Détention des adolescents en France: un rapport d'association pointe les manquements éducatifs

Après un an d’enquête, la section française de l'Observatoire international des prisons (OIP) a publié mardi 22 septembre un rapport sur la détention des 13-17 ans. Alors que pour tout adolescent, la scolarité est un droit, cette dernière est malmenée en prison, pointe le document.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Les adolescents incarcérés ont un point commun : ils sont le plus souvent marqués par la précarité, les violences, les ruptures familiales et des conduites addictives. Pauline Petitot, de l'Observatoire international des prisons, explique que la prise en charge éducative doit en tenir compte. « La majorité d'entre eux, souligne-t-elle, lorsqu'ils arrivent en détention, ne sont plus scolarisés depuis un à deux ans et/ou ont des niveaux d'apprentissage relativement bas ».
Sur le papier, les adolescents ont droit à entre 12 heures et 20 heures de cours selon les établissements, mais la réalité est tout autre : par manque de personnel. Lors des visites de prison, « ce qui frappe, c'est le vide de toutes ces salles collectives, poursuit Mme Petitot. Il y a des équipements qui sont prévus, des salles collectives, des terrains de sport, etc. Mais à chaque fois qu'on y est allé, on se rendait compte que c'était assez vide, et que la norme, c'est l'adolescent dans sa cellule. »
À cela s'ajoutent de grandes différences de niveau des adolescents en prison, une difficulté supplémentaire, aux yeux d'Odile Machi, de l'OIP également. « Quand on fait des petits groupes, dit-elle, les profs ne peuvent pas se démultiplier. Les logiques sécuritaires priment, les élèves ne sont pas forcément accompagnés pour aller en salle de classe. »
S’appuyant sur des témoignages d’anciens adolescents détenus et de leurs proches, ainsi que sur des professionnels, l’enquête de l'Observatoire international des prisons met en lumière un enseignement et des activités réduits, un accès aux soins entravé, un encellulement prolongé, etc. L'ambition était de proposer à ces jeunes une prise en charge éducative renforcée, et le rapport de l'organisation prouve qu'elle a échoué.
En France, près de 3 000 adolescents sont incarcérés, détenus dans 41 quartiers mineurs (QM) et six établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM).
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.