Fédération Wallonie-Bruxelles : le budget 2027 au cœur d’un premier vif échange politique en commission

"Je comprends la colère exprimée ; elle est légitime. Heureusement, les efforts demandés ne sont pas vains : le déficit, qui était de 1,8 milliard d’euros en 2026, a été ramené à 1,27 milliard pour 2027", a d’emblée déclaré Elisabeth Degryse. Elle n’ira pas beaucoup plus loin en termes de chiffres, l’ensemble des tableaux budgétaires devant être soumis à l’approbation du gouvernement vendredi. Quant aux débats en commission, ils sont prévus le 7 décembre. Le budget sera ensuite soumis au vote du parlement réuni en séance plénière juste avant les vacances de fin d’année. "Ce budget 2027 est une étape essentielle qui nous rapproche de l’objectif de remettre la Fédération sur les rails d’une soutenabilité financière. Cette dernière n’est pas l’alpha et l’oméga de tout, ce n’est pas une fin en soi mais un moyen d’assurer un avenir meilleur pour ceux qui travaillent pour la FWB et ceux qui bénéficient de ses services", a ajouté la ministre-présidente.
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Dans ses réponses aux députés, cette dernière est notamment revenue sur les économies supplémentaires imposées à la RTBF. "Il va y avoir des discussions dans le cadre d’un nouveau contrat de gestion. Le parlement aura toute sa place dans son processus d’élaboration", a assuré à ce propos Elisabeth Degryse. Et pas question, selon elle, "d’assimiler la RTBF à une voix dissidente". Quant à la réforme des provinces – le gouvernement wallon a annoncé leur fin pour le 1er janvier 2031 – "les calendriers ne sont pas les mêmes. Il y aura des travaux menés spécifiquement pour les matières relevant de la FWB. A ce stade, on ne sait pas quel secteur nous reprendrons", a-t-elle affirmé. Seule certitude : les transferts ne seront pas assurés sur les budgets existants. Dans les rangs de l’opposition, le message ne convainc pas. "Cette présentation intervient dans un contexte de mobilisation historique du monde de l’école. Les manifestants attendaient au moins un geste, une attention, la démonstration d’une attention, l’impression que le gouvernement allait remettre l’école au centre de son attention. Et rien, pas un geste, pas un sursaut", a ainsi déploré le chef de groupe socialiste au parlement de la FWB, Martin Casier. "La réponse à la colère, c’est l’écoute. Et l’écoute, en politique, ce sont les actes. Vous êtes la majorité de toutes et tous. Ou du moins vous devriez l’être et choisir de faire société plutôt qu’organiser la division. Quand je vois le budget 2027, je me dis que vous ne comprenez pas le contexte dans lequel nous sommes. Vous ne faites pas suffisamment l’exercice d’écouter les personnes qui ne sont pas d’accord avec vous parce que si c’était le cas, vous ne remettriez pas une telle copie. Je crains que votre budget soit perçu comme une nouvelle forme de provocation", a-t-il ajouté.
"Rien pour les étudiants, rien pour le retour des repas gratuits dans les écoles… Mais 20 millions d’économies en plus pour la RTBF. On a bien compris l’objectif du MR qui est de détruire le média public et de faire taire les voix critiques", a poursuivi le député PTB Octave Daube en s’interrogeant sur "les autres coupes prévues, celles qui ne sont pas reprises dans le communiqué du gouvernement". Les écologistes, eux, ont une nouvelle fois dénoncé "la surdité" de la majorité. "Aujourd’hui, nous pouvons contester vos décisions politiques avec un bilan et des éléments factuels. Vous confirmez une trajectoire asphyxiante, totalement déconnectée des réalités des gens. Vous n’entendez pas la colère qui gronde, vous concoctez un budget dans une tour d’ivoire à mille lieues de ce qui se crie devant la porte", a résumé le député Ecolo Hajib El Hajjaji.
Des critiques que ne partage évidemment pas la majorité MR-Engagés. "Sur le terrain, les acteurs doivent être rassurés : des choix politiques ont été faits mais l’ensemble des missions de la FWB seront maintenues même si elles doivent parfois être recalibrées", a insisté, pour le MR, Yves Evrard. "Pour retrouver des marges de manœuvre, il fallait actionner les leviers à notre disposition. C’est ce que nous avons fait. Personne ne se réjouit des économies mais grâce à la résilience des secteurs, les mesures commencent à porter leurs fruits", a enfin abondé Loris Resinelli (Les Engagés).
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