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Friday, October 9, 2026

Démystifier l’environnement | Habiter près d’une route passante nuit-il à la santé ?

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Chaque mois, nos journalistes répondent à des questions environnementales posées par des lecteurs.

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Vivre près d’une route passante nuit-il à la santé ?

Isabelle Coulombe

Si on habite très près d’une route très passante, dans une maison mal isolée, il y a effectivement des risques. Mais ils diminuent rapidement avec la distance.

« Pour les expositions les plus élevées à la pollution routière, il y a des risques plus élevés de cancer, de maladies respiratoires et cardiovasculaires », indique Brian Oliver, virologue à l’Université technologique de Sydney, en Australie, qui a publié en 2025 une étude sur les routes et le cancer du poumon. Les enfants courent aussi un risque accru d’avoir, plus tard, du diabète et des problèmes neurologiques, ajoute-t-il. Les problèmes neurologiques associés à la pollution routière vont du TDAH à la démence en passant par le parkinson, selon M. Oliver.

Que signifie vivre « proche » d’une autoroute passante ?

Pour le chercheur Brian Oliver, cela signifie de vivre à moins de 100 mètres d’une autoroute comme la Métropolitaine ou l’A15, vers la Rive-Nord. « À 400 mètres, soit en hauteur, soit à l’horizontale, le risque devient plus faible », précise Brian Oliver. Le Dr Stéphane Perron, spécialiste de la pollution atmosphérique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), estime quant à lui que l’effet maximal de la pollution atmosphérique diminue à partir de 50 mètres de l’autoroute, et qu’il est minime à partir de 200 mètres.

Un bon indice qu’on est beaucoup exposé à la pollution routière est la présence constante de suie sur les meubles de jardin, même si on les lave fréquemment, selon le chercheur australien Brian Oliver.

Qu’est-ce qu’une route achalandée ? Une étude publiée en 2023 dans la revue Transportation Research estimait à 25 000 véhicules par jour la limite inférieure d’une route achalandée, et à 200 000 véhicules par jour la limite inférieure d’une route très achalandée, aux États-Unis. Cette étude estimait que 24 % des Américains vivent à moins de 500 mètres d’une route achalandée. Bonne nouvelle : même les routes les plus achalandées du Grand Montréal ne font pas partie de la catégorie « très achalandée ». La circulation est de 164 000 véhicules par jour sur la Métropolitaine et de 100 000 véhicules par jour pour l’autoroute 15.

Les véhicules les plus problématiques pour la santé sont ceux avec un moteur diesel, surtout utilisé pour les camions, indique M. Oliver, dont l’étude a été publiée dans le British Journal of Cancer. Mais ces moteurs demeurent beaucoup moins dommageables que la cigarette, nuance le Dr Stéphane Perron.

Enfin, l’isolation des maisons diminue aussi le risque. Les maisons modernes bien isolées laissent moins entrer l’air dans la maison, souligne Brian Oliver.

« Tout dépend aussi de la quantité de temps qu’on passe dehors, ajoute M. Oliver. Si on fait son jogging le long d’une autoroute tous les jours, ça augmente le risque. » N’empêche, nuance le Dr Perron, même si on vit en ville, il vaut mieux faire de l’exercice dehors que de s’en passer pour éviter la pollution : les bénéfices de l’exercice physique pour la santé dépassent amplement les risques associés à la pollution.

Bruit

Qu’en est-il du bruit ? Certains chercheurs montrent que le stress d’un bruit constant augmente l’inflammation dans le corps humain, qui est liée à plusieurs maladies, notamment cardiovasculaires. Peu d’études ont montré des effets concrets du bruit autoroutier sur le risque de maladies, selon Brian Oliver.

« Si le bruit n’est pas assez fort pour mener à l’insomnie chronique, il est difficile d’observer des effets sur la santé, dit-il. On l’a avec les études sur le bruit des éoliennes : les marqueurs d’inflammation sont plus élevés, mais pas le risque d’avoir certaines maladies, à moins d’avoir des problèmes de sommeil liés au bruit des éoliennes. »

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  • 0,16 %
    Proportion de la population américaine qui vivait à moins de 100 mètres d’une route où passaient plus de 200 000 véhicules par jour, en 2020

    Source : transportation research

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