Comment la Chine a tempéré l'envol des prix du pétrole

Après la crise énergétique de 2022, l’Union européenne a promis d’avancer sur son autonomie stratégique. Le but était de réduire la dépendance aux énergies russes et de devenir plus résiliente, notamment en augmentant la part du renouvelable dans le mix énergétique.
Objectif non atteint comme l’explique Bernard Keppenne. "On a effectivement diversifié le nombre de fournisseurs, mais on est très dépendant des États-Unis. Est-ce que c’est vraiment la bonne solution ? On n’a pas développé notre mix énergétique de façon significative." La hausse des prix de l’énergie impacte donc toujours très fortement l’Europe. En revanche, la Chine a, elle, opéré de vrais changements dans ses approvisionnements.
"Clairement, depuis le début du conflit, la Chine a importé beaucoup moins de pétrole qu’avant le conflit. Pourquoi ? Parce que les Chinois ont des réserves stratégiques qui sont gigantesques. On parle d’un milliard, à peu près, de barils. C’est top secret, donc on ne connaît pas le montant, mais on sait que c’est énorme. Ils ont un vrai mix énergétique, même s’il repose aussi sur l’utilisation du charbon, et ils ont développé leur parc de voitures électriques de façon exponentielle. On est à plus de 50% aujourd’hui de voitures électriques. Il y a des objectifs encore plus ambitieux dans les prochaines années. Et donc, très clairement, la consommation d’un des plus grands acteurs, qui en plus faisait venir le pétrole de la région, a fortement diminué et donc on n’a pas eu cet emballement du prix du baril de pétrole."
D’une certaine façon, la Chine nous a donc protégés d’un emballement encore plus important sur les prix de l’énergie.
► Découvrez aussi les pistes d’évolution du conflit en écoutant l’entièreté du podcast des Clés ci-dessus ou sur Auvio.
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