Un survivant des pensionnats pour Autochtones poursuit le Manitoba et Ottawa

La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.
Un survivant autochtone de 68 ans a déposé une poursuite civile contre les gouvernements du Manitoba et du Canada, affirmant avoir subi des agressions sexuelles et des violences répétées dans un pensionnat pour Autochtones de Brandon et dans un centre de détention pour jeunes dans les années 1960 et 1970.
Avertissement : Ce texte rapporte des détails allégués de violences physiques et sexuelles commises sur des mineurs.
Dans une déclaration introductive d'instance déposée en début de semaine, le plaignant poursuit conjointement la province et le gouvernement fédéral pour négligence et manquement à leur obligation de protection.
Radio-Canada tait l'identité du demandeur en raison de la nature sexuelle des actes allégués.
Selon la poursuite, le plaignant a été arraché à sa famille et à sa communauté en 1968, alors qu'il n'avait que 10 ans, pour être envoyé au pensionnat pour Autochtones de Brandon.
Le document judiciaire allègue qu'un prêtre alors à l'emploi de l'établissement l'a soumis à des agressions sexuelles, incluant des attouchements sans consentement, et à des voies de fait graves qui lui ont perforé un tympan. Le demandeur explique que son jeune âge, l'ascendant exercé par le religieux et la terreur des représailles l'ont empêché de se défendre ou de dénoncer son agresseur.
L'établissement de Brandon a cessé ses activités en 1972.

Le pensionnat pour Autochtones de Brandon a fermé ses portes en 1972, selon le Centre national pour la vérité et la réconciliation. Un homme aujourd'hui âgé de 68 ans allègue dans une poursuite avoir été agressé sexuellement par un prêtre alors qu'il y était élève, à la fin des années 1960.
Photo : Archives du Centre national pour la vérité et la réconciliation
De nouvelles violences alléguées dans un centre pour jeunes
Les abus ne se sont pas arrêtés là, selon la poursuite. De 1974 à 1976, alors qu'il était placé sous garde au Manitoba Home for Boys à Portage la Prairie, un établissement de réadaptation pour garçons plus tard renommé Centre pour jeunes Agassiz, l'adolescent aurait été la cible d'un surveillant de nuit.
L'homme allègue que ce fonctionnaire l'a agressé sexuellement à plusieurs reprises directement dans son lit de dortoir, commettant des attouchements et tentant de lui imposer des actes oraux sous la contrainte institutionnelle.
L'établissement de Portage la Prairie a fermé ses portes en 2022 avant d'être démoli.
Aucune de ces allégations n'a encore été démontrée devant le tribunal. Questionné sur cette affaire, un porte-parole du gouvernement manitobain a refusé de commenter l'affaire pendant que le litige suit son cours. Le gouvernement fédéral n'avait pas répondu aux demandes de commentaires au moment de publier cet article.
Négligence des deux ordres de gouvernement
La poursuite cible directement la responsabilité institutionnelle des autorités publiques.
Le demandeur fait valoir qu'Ottawa, qui assurait le cadre légal, le financement et la supervision du pensionnat de Brandon, ne pouvait ignorer l'extrême vulnérabilité des enfants placés sous son égide. De la même manière, le gouvernement du Manitoba, responsable de la gestion, du personnel et de la garde des mineurs au Manitoba Home for Boys, est accusé d'avoir manqué à son obligation de mettre en place des mécanismes sûrs de surveillance et de signalement.
Le plaignant soutient que ces sévices ont brisé sa scolarité, lui ont laissé des séquelles physiques permanentes et ont entraîné de lourds traumatismes psychologiques, marqués par de l'anxiété et des épisodes dépressifs majeurs.
Estimant que ces violences ont irrémédiablement altéré le cours de son existence, il exige des dommages-intérêts compensatoires, punitifs et exemplaires, ainsi que la couverture de ses soins de santé futurs.
Des ressources d'aide sont disponibles :
Ligne d'écoute nationale pour les pensionnats pour Autochtones (24/7) : 1-866-925-4419
Ligne d'écoute d'espoir (24/7) : 1-855-242-3310 ou branchez-vous en ligne par clavardage à www.espoirpourlemieuxetre.ca (nouvelle fenêtre).
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.