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Tuesday, September 29, 2026

Fraises et framboises | Des millions de petits fruits contenant trop de pesticides auraient été expédiés au Canada

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Selon un ancien employé de l’entreprise américaine Driscoll’s, 3,37 millions de barquettes de petits fruits dépassant les seuils autorisés de pesticides ont été expédiées et vendues au Canada entre 2022 et 2024. Ces allégations, réfutées par Driscoll’s, devraient-elles inquiéter les consommateurs ?

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Un lanceur d’alerte préoccupé

Le 24 juin dernier, David Harada a déposé une poursuite en Californie contre Driscoll’s, le géant américain des fruits et légumes. CBC a révélé les détails de cette histoire jusqu’ici passée inaperçue au Canada.

David Harada était responsable de la sécurité alimentaire et de la conformité réglementaire pour les États-Unis et le Canada chez Driscoll’s. Devenu lanceur d’alerte, il poursuit son ancien employeur pour représailles illégales et congédiement déguisé.

M. Harada dit avoir découvert que des règles avaient été supprimées dans le système de suivi informatique de Driscoll’s, ce qui a permis l’expédition vers le Canada de plus de 100 millions de dollars de petits fruits dépassant les limites maximales de résidus (LMR) permises par Santé Canada.

Des dépassements confirmés

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a mené des inspections sur des petits fruits de la marque Driscoll’s vendus en épicerie entre 2022 et 2024. Elle confirme que des concentrations supérieures aux normes canadiennes ont été détectées pour le bifenthrine (insecticide), l’iprodione (fongicide) et le captane (fongicide).

Selon la poursuite déposée par David Harada, le 4 juin 2025, Driscoll’s a été informée par Costco Canada que 10 de ses entrepôts avaient reçu des plaintes selon lesquelles les baies Driscoll’s avaient un goût chimique, une odeur désagréable ou un goût de vernis à ongles. Costco Canada n’a pas confirmé cette information.

Driscoll’s rejette les allégations

« Nous rejetons catégoriquement les allégations de M. Harada et y répondrons par la voie judiciaire », a répondu Driscoll’s dans une déclaration écrite transmise à La Presse. L’entreprise indique mettre en œuvre des programmes rigoureux en matière de sécurité alimentaire et de conformité, avec des contrôles, des certifications et des audits réalisés par des organismes tiers indépendants.

Des risques pour la santé ?

Les produits Driscoll’s concernés n’ont pas fait l’objet de rappel. L’ACIA a indiqué à CBC qu’une mesure corrective avait été prise.

Le toxicologue et coprésident de la Société pour vaincre la pollution, Daniel Green, explique qu’un excédent de résidu ne signifie pas qu’un fruit est tombé dans une marmite de pesticides.

D’après ses calculs, il faudrait qu’un enfant consomme 20 kg, voire 30 kg, de framboises ayant un excédent de résidus de pesticides pour être malades. Selon lui, il faut se préoccuper des effets à long terme. Il compare les pesticides à de petits coups de scalpel. « Ces insultes chimiques s’accumulent et leurs effets sont cumulatifs, mais aussi multiplicatifs. »

Mathieu Vackle, conseiller scientifique spécialisé en toxicologie à l’Institut national de santé publique du Québec, précise que les risques dépendent de l’ampleur du dépassement. Il ajoute que des marges de sécurité sont souvent prises en compte dans la fixation des seuils qui sont par ailleurs établis sur la base d’une consommation humaine à long terme.

Il compare la situation à une randonnée en montagne. « Si on met le pied de l’autre côté de la balise, on ne va pas tomber dans le précipice, mais plus on s’éloigne de la balise en allant vers la falaise, plus ça devient dangereux. » Néanmoins, ces normes doivent être respectées, ajoute-t-il.

Laver ses fruits

Dans le cas des petits fruits, le rinçage à l’eau est moins efficace pour retirer les résidus de pesticides, en raison de leur porosité, souligne Mathieu Vackle. Il recommande alors de varier le plus possible sa consommation de fruits et légumes.

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