Québec solidaire est indispensable à l’Assemblée nationale, plaide Ruba Ghazal
« Québec solidaire va être indispensable à l’Assemblée nationale du Québec dans cette législature », a lancé mardi Ruba Ghazal en conférence de presse depuis Montréal. Au lendemain d’élections qui ont vu la formation de gauche préserver l’essentiel de ses acquis à Montréal, Québec et Sherbrooke, la satisfaction était de mise dans les rangs solidaires.
La co-porte-parole solidaire, qui s’est dite « très fière » de sa campagne, a estimé avoir obtenu dans les urnes une partie de la balance du pouvoir. « Avec notre système électoral, nous allons avoir une balance du pouvoir en garde partagée avec les différents partis », a-t-elle lancé. Aux yeux de Mme Ghazal, il s’agit d’un signe que les Québécois veulent que les partis travaillent ensemble.
Avec neuf sièges et 12,4 % des votes, Québec solidaire a accusé lundi un recul électoral pour la première fois depuis 2008, date à laquelle le parti avait envoyé un député à l’Assemblée nationale pour la première fois. Le parti avait fait élire 11 députés en 2022 et récolté plus de 15 % des suffrages.
Le parti se retrouve toutefois aujourd’hui en position de donner une majorité de votes au Parti québécois en appuyant certaines initiatives au Salon bleu, ce qui pourrait s’avérer précieux dans la perspective d’un processus référendaire. « On sera là pour travailler avec le nouveau gouvernement et faire avancer le Québec à chaque fois que ça va bénéficier à la majorité », a affirmé Ruba Ghazal.
Elle a cependant mis en garde le nouveau gouvernement : les députés solidaires se tiendront debout chaque fois que ce sera nécessaire. « Si le gouvernement décide de continuer à être influencé par les députés conservateurs qui veulent couper et faire de l’austérité, on va jouer notre rôle de contre-pouvoir. »
De « grosses pertes » à Montréal
La co-porte-parole solidaire a aussi qualifié de « grosses pertes » les défaites de trois candidats montréalais Anne Latendresse (Maurice-Richard), Alejandra Zaga Mendez (Verdun), et Guillaume Cliche-Rivard (Saint-Henri–Sainte-Anne).
Dans Saint-Henri–Sainte-Anne, où le candidat solidaire n’a été battu que de 39 voix par le libéral Benoit Clermont, Mme Ghazal a confirmé qu’une demande de dépouillage judiciaire était évaluée. « C’est important d’avoir l’heure juste », a-t-elle résumé.
Plus tôt dans la journée, M. Cliche-Rivard avait annoncé sur les réseaux sociaux étudier « tous les recours légaux permettant la pleine expression de la démocratie, incluant la demande d’un recomptage ».
Également présent lors de la mêlée de presse de mardi, le co-porte-parole de QS, Sol Zanetti, a avancé que les parlementaires du parti n’avaient jamais eu autant de pouvoir à l’Assemblée nationale. « On va faire en sorte que ça serve à baisser le coût de la vie, à respecter l’environnement », a-t-il fait valoir. Réélu dans Jean-Lesage, M. Zanetti a dit vouloir être la voix des gens qui ne se retrouvent pas dans les idées conservatrices, notamment dans la région de la capitale nationale, aux côtés d’Etienne Grandmont, à nouveau député de Taschereau.
Ces derniers jours, Ruba Ghazal a martelé vouloir être un rempart contre l’austérité à l’Assemblée nationale. Elle se dit convaincue d’y parvenir, même avec seulement neuf députés sur les bancs du Salon Bleu.
Elle demande aussi que Québec solidaire obtienne le statut de groupe parlementaire officiel, même si la formation ne remplit pas tous les critères — soit d’avoir au moins 12 députés ou avoir récolté au moins 20 % des suffrages. QS avait bénéficié en 2022 de ce statut grâce à un assouplissement.
Faire l’indépendance du Québec
Interrogé sur un éventuel soutien inconditionnel de Québec solidaire au processus référendaire voulu par le Parti québécois, Sol Zanetti a rappelé que l’objectif de QS était de faire l’indépendance du Québec.
Pour y parvenir, il a dit vouloir s’assurer que la démarche réunisse le plus de monde possible. Selon lui, il faut que cette démarche soit « une construction commune avec les Premières Nations et les Inuits », et qu’elle rallie toutes les Québécoises et les Québécois de toutes origines.
Pour Ruba Ghazal, l’adhésion de toute la société civile sera nécessaire pour faire du Québec un pays. « En 1995, Jacques Parizeau est allé chercher le mouvement des femmes avec Françoise David. Il est allé chercher les syndicats, il est allé chercher tout le monde. C’est comme ça qu’on fait un pays », a affirmé la co-porte-parole de Québec solidaire. « Un pays doit se faire par le peuple. C’est la seule condition, dans le sens qu’il n’y en a pas d’autre. »
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