L'économie de la peur : comment les rafles anti-migrants de l'ICE plombent l'économie locale aux États-Unis

Plutôt que de se limiter au nombre d'arrestations ou d'expulsions, le chercheur a croisé trois types de données dans son étude : près de 5500 opérations de l'ICE géolocalisées à partir de reportages de presse, la fréquentation de 5 millions de commerces et lieux d'activité via les données de téléphonie mobile, et les dépenses par carte bancaire. L'étude couvre la période de janvier 2024 à février 2026, dans des villes comme Los Angeles, Chicago, Minneapolis ou La Nouvelle-Orléans, ce qui permet de comparer la situation avant et après le durcissement de la politique migratoire.
Jusqu'à 14 milliards de dollars de dépenses perdues après une opération de l'ICE
Résultat : après une opération de l'ICE, la fréquentation des commerces recule de 3% et les dépenses des consommateurs chutent de 6,2%. Rapportés à l'ensemble des États-Unis, ces chiffres équivaudraient à une récession. À l'échelle des territoires étudiés, Zeke Hernandez estime la perte annuelle entre 3 et 14 milliards de dollars de dépenses.
Le secteur brassicole en offre déjà une illustration : Constellation Brands, qui commercialise Modelo et Corona, a indiqué que les craintes liées à la politique migratoire pesaient sur les dépenses de ses consommateurs hispaniques, entraînant un recul des ventes de bière en 2025.
Une "économie de la peur" qui touche toute la population
Les effets ne se limitent pas aux personnes directement visées par l'ICE. Cette "économie de la peur", selon les termes de l'auteur, se diffuse à l'ensemble de la population locale : on sort moins, on fait moins de courses, on fréquente moins les commerces de proximité, et on va même moins travailler.
Un choc qui ne se dissipe pas dans l'économie locale américaine
Contrairement à l'idée d'un choc ponctuel suivi d'un retour à la normale, l'étude montre que l'activité ne revient pas automatiquement à son niveau antérieur. Moins de fréquentation entraîne moins de ventes, donc potentiellement moins d'embauches ; et un quartier durablement moins fréquenté devient moins attractif pour les entrepreneurs, travailleurs et investisseurs. L'étude ne mesure pas directement les pertes d'emplois ou d'investissements à long terme, mais elle met en évidence ce mécanisme.
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