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Thursday, September 17, 2026

L’efficace stratégie de Carney pour combattre l’incertitude

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Le gouvernement Carney marque le pas cette semaine. Il progresse sur des terrains où plusieurs de ses prédécesseurs ont connu beaucoup moins de succès. D’abord l’investissement international, puis la diversification européenne. Les leaders politiques en pleine campagne électorale québécoise devraient d’ailleurs y porter attention.

Les turbulences géopolitiques, la guerre tarifaire, un détroit névralgique au Moyen-Orient toujours sous tension, la course internationale effrénée au développement de l’intelligence artificielle et une diplomatie économique avec les États-Unis difficile à pratiquer provoquent des bouleversements politiques et économiques rarement vus au cours des dernières décennies.

Mais les dirigeants d’entreprises et les membres des équipes de direction avec qui je discute depuis des mois sont unanimes : la pire des choses n’est pas nécessairement les tarifs, mais plus l’incertitude qui les accompagne dans un contexte d’actualité politico-économique particulièrement instable. En d’autres termes, ils préfèrent des tarifs fixes au yo-yo tarifaire imposé au Canada.

Dans ce contexte, restaurer un climat de confiance, de prévisibilité et de stabilité constitue la priorité absolue des leaders politiques. Le monde économique international subit des perturbations et peut sembler complètement hors contrôle. Le Canada doit se concentrer sur ce qu’il peut contrôler.

Le Sommet canadien sur l’investissement en est l’exemple parfait. Ce sommet a réuni à Toronto des investisseurs internationaux de premier plan, des p.-d.g. canadiens d’importance et des représentants canadiens du secteur public de plusieurs horizons.

Le gouvernement a recensé plus de 160 projets prêts à être développés et les a regroupés dans un prospectus remis aux participants. Les projets sont répartis dans les huit secteurs suivants : fabrication de pointe, énergie propre, énergie conventionnelle, technologies numériques, infrastructures maritimes et portuaires, minéraux et métaux, énergie et service publics, transports.

En marge du sommet officiel, on dénombre plus de 80 activités organisées dans la Ville Reine. Le Canadian Club a reçu le p.-d.g. du Mouvement Desjardins, Denis Dubois ; le groupe de réflexion Milken a organisé un atelier remarqué sur la diplomatie économique lundi ; le Toronto Board of Trade fermera le sommet avec une programmation étoffée durant la journée.

Deux mesures prises par le gouvernement Carney au début du sommet retiennent l’attention. D’abord, le gouvernement a décidé de prioriser les demandes de décisions anticipées en matière d’impôt sur le revenu liées à des investissements d’un milliard de dollars canadiens ou plus. Cette mesure est d’une réelle importance, car elle permettra aux investisseurs d’obtenir, avant d’engager leurs capitaux, une décision sur la façon dont les règles fiscales canadiennes s’appliqueront à leur projet. Elle offre une plus grande prévisibilité fiscale aux investisseurs.

Ensuite, le gouvernement Carney a annoncé la mise en place de la « méga déduction à la productivité ». Les entreprises pourront déduire immédiatement 100 % du coût des nouveaux investissements admissibles dans la machinerie, l’équipement et la technologie. Carney mise sur cette déduction afin de réduire l’incertitude et le coût des nouveaux investissements, et de faire du Canada l’un des pays les plus compétitifs du G7.

En somme, la tenue du Sommet canadien sur l’investissement permet de rassurer les investisseurs nationaux et internationaux. Le Canada se présente comme un leader international d’exception et de confiance. Le sommet confirme que le pays est un partenaire stable dans un environnement mondial incertain.

Passer des paroles aux actes

La très grande majorité des équipes de direction avec qui j’ai discuté dans les derniers mois avouent demeurer généralement sur leurs gardes face aux discours et aux promesses des politiciens. Or, le scepticisme cède progressivement la place à l’enthousiasme. La diversification stratégique n’est plus un concept, elle est devenue une réalité. Et il semble que le Canada y soit particulièrement habile.

Le Canada hébergera la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (Banque DSR), qui est associée (mais pas limitée) aux pays membres de l’OTAN. Cette banque sera complémentaire à l’initiative britannique Multilateral Defense Mechanisms, à laquelle le Canada pourrait se joindre. Sans oublier le programme Agir pour la sécurité en Europe (SAFE), dont fait déjà partie le Canada.

À cela s’ajoute une alliance stratégique avec l’Union européenne (UE). Le premier ministre s’est adressé au Parlement européen cette semaine. Il rencontrera ensuite le premier ministre britannique dans l’optique de rapprocher les deux pays, notamment en matière de défense et de sécurité. Puis, à la fin du mois d’octobre se tiendra à Montréal le Sommet Canada-UE.

En définitive, il s’agit d’une excellente semaine pour le Canada dans un contexte de guerre tarifaire. Le Canada rassure les investisseurs nationaux et internationaux et réoriente graduellement une partie de son économie vers l’Europe.

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