc, a indiqué qu’un groupe d’individus masqués avait déployé dimanche une banderole depuis un viaduc à Kamloops, en Colombie-Britannique. La banderole, sur laquelle figurait l’inscription « Got bones ? » (« Vous avez des ossements ? »), semblait remettre en cause les informations faisant état d’inhumations humaines sur les anciens sites des pensionnats pour Autochtones.

Cette manifestation s’est déroulée quelques jours seulement avant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Cette journée est vouée à rendre hommage aux enfants qui ont fréquenté les pensionnats pour Autochtones et à se souvenir de ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux.

« La suprématie blanche ne parviendra pas à semer la peur chez des générations de survivants et de survivants intergénérationnels qui portent déjà cette peur depuis bien trop longtemps. Notre peuple sait ce que signifie vivre avec la peur que d’autres nous ont imposée », a martelé Mme Casimir dans un communiqué de presse dimanche.

« Pourtant, nous connaissons aussi la force, la résilience et le courage de nos survivants, de nos familles et des membres de notre communauté. Nous avons enduré la peur, et nous ne nous laisserons pas intimider. Nous restons unis, jour après jour et génération après génération, pour veiller à ce que cette histoire ne se répète jamais. »

En mai 2021, la Première Nation a annoncé qu’un géoradar avait mis au jour ce que l’on pense être 215 tombes anonymes sur le site de l’ancien pensionnat indien de Kamloops. Cette nouvelle a fait la une des journaux internationaux et a conduit à des attaques en ligne contre la communauté.

Certaines personnes extérieures à la communauté se sont présentées avec des pelles pour déterrer les restes des enfants, et la Première Nation a été contrainte de renforcer la sécurité autour du site de l’ancien pensionnat.

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été contraints de fréquenter des pensionnats, dont le dernier a fermé ses portes en 1996. Des milliers d’enfants sont morts dans ces établissements.

La députée néodémocrate Leah Gazan a déposé un projet de loi d’initiative parlementaire actuellement examiné par la Chambre des communes, qui criminaliserait comme discours de haine le fait de tolérer, de nier, de minimiser ou de justifier les pensionnats pour Autochtones. Il s’agit du libellé utilisé pour criminaliser la négation de l’Holocauste dans le Code pénal.

Dans une déclaration publiée lundi, Mme Gazan a jugé que les survivants méritaient davantage que de simples paroles de condamnation pour ce qui s’est passé dimanche à Kamloops.

Les chefs de l’Assemblée des Premières Nations ont appelé le gouvernement à adopter le projet de loi de Mme Gazan à plusieurs reprises et ont adopté une résolution en ce sens en juillet, peu après l’adoption par les libéraux d’une nouvelle loi sur les crimes de haine.

Certains sénateurs ont tenté, sans succès, de modifier cette loi afin d’y inclure le négationnisme concernant les pensionnats.

Certains chefs des Premières Nations ont demandé au gouvernement libéral de présenter son propre projet de loi similaire — qui aurait plus de chances d’être adopté —, mais la ministre des Services aux Autochtones n’a pas voulu s’engager dans ce sens lundi.

« Même si je reconnais que l’opposition prend position et tente de faire avancer les choses, c’est à elle d’en prendre l’initiative », a déclaré Mandy Gull-Masty lors d’une conférence de presse sans rapport avec ce sujet à Ottawa.

« Nous devons nous laisser guider par les communautés pour nous assurer que les décisions que nous prenons reflètent véritablement ce qu’elles attendent en termes de soutien. »

Un acte « révoltant »

Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, n’était pas disponible pour une entrevue. Son cabinet a indiqué à La Presse canadienne qu’il n’avait « rien d’autre à ajouter pour le moment » et a renvoyé à une déclaration en ligne du premier ministre Mark Carney.

Dans cette déclaration, M. Carney a qualifié la manifestation de Kamloops de « révoltante » et a affirmé qu’elle n’avait pas sa place dans ce pays.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’Assemblée des Premières Nations a dit condamner fermement les manifestations de racisme et de haine observées en Colombie-Britannique.

« Nous demandons qu’une enquête approfondie soit menée et que les gouvernements et les Canadiens se joignent à nous pour lutter contre le racisme », peut-on lire dans le message.

« Cela n’a pas sa place dans la société d’aujourd’hui. Nous devons nous unir contre l’ignorance, le racisme et les mensonges, et défendre les droits des Premières Nations, la vérité et la réconciliation. »

Le chef du NPD de Colombie-Britannique, David Eby, et le chef des conservateurs de Colombie-Britannique, Lorne Doerkson, ont tous deux condamné le déploiement de cette banderole, qualifiant les agissements des manifestants d’épouvantables.

Le député conservateur Frank Caputo, dont la circonscription comprend Kamloops, a déclaré dimanche que les manifestants s’étaient livrés à un « comportement répugnant ». Dimanche soir, il a indiqué dans un message publié sur X que sa colère n’avait fait que s’intensifier au fil des heures.

As this afternoon has progressed, I have gotten more and more angry.

As I said earlier:

Screw off. Go home. Never come back. Reflect on your poor decisions.

These cowards refuse to show their faces. Not surprising given their odious message.

I will be in contact with… https://t.co/T4yOk5sdhD

— Frank Caputo (@FrankCaputoKTN) September 28, 2026

« Allez vous faire voir. Rentrez chez vous. Ne revenez jamais. Réfléchissez à vos mauvaises décisions, a écrit M. Caputo. Ces lâches refusent de montrer leur visage. Ce n’est pas surprenant, vu leur message odieux. »

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