Verdun-Île-des-Sœurs | Des élus dénoncent une caricature dégradante d’une mairesse locale

Des élus montréalais dénoncent le caractère dégradant et sexiste d’une récente caricature de la mairesse de Verdun, Céline-Audrey Beauregard, publiée dans un journal local de L’Île-des-Sœurs.
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« C’est non seulement choquant, mais surtout inacceptable. Nous pouvons et nous devons faire mieux. On peut toujours être en désaccord, mais pas de cette manière-là », a martelé le conseiller local Sterling Downey, un peu plus tôt cette semaine lors d’une séance du conseil d’arrondissement.
Il réagissait à la publication d’une caricature de Mme Beauregard dans Le Journal de L’Île-des-Sœurs, un hebdomadaire local. On peut y voir la mairesse locale sur une planche à roulettes, avec un accent évident mis sur la grosseur de sa poitrine. « Même les grands enfants peuvent utiliser la piste à bosses », peut-on lire en description.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Le conseiller du district de Desmarchais-Crawford, Sterling Downey.
C’est une référence directe à une récente décision controversée de l’arrondissement d’implanter une « pump track » au parc Adrien-D.-Archambault. Une pump track est une piste jumelant bosses et virages pour les cyclistes, mais surtout les adeptes de planches à roulettes et de trottinettes.
Essentiellement, la polémique vient du fait que le terrain choisi est adjacent au boisé du Domaine Saint-Paul, un espace vert grandement apprécié de plusieurs riverains. L’arrondissement, lui, juge que le projet « répond à un besoin exprimé par la population » en améliorant l’offre de sports et de loisirs de proximité.
Le chantier s’est amorcé récemment. Sur le site web de la Ville de Montréal, Verdun assure que « plusieurs mesures de protection et de mise en valeur du milieu naturel » seront prévues dans le projet.
« Normalisation du sexisme »
Pour M. Downey, la caricature est un exemple « de la normalisation du sexisme » qui est faite dans l’espace public. « On a le droit d’être en désaccord, de critiquer les décisions des élus, mais rien ne justifie de réduire une femme à son corps », a-t-il vivement déploré, lors de son allocution.
« Honnêtement, si moi, j’avais été le sujet de cette caricature, est-ce que ça se serait concentré sur des aspects sexuels de mon corps ? La réponse, c’est clairement non. Les femmes élues doivent être jugées sur leur action, pas leur apparence physique », a-t-il insisté.
Sur les réseaux sociaux, Céline-Audrey Beauregard a remercié son collègue d’avoir pris la parole. « Trop souvent, en politique, on attaque les femmes avec leur apparence ou physique plutôt que de critiquer nos actions, nos opinions ou nos idées. Il faut dénoncer ces gestes, aussi banals peuvent-ils paraître », a-t-elle martelé dans une publication Facebook.
À moyen terme, la mairesse d’arrondissement n’exclut d’ailleurs pas d’utiliser les moyens légaux à sa disposition. « Je vais devoir réfléchir à la suite parce que cette caricature n’est que la pointe de l’iceberg. Dans ce média imprimé, on retrouve des faits non validés, des propos mal cités, des articles non signés et j’en passe », a-t-elle fait valoir.
Contacté par courriel ce vendredi, Le Journal de L’Île-des-Sœurs n’avait de son côté pas répondu à nos questions au moment d’écrire ces lignes.
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