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Thursday, September 10, 2026

Milieu scolaire | Un document de référence pour encadrer l’utilisation des écrans

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Éviter d’offrir du temps d’écran en guise de récompense aux élèves, prendre des pauses si on y a recours pour les apprentissages… et se rappeler que les enfants cumulent du temps d’écran un peu partout. Il n’y a pas que les parents qui s’arrachent les cheveux quand vient le temps de gérer les écrans : dans les écoles aussi, le défi existe. Pour le relever, Québec a accouché d’un document d’orientation en cette rentrée scolaire.

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La publication du cadre de référence élaboré par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) est passée sous le radar. Le document, qui paraît un an après l’interdiction du cellulaire à l’école, est destiné à l’ensemble des acteurs du réseau de l’éducation. Il vise à « soutenir une utilisation équilibrée des écrans en contexte scolaire ».

Car « bien que les écrans constituent des outils utiles, notamment pour la communication, l’apprentissage et la gestion de classe, leur présence en milieu scolaire soulève également de nombreux questionnements en raison des effets potentiellement néfastes qui y sont associés », y écrit-on.

Le document tient sur une quarantaine de pages, et il contient sept grandes orientations qui se déclinent ensuite en pistes d’actions concrètes pour l’ensemble des espaces de l’école (local de classe, cafétéria, cour de récréation) et des services offerts par l’école (service de garde, activités parascolaires, sorties scolaires).

Voici quatre extraits du guide à l’intention des équipes-écoles.

Pas d’écran comme bonbon

« Analyser les motifs et les contextes d’utilisation des écrans ». C’est ainsi qu’on a nommé la cinquième orientation. En fait, ce qu’on veut dire, c’est de savoir quand les éviter, ces écrans. « Afin de favoriser la socialisation et de réduire les comportements sédentaires, l’usage des écrans devrait être évité durant les périodes de repas et de collations, comme activité de récompense, ainsi que lors des récréations ou des pauses, même lorsque la température n’est pas favorable », écrit-on. La pratique appelée « écran-récompense » est susceptible de « nuire aux efforts parentaux de gestion des écrans et à la cohérence des messages de prévention » et de « renforcer l’attrait des écrans » – entre autres choses.

Le temps qui s’accumule

Le jeune qui arrive le matin a peut-être utilisé un écran avant de prendre l’autobus. Celui qui rentre de dîner à la maison a pu dégainer un téléphone, et celui qui a mangé au service de garde a possiblement visionné une émission. Et il n’est pas farfelu de penser qu’à la maison, une fois la cloche de la fin des cours sonnée, les minutes du fameux « temps d’écran » continueront à s’accumuler. Ainsi, « tout ajout de temps d’écran devrait tenir compte du temps d’écran réalisé au cours de la journée dans le cadre des différents cours, au service de garde, lors des activités parascolaires, mais aussi pendant la période des devoirs et des leçons à la maison », lit-on dans le document.

L’importance des pauses

Les outils technologiques ne sont toutefois pas dépourvus de valeur pédagogique. Cela dit, lorsqu’on y a recours dans le cadre d’activités d’apprentissage, il est recommandé « de prendre des pauses fréquentes durant l’usage des écrans pour reposer les yeux, réduire les comportements sédentaires et les postures fixes ». Concrètement, on conseille une pause de l’appareil « au moins une fois toutes les 30 minutes », et on suggère d’offrir « des pauses physiquement actives afin de limiter les comportements sédentaires ». Ces pauses devraient avoir lieu toutes les 30 minutes pour les jeunes de 5 à 11 ans, et toutes les 60 minutes pour les jeunes de 12 à 18 ans, spécifie-t-on dans le guide.

Fait à noter : les recommandations pour encadrer l’usage des écrans à des fins pédagogiques ne proposent pas de limite de temps d’écran. Pas encore, à tout le moins. Mais à titre de référence, voici les durées maximales qu’un enfant devrait passer devant un écran, par tranche d’âge, selon la Société canadienne de physiologie de l’exercice :

  • Chez les 3 à 4 ans (préscolaire) : une heure par jour ; moins, c’est encore mieux
  • Chez les 5 à 17 ans : deux heures par jour
  • Chez les 18 ans et plus : trois heures par jour

Le e-sport : mettre les freins

Parmi les mises en garde contenues dans le guide, il y a celle sur le sport électronique (e-sport), ces programmes de jeu vidéo de compétition qui ont fait leur apparition dans certaines écoles secondaires ces dernières années. Ici, il faut faire attention à la cyberdépendance, prévient-on. Les établissements scolaires doivent aussi « encourager un équilibre sain entre le sport électronique et d’autres activités essentielles au bien-être des jeunes, comme l’exercice physique, les interactions sociales en personne et le repos », est-il écrit dans le document élaboré en collaboration avec le ministère de l’Éducation et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Viser la sobriété numérique

Pourquoi pas. Définition tirée du glossaire : « principe qui consiste à utiliser le numérique de manière modérée et avec discernement afin d’en réduire les impacts environnementaux, sociaux, démocratiques et sanitaires, tout en préservant l’accès équitable à ses bénéfices ». C’est vers cela que les élèves devraient tendre, grâce à des discussions en classe, et avec le soutien des membres du personnel scolaire qui devraient faire office de « modèles » à cet égard.

Et l’intelligence artificielle ?

On n’en parle pratiquement pas – le mot est présent six fois dans le cadre de référence, dont une fois dans une URL et une fois dans la bibliographie – sauf pour souligner que le corps enseignant et le personnel scolaire devrait être « formé » et « sensibilisé ».

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