Meurtres d’une jeune femme et sa grand-mère | L’accusé jette le blâme sur son oncle

« Ce n’est pas ce que j’avais demandé à mon oncle » : Mahad Farrah n’a jamais voulu que Jade Racette et sa grand-mère meurent criblées de balles le 15 décembre 2022. Il a plutôt demandé à son oncle de se rendre au domicile de Jade pour lui offrir un copieux montant afin qu’elle retire sa plainte à la police contre lui. Il est « choqué » lorsqu’il apprend que ce plan ne s’est pas déroulé comme prévu.
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C’est du moins la version des faits de Mahad Farrah, qui a pris la barre des témoins lundi matin.
« J’étais choqué. Ce n’est pas ce que j’avais demandé à mon oncle », a raconté l’accusé de 26 ans. Il subit son procès pour les meurtres de Jade Racette et de sa grand-mère Huguette Maranda Racette. Les deux victimes sont abattues en décembre 2022 dans une résidence du quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal.
Mahad Farrah ne serait pas le tireur, mais aurait plutôt commandé le meurtre de Jade Racette pour se venger, selon la théorie de la Couronne. La jeune femme, une travailleuse du sexe, l’avait dénoncé à la police comme étant son proxénète deux semaines avant les meurtres, allègue la Poursuite, dont la preuve s’est close la semaine dernière.
PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK
Jade Racette Beaulieu
« J’ai jamais voulu que quoi que ce soit arrive. J’ai demandé à mon oncle d’aller la voir pour la payer. Il en a décidé autrement », a soutenu Mahad Farrah dans son témoignage. Il souhaite à l’époque qu’elle retire la plainte pour proxénétisme déposée contre lui deux semaines plus tôt. Il aurait donc décidé de lui remettre 60 000 $ en échange de son silence, selon son récit au jury. Il affirme avoir mandaté son oncle pour aller verser une partie de l’argent, convaincu qu’elle accepterait.
Ce n’est pourtant pas ce qui se passe le 15 décembre 2022. La journée des meurtres, Mahad Farrah aurait contacté son oncle pour qu’il ramasse l’argent destiné à Jade. L’accusé suggère alors d’aller la voir la nuit, puisqu’elle se couche très tard.
Une fois sur place, l’oncle aurait demandé à son neveu de texter Jade pour la faire sortir. Mahad Farrah s’exécute. La jeune femme l’avise qu’elle ne voit personne à l’extérieur. L’accusé aurait alors essayé d’appeler son oncle, sans succès.
Il apprend sur les réseaux sociaux que Jade et sa grand-mère sont mortes, selon ses dires. Il a affirmé lundi ne plus avoir reparlé à cet oncle, qui habite en Afrique.
Mahad Farrah n’était pas sur les lieux la journée du drame, a rappelé au jury son avocate, Me Josée Goulet. « Il ne sait pas ce qui s’est passé. »
Il a bel et bien envoyé des messages à la victime pour qu’elle sorte à l’extérieur de sa résidence de Pointe-Saint-Charles. « Il ne savait pas que quelqu’un d’autre était présent et serait armé. Les évènements tragiques n’étaient pas prévus. Ils sont néanmoins regrettables et irréversibles », a poursuivi la défense.
Le mystérieux Wayne Perry
Le jeune homme élancé d’origine somalienne et djiboutienne s’est confié au jury sur son adolescence. Il grandit sans contact avec son père depuis l’école primaire et arrête l’école en deuxième année du secondaire. Il est impliqué dans la vente de drogues, a-t-il admis. Ses oncles font office de figures paternelles et gravitent eux aussi autour du trafic de stupéfiants.
L’un d’eux le met en contact avec un individu surnommé « Wayne Perry ». Mahad Farrah ne le connaît que par ce pseudonyme et ne l’a jamais vu. Il ne sait presque rien sur cet individu, à qui il ne lui donne aucune tache à part ramasser de l’argent et aller chercher de la drogue.
« Il faisait des affaires avec mes oncles, vendre de la drogue. Dans le monde où je suis, vaut mieux ne pas connaître l’identité de personnes, je ne rencontre personne », a évoqué l’accusé.
Cette personne mystère serait le tireur responsable de la mort de Jade Racette et sa grand-mère, allègue la Poursuite.
Me Claude Berlinguette-Auger et Me Simon Lapierre représentent la Couronne dans ce dossier. L’accusé est défendu par Me Josée Goulet et Me Laurence Juillet St-Jean. Le procès présidé par le juge Daniel Royer se poursuit cette semaine au palais de justice de Montréal.
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