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Tuesday, October 6, 2026

Viol collectif allégué à Cornell : un vote de défiance de professeurs contre la direction

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Au lendemain d’une grande manifestation de soutien à « Jane Doe », victime présumée d’un viol collectif sur le campus de l'Université Cornell, le corps professoral a annoncé l’organisation d’un vote de défiance contre la direction de l'institution.

L’assemblée des professeurs de Cornell a annoncé avoir inscrit une motion en ce sens à l'ordre du jour de sa prochaine réunion, prévue le 14 octobre prochain. Même si ce vote est largement symbolique, il envoie un message clair visant à obtenir des changements.

Des centaines d'étudiants, d'anciens élèves et des membres du personnel nous ont interpellés, exigeant une intervention de notre part, a déclaré à CNN Paul Ortiz, professeur d'histoire du travail et membre du Sénat de la faculté. Certains étudiants ayant contacté la faculté ont affirmé avoir déjà été victimes d'agressions sexuelles, a précisé M. Ortiz.

Nous en avons assez des agressions sexuelles subies par nos étudiants. Nous en avons assez de l'inaction de l'administration face à ce problème.

Lundi, plusieurs centaines d’étudiants présents à une manifestation sur le campus de l’université new-yorkaise avaient fait part de leur colère quant à la façon dont celle-ci a géré le dossier en 2024.

La jeune femme, qui avait 20 ans à l’époque, dit avoir été droguée et violée par sept édudiants membres d’une association (fraternity). Dans ce dossier, elle reproche à l’université d’avoir manqué à son devoir de la protéger et de punir adéquatement les étudiants soupçonnés. Certains d’entre eux ont été suspendus ou renvoyés, mais aucune accusation criminelle n’a été déposée contre eux.

Un bâtiment blanc aux lignes brunes.

Les présumés agresseurs étaient membres de l'association étudiante Chi Phi.

Photo : Associated Press / Heather Ainsworth

Dans un message adressé à la communauté universitaire, dimanche, le président de Cornell, Michael Kotlikoff, a promis plus de prévention et de transparence dans la gestion des dossiers d’agression sexuelle sur le campus. J’ai le cœur brisé quand je pense à ce qu’elle a vécu, a déclaré M. Kotlikoff.

Cela soulève des questions déchirantes et troublantes concernant les agressions sexuelles, la déshumanisation et certains aspects de la culture festive, de la consommation d’alcool et de drogues.

Un examen indépendant annoncé

Mardi, l'université a annoncé avoir embauché une ancienne procureure générale adjointe des États-Unis, Sally Yates, pour mener un examen indépendant de la manière dont Cornell prévient les agressions sexuelles et traite les plaintes à ce sujet.

La direction de l'université a également exprimé son soutien à la décision de la gouverneure de New York, Kathy Hochul, de confier l'enquête pénale au procureur général de l'État.

Dur de dire si ces actions seront suffisantes. L'administration nous a profondément déçus. Elle doit faire mieux que de se contenter de déclarations creuses et de promesses vides de sens, comme elle l’a fait ces dernières années, a déclaré à Radio-Canada un étudiant présent à la manifestation de lundi.

Il est important de reconnaître que nous sommes ici pour protéger les survivants, et non pour protéger la réputation d’une institution, a confié une étudiante participant au mouvement.

3:04

Parmi les nombreux slogans entendus durant la manifestation, plusieurs demandaient le bannissement des associations étudiantes masculines. C’est vraiment effrayant de constater, à mesure que de plus en plus de personnes osent en parler, à quel point ce phénomène est courant et combien d’autres cas sont mis à jour, a souligné une autre participante à la manifestation.

Dans son livre étudiant les dérapages reliés à ces associations masculines (True Gentlemen: The Broken Pledge of America’s Fraternities), l'auteur John Hechinger rappelle que les étudiantes membres d’une association féminine (sorority) ont 74 % plus de risques d’être victimes d'un viol que les autres étudiantes.

Dans son ouvrage, il décortique notamment le rôle des fêtes organisées dans les maisons contrôlées par ces associations, la masculinité toxique et l’omerta qui y règnent, et la vulnérabilité des femmes qui décident de participer à ces soirées.

Signe que le mouvement n’est pas près de s’essouffler, un sit-in de sept heures est aussi prévu mercredi, en solidarité avec Jane Doe.

Avec les informations de Catherine Bérubé, Raphaëlle Drouin, CNN, CBC News et Reute

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