« Nous faisons face à une rupture, pas à une transition », reconnaît Anita Anand à l’ONU

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C’est avec des mots qui prennent acte de la transformation irrévocable de l’ordre international qu’Anita Anand, la ministre canadienne des Affaires étrangères, a commencé son discours samedi, lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.
Elle remplaçait le premier ministre Mark Carney, présent en début de semaine, mais absent en raison d'un conflit d'horaire, selon ses porte-parole.
Les grandes puissances se détournent de la concertation économique globale et démantèlent l'intégration économique
, a-t-elle observé en déplorant que ces acteurs traitent avec dédain la souveraineté des états, pierre angulaire de la charte de l'ONU
.
Nous faisons face à une rupture, pas à une transition
, a-t-elle martelé.
Son intervention a ainsi été l’occasion de mettre à nouveau de l’avant le positionnement diplomatique du Canada et la stratégie de puissance intermédiaire dévoilée par Mark Carney à Davos le 20 janvier dernier.
Évoquant un paysage géopolitique secoué de lourdes tensions, elle a mis en évidence la volonté des Canadiens et de milliards de personnes dans le monde de vivre dans la paix et la prospérité.
Face à cette rupture, l’objectif du Canada est d’atteindre une plus grande autonomie stratégique
, a-t-elle fait valoir. Nous ne pouvons plus nous permettre d’être trop dépendant d’un seul partenaire
.
Elle a évoqué une politique de réalisme fondée sur les valeurs
, qui renforce les capacités du pays en matière de technologies émergentes, de minéraux critiques, de défense et d’énergie.
Le Canada a conclu plus de 20 nouveaux partenariats en défense et en économie, et a reçu plus de 500 milliards de promesses d'investissement, a-t-elle mis en évidence.
Renforcement du multilatéralisme
Mme Anand a promis que le Canada sera un partenaire fiable et prévisible dans ce monde en mutation rapide
et qu’il travaillera à faire émerger un nouvel ordre multilatéral.
Initié par le premier ministre canadien, le président du Conseil européen, António Costa, et le président kényan, William Ruto, un sommet pour le multilatéralisme s'est d’ailleurs tenu le 21 septembre en marge de l'Assemblée générale, réunissant également des représentants de l'Australie, de la Barbade, du Brésil et de l'Inde.
Comme le met en évidence Vincent Pouliot, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal, en entrevue sur les ondes d'ICI RDI samedi après-midi, l'objectif de cette rencontre était de promouvoir un agenda pro-ONU, promultilatéralisme, pour maintenir le commerce international ouvert, défendre le droit international et lutter contre les changements climatiques
.
Alors que les présidents américain et argentin ont eu des propos dénigrants envers l'institution internationale, le Canada fait partie de la majorité de pays qui soutiennent l'ONU, engagée dans un vaste projet de réforme, et qui est par ailleurs en train de choisir son nouveau représentant.
Ce n’est pas que le Canada n’a pas de critiques envers l’ONU mais je pense que sur le fond, il veut se présenter comme un bon citoyen mondial.
Ukraine, Arctique, Haïti
Dans son discours, Mme Anand a évoqué le soutien à l'Ukraine, la situation à Haïti, ainsi que la souveraineté dans l'Arctique.
Anita Anand a rappelé que le Canada est résolu
dans son soutien à Kiev et qu’il soutient notamment les efforts pour assurer une navigation sûre en mer Noire et dissuader les activités illégales de la flotte fantôme de la Russie.
Elle a aussi fait allusion au sort des enfants ukrainiens détenus en Russie et aux efforts diplomatiques pour les faire libérer.
Réaffirmant l’engagement inébranlable
du Canada envers l’OTAN, elle a abordé la question arctique, au cœur de notre identité, de notre sécurité et de notre avenir.
L'Arctique est le lieu d'une compétition croissante, mais pour beaucoup de Canadiens, c'est la maison. C'est pourquoi nous investissons dans la sécurité en consultant les peuples autochtones.
Concernant Haïti, elle s'est dit encouragée par les efforts déployé par le gouvernement pour organiser des élections, signe de progrès et d'espoir.
Moyen-Orient
La situation au Moyen-Orient a aussi occupé une partie importante de son discours.
La position du Canada sur l’Iran reste inchangée, a-t-elle fait savoir. Téhéran, qui ne doit jamais acquérir l’arme nucléaire, est considéré comme la principale menace pour la paix et la sécurité dans la région, et la ministre a dénoncé ses atteintes au droit international dans le détroit d’Ormuz.
Le Canada présentera une résolution devant l'Assemblée générale concernant la situation des droits de l'homme en Iran, pour réaffirmer son soutien inébranlable au peuple iranien face à la répression
, a-t-elle encore précisé.
Concernant le conflit israélo-palestinien, Anita Anand a rappelé la volonté du Canada de voir deux états exister côte à côte, partageant l’intention d'Ottawa de restreindre le commerce de marchandises avec les colonies israéliennes illégales. Le Hamas ne doit jouer aucun rôle dans la gouvernance de la Palestine, a-t-elle également répété.
Rappelant l'attaque récente de la synagogue à Belleville, en Ontario, le jour le plus saint du calendrier juif
, la ministre des affaires étrangères a regretté la montée de l'antisémitisme et de l'islamophobie, des fléaux que nos pays doivent combattre ensemble
.
L'état de droit est l'un des piliers de notre société
, a-t-elle conclu en rappelant que le Canada a posé sa candidature au Conseil des droits de l’homme pour la période de 2028 à 2030.
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