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Tuesday, September 15, 2026

La police de Lévis critiquée dans le rapport sur le décès de Maëlyne Lugez

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Maëlyne Lugez, une adolescente de 13 ans morte en novembre 2024 au terme d’une disparition dans un boisé près de son école, est décédée accidentellement, mais était vraisemblablement toujours en vie au moment où la police de Lévis a décidé de mettre fin aux recherches.

C’est ce qu’indiquent les conclusions de l’enquête publique sur son décès, publiée lundi.

Le président de l’enquête publique, Me Luc Malouin, conclut que le décès de la jeune fille, qui souffrait de dépression et avait manifesté des pensées suicidaires, a été causé par une noyade accidentelle.

Maëlyne Lugez a été vue la dernière fois à 12h01 le 6 novembre 2024 au moment où elle quittait son école secondaire.

Elle a été retrouvée un peu plus de 24 heures plus tard à environ 700 mètres de là, le visage plongé dans un ruisseau coulant au sein d’un petit boisé.

Les recherches pour trouver la jeune fille ont débuté rapidement après sa disparition et se sont interrompues à 21h15. La police de Lévis avait alors invoqué la noirceur, le froid et la fatigue de ses effectifs pour suspendre temporairement les recherches sur le terrain.

Le coroner Malouin estime que la jeune femme est vraisemblablement décédée tard en soirée ou au début de la nuit suivante, à la suite d’un concours de circonstances funestes.

Alors que température s’est approchée du point de congélation cette nuit-là, l’hypothermie aurait plongé l’adolescente dans un état de confusion qui aurait mené à son décès.

L’hypothermie peut altérer l’état de conscience, rappelle Me Malouin, et provoquer le phénomène de « déshabillage paradoxal », ce qui pourrait expliquer le fait que Maelyne ait enlevé ses souliers.

« […] Maëlyne a probablement eu un malaise à un moment ou à un autre alors qu’elle marchait dans le boisé. Elle aurait déposé son sac au sol, continué son chemin, enlevé ses souliers et s’est probablement affaissée au sol. Elle a rampé sur le ventre et s’est rendue au ruisseau ou elle a perdu connaissance pour ultimement s’y noyer accidentellement », a relaté le coroner.

Me Malouin écarte du même coup l’hypothèse d’un geste suicidaire de la jeune femme, qui avait été rencontrée par plusieurs intervenants psychosociaux dans les jours précédents en raison de symptômes dépressifs.

Le coroner dit avoir « l’intime conviction qu’elle voulait simplement s’isoler et se retrouver dans un endroit calme » en se rendant dans le boisé.

« Le fait qu’elle ferme son téléphone cellulaire démontre qu’elle voulait un moment de calme et de solitude », écrit-t-il.

Le rapport de Me Malouin rejoint ainsi certaines conclusions exprimées par la coroner Sophie Régnière à la suite d’une première enquête sur le décès de Maëlyne.

Me Régnière y avait conclu à une mort accidentelle possiblement provoquée par un malaise. Aux yeux des parents de Maëlyne, cités dans un reportage de Radio-Canada, la coroner avait minimisé la détresse psychologique de leur fille et avait fait l’impasse sur de possibles ratés de l’enquête policière.

Me Malouin pointe du doigt certains manquements du travail policier, tout en soulignant la bonne foi des représentants de la police de Lévis.

« Rien ne permet de croire que si les recherches avaient été faites autrement, la conclusion aurait été différente », note-t-il dans son rapport.

Il signale entre autres le fait qu’après des premières recherches infructueuses, le périmètre de recherche n’a pas été étendu au-delà de 300 mètres comme le stipule pourtant la procédure. L’option de faire appel à un maître-chien a aussi été écartée alors qu’elle aurait pu s’avérer utile.

Il souligne aussi un manque de communication entre la police de Lévis et la Sûreté du Québec

Le coroner Malouin recommande d’ailleurs que la police de la Ville de Lévis mette à jour les connaissances de son personnel en matière de recherches terrestres et que la SQ fasse mieux connaitre aux autres corps policiers les services de sa Division des mesures d’urgence.

Besoin d’aide ?

N’hésitez pas à appeler la Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

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