Un créateur de pornographie juvénile générée par l’IA plaide coupable

L’intelligence artificielle est partout. Elle est même utilisée pour créer du matériel pornographique juvénile. Un Montréalais risque d’ailleurs la prison pour avoir produit des images et des vidéos de pornographie juvénile à coups de requêtes et d’hypertrucages.
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« Pendant le défilement [de la vidéo], une voix de jeune fille générée par l’intelligence artificielle verbalise des fantasmes d’abus sexuels et d’inceste », indique la trame factuelle présentée lundi au palais de justice de Montréal.
Sur la vidéo, de jeunes filles dénudées défilent comme un diaporama. Sur d’autres vidéos, des fillettes sont agressées sexuellement par des hommes.
L’intelligence artificielle est maintenant utilisée par des pédophiles pour créer leurs plus sombres fantasmes. Il s’agit de l’un des premiers dossiers, au Québec, où le délinquant reconnaît sa culpabilité. Que l’enfant soit bien réel ou ait été généré par l’intelligence artificielle, il s’agit dans les deux cas d’un acte criminel.
Maxime Thériault a plaidé coupable, lundi, à des chefs de production et de possession de matériel d’abus et d’exploitation pédosexuels (l’expression « pornographie juvénile » était utilisée avant octobre 2025 dans le Code criminel).
Ce Montréalais de 42 ans créait des images illégales d’enfants en demandant à un logiciel d’intelligence artificielle de les générer automatiquement.
Le document judiciaire ne précise pas quelle application le délinquant a utilisée et comment il s’y prenait pour déjouer les mesures de sécurité généralement en vigueur pour éviter une telle pratique.
Il a aussi créé des images d’hypertrucages en posant les visages de fillettes sur les corps de jeunes femmes ou d’enfants nues dans des positions sexuelles, ou en train d’être agressées sexuellement par des hommes.
Le pédophile possédait 22 297 images et 275 vidéos de matériel d’abus et d’exploitation pédosexuels. Elles montrent des mineures âgées de 5 à 15 ans dans d’odieuses situations. Il n’a pas été précisé devant la cour combien de ces images avaient été générées par l’intelligence artificielle.
Dénoncé en ligne
Maxime Thériault s’est fait arrêter par les autorités lorsqu’il a été dénoncé sur un site web de pornographie pour adultes, sur lequel les personnes se livrent à des pratiques sexuelles en direct par vidéo. Sur des vidéos, le délinquant faisait des gestes sexuels sur une poupée sexuelle juvénile. Il exprimait aussi des « fantasmes pédophiliques » sur ces vidéos.
Les policiers ont saisi chez lui une poupée sexuelle mesurant 3 pieds 4 pouces (101 cm) de hauteur. Les orifices de la poupée montraient des marques d’usure.
Plus d’une page de la trame factuelle déposée en cour est consacrée à la description de cet objet sexuel à l’apparence d’un enfant.
Également, Maxime Thériault a composé des pièces musicales aux paroles très explicites, dont les voix ont été générées par l’IA. Dans l’une d’elles, une mère évoque les relations sexuelles de sa fille de 12 ans avec des hommes. D’autres pièces mettent en scène de jeunes filles décrivant leurs agressions sexuelles avec des hommes sur des rythmes « hip-hop ».
Les audiences sur la peine auront lieu en avril prochain. Un rapport présentenciel sera produit afin d’aider la juge Suzanne Costom à déterminer la peine. Maxime Thériault n’a pas d’antécédents judiciaires, selon une recherche au plumitif. Il demeure en liberté, sous conditions, pendant le processus judiciaire.
Me Anna Levin représente le ministère public, tandis que Me Marie-Josée Bellemare défend le délinquant.
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