Un ex-professeur de Cambridge mêlé à un scandale de plagiat retrouvé mort

L'ancien professeur de l'Université de Cambridge Jason Arday, au cœur d'un retentissant scandale de plagiat marqué par des accusations de racisme et qui a démissionné début août, a été retrouvé mort vendredi, a confirmé sa famille, qui dénonce « une campagne de harcèlement ».
Ce Britannique de 41 ans avait été découvert inconscient dans le sud de Londres dans l'après-midi, ont expliqué Sky News et d'autres médias, citant un communiqué de la police de la capitale britannique.
Dans un communiqué diffusé par la suite vendredi, la police métropolitaine de Londres n'a pas donné son identité, disant simplement que des agents avaient été appelés par le service londonien des ambulances à la suite d'un signalement selon lequel un homme avait été trouvé inconscient à l'intérieur d'un bâtiment
dans le quartier de Battersea. Malheureusement, un homme de 41 ans a été déclaré mort sur les lieux
, a-t-elle ajouté.
Jason a été la cible d'une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans après avoir accepté son poste de professeur à l'Université de Cambridge, menée par ceux qui étaient prêts à tout pour le discréditer
, a écrit sa famille dans un communiqué diffusé par son éditeur Simon & Schuster.
Cette campagne de désinformation a été insupportable pour Jason
, a-t-elle ajouté.
Si vous pensez au suicide ou vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), par texto (535353) ou par clavardage à suicide.ca.
Le scandale a éclaté lorsque certains universitaires et des articles de presse ont accusé Jason Arday, devenu en 2023 le plus jeune professeur noir de Cambridge, d'avoir plagié des passages de sa thèse de doctorat.
Les accusations de plagiat ont été initialement formulées par un chercheur américain, Nathan Cofnas, lui-même renvoyé de Cambridge en 2024 après avoir été accusé de racisme.
Les allégations ont été exploitées par les journaux britanniques de droite et certains commentateurs, qui affirment qu'il a indûment tiré profit des politiques de diversité, d'égalité et d'inclusion.
Erreurs
et considérations raciales
Les journaux The Times et The Telegraph ont publié plusieurs enquêtes sur les travaux universitaires et la vie personnelle de Jason Arday.
Certaines de ses affirmations concernant sa vie personnelle, notamment qu'il aurait couru 30 marathons en 35 jours et collecté des millions de livres sterling pour des œuvres caritatives, ont également été contestées.
Dans un entretien accordé au Times en août, Jason Arday a reconnu avoir commis des erreurs
sur le plan des études, mais a déclaré qu'on le présentait à tort comme un menteur, un mythomane et un fraudeur universitaire
. Il a également estimé que la campagne
visant à l'évincer était motivée par des considérations raciales
.
Le cas Arday a divisé à Cambridge et plus généralement dans le monde universitaire. La semaine dernière, un groupe d'universitaires a écrit à la direction de ce célèbre établissement pour dénoncer avec virulence la nomination de Jason Arday et lui demander de désigner un organisme indépendant chargé d'enquêter sur ce qui s'est passé. D'autres ont rédigé des textes communs pour le soutenir.

L'Université de Cambridge, en Angleterre. (Photo d'archives)
Photo : Normand Voyer
Jason Arday a démissionné de ses postes à Cambridge le 5 août, peu après l'annonce par cette Université de l'ouverture d'une enquête sur les diverses accusations portées contre lui.
Dans une lettre diffusée en ligne, il a déclaré que démissionner était la seule façon
de mettre fin à une période difficile
, tout en assurant que cette décision ne devait pas être interprétée à tort comme une acceptation des récits qui ont circulé à mon sujet
.
Aberration
L'administratrice en chef de l'Université de Cambridge, la vice-chancelière Deborah Prentice, s'est dite profondément attristée
par la mort de son ancien professeur, dans un communiqué.
Elle avait qualifié jeudi d'aberration
le cas de cet enseignant, promettant une enquête indépendante
sur cette affaire qui entache la réputation de l'une des plus prestigieuses universités du monde, tout en insistant sur le fait qu'il ne devrait pas être utilisé pour jeter le discrédit
sur d'autres universitaires issus de minorités ethniques.
La ministre de l'Éducation, Lucy Powell, s'est dite profondément choquée et attristée
par la nouvelle, et a demandé à ce qu'on respecte la vie privée
de la famille de Jason Arday.
Ce dernier a publié ses mémoires aux États-Unis, avant une parution prévue pour août au Royaume-Uni, où il raconte notamment que, diagnostiqué autiste enfant et atteint d'un retard global du développement, il n'a parlé qu'à 11 ans et n'a appris à lire et à écrire qu'à 18 ans.
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