La réforme des top managers est lancée en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles : voici ce qui va changer pour les hauts fonctionnaires

Jusqu’à présent, pour prétendre à un poste de haut fonctionnaire dans les administrations wallonnes et communautaires, il fallait être détenteur du Certificat de Management Public (CMP). Ce certificat avait été pensé pour assurer une sélection et une formation interuniversitaire des candidats à un poste à mandat dans l’administration wallonne ou francophone. Il s’obtenait au terme de 190 heures de formation dispensées par les universités francophones de Belgique et après réussite d’un examen organisé par le SPF Stratégie et Appui (BOSA).
L’obligation de détenir le CMP disparaît avec la volonté d’ouvrir la direction des administrations au secteur privé et à la société civile. "Le certificat sera un atout. Mais en tout cas, ce ne sera plus la condition, la seule condition", avance Jacqueline Galant. "Si vous regardez un peu le profil des personnes qui ont passé le CMP jusqu’à présent, ce sont des gens qui sont soit dans des cabinets ou déjà dans l’administration. Et donc, aujourd’hui, on va vraiment ouvrir les portes et les fenêtres de nos administrations", poursuit la ministre.
À la place du CMP, apparaît, un "assessment externe". Les candidats à un poste de Top manager seront évalués par des experts externes, spécialistes en ressources humaines. Ces derniers seront désignés via une procédure de marché public.
L’assessment externe évaluera le respect des différentes conditions d’accès, notamment les compétences managériales des candidats. "Il ne suffira plus à l’avenir d’être chef de cabinet de la ministre de la Fonction publique pour devenir mandataire au sein de la région Wallonne ou de la Fédération Wallonie-Bruxelles", selon Jacqueline Galant.
Seuls les candidats retenus lors de cette expertise externe pourront accéder à la suite du processus de désignation, à savoir un passage devant les ministres de tutelle et la ministre de la Fonction publique.
Pour les top managers choisis par le gouvernement, le CDI, contrat à durée indéterminée, deviendra la norme. Quelques exceptions sont toutefois prévues.
Avec cette réforme, la rémunération des hauts fonctionnaires est revue à la hausse. Comme le précise la ministre Galant dans le communiqué de presse, le package salarial est modernisé "pour renforcer l’attractivité de ces fonctions".
Ainsi, il est prévu la suppression des chauffeurs, l’introduction d’un budget mobilité et l’harmonisation de la rémunération fixe avec les autres grandes administrations régionales.
Le nouveau dispositif prévoit, tel que c’est précisé dans l’Arrêté du Gouvernement wallon du 16 juillet dernier, que la rémunération annuelle brute, non indexée, de l’administrateur général sera de 88.336,14 euros. Pour les emplois de directeur général, la rémunération variera de 74.850 euros à 79.223 euros. Les directeurs opérationnels pourront tabler sur une rémunération de 73.382 euros, tandis que les responsables exécutifs toucheront 56.517 euros ou 58.953 euros.
À cette rémunération fixe s’ajoutera désormais une rémunération variable qui pourra atteindre 20% de la rémunération fixe en fonction des objectifs atteints. Toutefois, cette rémunération variable n’entrera en vigueur que le 1er janvier 2030 "afin de permettre une mise en œuvre progressive de la réforme et des nouvelles politiques d’évaluation".
Dans l’opposition, on critique cette réforme en estimant qu’elle coûtera plus cher que le système actuel. "Le gouvernement dit 'je veux augmenter les personnes de 0 à 12%' et finalement, on se rend compte après des mois de travail pour essayer de voir clair que c’est parfois plus 20%, parfois plus 30% et je ne compte pas encore le bonus salarial de 20% qui s’ajoute encore après. Et donc, on est avec des dizaines de millions d’euros en plus pour ces personnes et c’est là qu’il y a un choix politique que nous estimons non acceptable", fustige Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo au Parlement wallon.
La ministre Galant, elle, réfute ces accusations. "Je l’ai dit, et il n’y a pas que moi qui l’ai dit, il y a l’inspection des finances également qui l’a dit, donc cette réforme ne coûtera pas un euro en plus aux citoyens, vu qu’il y a une diminution du nombre de managers", assure la ministre qui justifie aussi l’augmentation des rémunérations et l’apparition d’une part variable liée aux résultats par l’augmentation des responsabilités. "On demande plus de responsabilités à la tête de certaines administrations, il y a la responsabilité de gérer le personnel, mais il y a aussi des responsabilités pénales pour certains départements. Et donc, c’est normal que si on leur met plus de responsabilités, qu’il y ait le salaire en adéquation", argumente la ministre.
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