Un républicain du Michigan se distancie de Trump à cause de la guerre commerciale
Le candidat au Sénat du Michigan, Mike Rogers, se distancie du président américain Donald Trump au sujet de la guerre commerciale que ce dernier mène contre le Canada, alors que le républicain est engagé dans une course serrée dans un État durement touché par les droits de douane.
Dans une publicité de campagne publiée mercredi sur les réseaux sociaux, M. Rogers affirme que les habitants du Michigan « savent que le Canada n’est pas notre ennemi ».
« Nous devons mettre fin à cette guerre commerciale dès maintenant », dit M. Rogers dans cette publicité, qui le montre assis dans un bar, une bière Labatt à la main.
Bien que M. Rogers ne mentionne pas le nom de Donald Trump dans cette publicité, celle-ci marque un changement de discours pour l’ancien membre du Congrès, qui a auparavant soutenu que les droits de douane étaient nécessaires, mais ne constituaient pas une solution universelle.
Cependant, la guerre commerciale menée par le président contre le Canada est devenue un enjeu électoral dans la course serrée qui oppose M. Rogers au candidat démocrate Abdul El-Sayed.
M. Trump a rapidement intensifié sa guerre commerciale et ses propos virulents à l’encontre du Canada après l’échec des négociations en août.
Il a signé un décret visant à rebaptiser le lac Ontario « lac de l’Amérique » et les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50 % sur toute une série de produits canadiens. Quelques semaines plus tard, Ottawa a riposté en instaurant ses propres droits de douane de rétorsion.
La semaine dernière, une interdiction américaine d’importation visant certaines boissons alcoolisées, certains produits laitiers et certaines motos du Canada est officiellement entrée en vigueur.
M. El-Sayed fait de la question du Canada un enjeu électoral dans cet État frontalier durement touché par le régime tarifaire de M. Trump. L’économie du Michigan est étroitement liée à celle de nombreuses communautés canadiennes, en particulier dans le secteur automobile.
Après avoir vu la publicité diffusée par M. Rogers, M. El-Sayed a rétorqué que le républicain soutient les droits de douane de M. Trump depuis le début.
Dans un communiqué de presse, le démocrate affirme que Donald Trump est à la fois responsable de la guerre commerciale et la raison pour laquelle M. Rogers se présente. Il qualifie son adversaire de « personne peu sérieuse ».
« Tu as dû boire une Labatt de trop, Mike ! », le nargue-t-il, ajoutant que M. Rogers a soutenu la guerre tarifaire « dès le début » et qu’il « change maintenant d’avis » parce que ses résultats dans les sondages « sont en chute libre ».
Must have had one too many of those LaBatts, Mike. You cheerled this tariff war from the beginning and you’re flip-flopping now because your poll numbers are in free fall. Donald is the reason we’re in a trade war. And he’s the reason you’re running. Not a serious person.
— Dr. Abdul El-Sayed (@AbdulElSayed) October 7, 2026
Une distance stratégique pour les républicains
De plus en plus de républicains prennent leurs distances avec le président dans leur campagne, alors que de nombreux sondages montrent que la cote de popularité de M. Trump est en baisse en raison de la guerre avec l’Iran, de la hausse des prix de l’essence, de l’inflation et de ses mesures controversées en matière d’immigration.
Le professeur de sciences politiques Matthew Lebo, qui enseigne à l’Université Western de London, en Ontario, souligne que les sondages indiquent un glissement général en faveur des démocrates par rapport aux élections de 2024, ce qui rend de nombreuses courses au Sénat indécises à l’approche des élections de mi-mandat du mois prochain.
Les démocrates doivent remporter quatre sièges supplémentaires pour obtenir la majorité au Sénat. La course dans le Michigan, en particulier, pourrait s’avérer décisive.
« Le Michigan est l’un des États les plus équilibrés qui soient, ayant voté depuis 2008 pour Obama, Obama, Trump, Biden, puis Trump », écrit M. Lebo par message texte.
M. Rogers n’est pas un candidat sortant, ajoute le professeur, alors il est plus difficile de l’associer à toutes les décisions les plus controversées prises par Donald Trump en tant que président.
« Il peut essayer de se présenter comme un républicain à l’esprit indépendant, prêt à rompre avec Donald Trump lorsque cela servira les intérêts des habitants du Michigan », affirme M. Lebo. « C’est une bonne stratégie pour inciter les républicains à se rendre aux urnes, même s’ils sont mécontents de Trump. »
Le président a fait l’éloge de M. Rogers lors d’une convention républicaine très inhabituelle qui s’est tenue au Texas le mois dernier. Le candidat au Sénat du Michigan a également pris la parole lors de cet événement, baptisé « Trump-a-Palooza ». Il a critiqué à plusieurs reprises son adversaire, mais n’a pas abordé la guerre commerciale avec le Canada.
Interrogé mercredi soir à la Maison-Blanche au sujet de cette publicité, M. Trump a dit qu’il y voit une invitation de la part de M. Rogers au Canada pour conclure un accord.
« J’ai compris qu’il estimait que le Canada devrait conclure un accord », a-t-il déclaré, avant de réitérer ses accusations selon lesquelles le Canada arnaque les États-Unis.
M. Trump a ajouté que le Canada souhaite conclure un accord, mais que son administration n’est pas satisfaite.
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