À Rome et à Milan, plusieurs dizaines de milliers d'Italiens manifestent contre la vie chère

Comme en France, une grande journée de mobilisation contre la hausse du coût de la vie s'est déroulée ce samedi 17 octobre en Italie. Alors que la manifestation organisée à Rome a rassemblé environ 100 000 personnes, le secrétaire général du syndicat CGIL, Maurizio Landini, a annoncé une journée de grève générale le 20 novembre.
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Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir
Organisée par une centaine d’associations de la société civile et le syndicat CGIL - l'équivalent italien de la CGT -, la première grande manifestation nationale de l’automne a regroupé environ 100 000 étudiants, travailleurs, chômeurs et retraités à Rome pour protester contre la hausse du coût de la vie, samedi 17 octobre.
Alors qu’à Milan, un autre rassemblement s’est transformé en guérilla urbaine - il a donné lieu à 50 interpellations et a fait plusieurs blessés -, les manifestants qui ont convergé vers la capitale italienne ont réclamé une hausse des salaires, une lutte incisive contre la précarité, un droit au logement pour tous, la rénovation des bâtiments scolaires et universitaires qui tombent en ruine, ou encore une baisse des dépenses du secteur de la défense auquel le gouvernement Meloni veut consacrer 5% du PIB - soit 14 milliards d’euros - dans le cadre de la nouvelle loi de finance.
Femme de ménage dans une école de Vérone, Marina est mariée à un employé administratif et mère de deux lycéennes. « Je travaille dans cet établissement depuis 25 ans pour un salaire de 1 450 euros par mois... Étant locataires, nous payons 1 000 euros de loyer par mois. On a donc bien du mal à joindre les deux bouts, confie-t-elle avant de poursuivre : J’espère un avenir meilleur pour nos jeunes ».
La CGIL appelle à une grève générale le 20 novembre
Coordinatrice d’un mouvement étudiant à Palerme, une ville devenue très touristique et donc peu abordable pour les jeunes, Giovanna déplore de son côté « le surtourisme qui a entraîné une augmentation des loyers alors que les résidences universitaires sont en nombre insuffisants ». « On ne sait plus que faire : payer d’abord les livres, les transports ou le loyer ? On nous parle de l’avenir, des jeunes… Mais en réalité notre avenir est brisé ! », continue celle-ci.
Enseignant dans la banlieue romaine, Matteo pointe quant à lui la dégradation des écoles et du système de santé. « Dans les écoles, il y a beaucoup de problèmes et des équipements qui ne fonctionnent pas. L’argent doit donc aller aux écoles et à la santé plutôt que de le gaspiller dans les armes et la guerre… Il faut changer le gouvernement Meloni », assène-t-il.
Alors que les leaders des partis d’opposition ont rejoint le cortège à son arrivée place du Peuple, tous reprochent à l'exécutif de n’avoir « rien fait en quatre ans pour améliorer les conditions de vie des Italiens ». Le secrétaire général du syndicat CGIL, Maurizio Landini, a lui d’ores et déjà annoncé une grève générale pour le 20 novembre.
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