La contre-offensive tarifaire s’invite dans la campagne électorale québécoise

La première ministre Christine Fréchette se dit satisfaite de si la contre-offensive « dollar pour dollar » détaillée mardi par Ottawa. Cette stratégie est cependant loin de l'approche « ciblée et chirurgicale » d'abord prônée par la cheffe de la Coalition Avenir Québec, signe qu'elle n'avait pas l'oreille du gouvernement fédéral, dénoncent les oppositions.
Le premier ministre du Canada a présenté les nouveaux contre-tarifs canadiens qui entreront en vigueur le 8 septembre. Les secteurs américains visés sont : l’acier, les produits laitiers, l’appareillage ménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers ainsi que l’électronique.
Ottawa injectera, par ailleurs, 7,5 G$ dans l’économie canadienne pour appuyer les travailleurs et les entreprises touchés.
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, considère que ses vœux ont été entendus
par Ottawa. Un soutien direct sera accordé aux travailleurs touchés par les tarifs américains, et les entreprises québécoises bénéficieront également d’un soutien financier
, a-t-elle saluée sur X.
Mme Fréchette est toutefois demeurée vague sur sa position quant à la riposte canadienne « dollar pour dollar », se contentant de noter que ses équipes analyseront attentivement la liste des produits visés
par les contre-tarifs canadiens.
La guerre commerciale, créée de toutes pièces par Trump, a déjà des impacts importants et ajoute une couche d’instabilité au Québec. Le Canada devait répondre.
Dimanche, pourtant, la première ministre a plutôt déclaré qu'elle préférait une approche « stratégique » dans la réplique canadienne. Le ministre de l'Économie, Bernard Drainville, a pour sa part plaidé pour une approche « chirurgicale »
Mardi, Christine Fréchette s'est dite solidaire
de la stratégie du gouvernement fédéral, mais qu'elle ne ferait aucun compromis lorsqu’il s’agira de protéger nos emplois et les intérêts du Québec
.
Québec n'a pas été écouté, selon le PQ
Pour le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, la contre-offensive d’Ottawa « dollar pour dollar » contre les États-Unis entre en contradiction avec la stratégie chirurgicale prônée par la première ministre du Québec, province la plus touchée par les droits de douane américains.

Le chef du PQ en présence (de droite à gauche) de Nicolas Marceau (candidat dans Lanaudière), Natalie Bisaillon (Marie Lacoste Gérin-Lajoie), Stéphane Paquet (Pointe-aux-Trembles) et Dieudonné Ella Oyono (Les Plaines).
Photo : Radio-Canada
Selon le chef du PQ, visiblement le Québec n'était pas consulté, ni même informé du contenu des négociations, même quand quelque chose d’aussi sensible que notre culture ou la gestion de l’offre étaient clairement discutés à la table de négociations
.
L’ajout d’une pression financière sur nos entreprises, dans cette stratégie de dollar pour dollar, peut être très très dommageable pour les entreprises du Québec
, a ajouté Paul St-Pierre Plamondon qui croit, comme Mme Fréchette, qu’une stratégie ciblée et chirurgicale du Canada aurait été préférable.
Dans le contexte où les États-Unis sont un partenaire commercial absolument imprévisible actuellement
, le PQ offre, selon M. St-Pierre Plamondon, la meilleure équipe économique pour répondre intelligemment et avec calme
.
Il a aussi vanté sa plateforme économique qui prévoit une baisse d’impôt historique pour les entreprises québécoises, des allégements de bureaucratie et moins de gaspillage du côté des subventions à la Northvolt
.
Milliard s'en prend à la CAQ
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a dénoncé l'improvisation
du gouvernement Fréchette face à la crise actuelle.
On peut faire mieux au Québec.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a fait une série d'annonces économiques importantes lors d'une conférence de presse, mardi.
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
M. Milliard a promis en point de presse mardi la mise en place d'un programme de 1,6 G$ d'investissements pour aider les entreprises et les travailleurs affectés par la crise.
Il propose notamment d'aider les PME en convertissant 25 % de l’aide leur étant destinée en prêts non remboursables, pour les entreprises avec un chiffre d’affaires entre 1 M$ et 2 M$.
Il suggère aussi un congé de cotisation au Fonds des services de santé (FSS) pour les entreprises directement touchés par la guerre commerciale. Le FSS est une taxe sur la masse salariale qui doit être payée par les employeurs d'une entreprise pour financer le système de santé publique.
On vient directement mettre de l'argent dans les poches des entrepreneurs
, a annoncé M. Milliard, qui estime que ces mesures pourraient sauver au moins 15 000 emplois au Québec.
Charles Milliard a aussi lancé une pique aux deux partis souverainistes, le Parti québécois et Québec solidaire (QS).
C'est une sale semaine pour être souverainiste
, a-t-il lancé, avant d'ajouter que le Canada est un réservoir de sécurité plus important
qu'un Québec indépendant dans une situation d'incertitude économique comme celle-ci.
Un argument pour l'indépendance, dit QS
La candidate première ministre de QS, Ruba Ghazal, y a plutôt vu un argument en faveur de l'indépendance du Québec.
Je veux saluer l'annonce de Carney qui présente un programme pour soutenir nos travailleurs dans cette guerre commerciale. Mais des chèques d’aide, ce n’est pas une stratégie, c'est une réaction.
Le Québec peut être un leader plutôt que de dépendre d’Ottawa. Justement, Québec devrait utiliser son plus grand levier de négociation pour riposter et brandir la menace d'augmenter les tarifs de l’exportation d'hydro-électricité aux États-Unis.
Où est le plan pour protéger nos emplois? Où est la vision pour réorienter notre économie face à cette nouvelle réalité? On traite les symptômes alors que notre économie reste fragile
, a-t-elle affirmé, également sur X.
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, n'a pas encore commenté la situation.
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