Survol de Bruxelles : les annonces de Jean-Luc Crucke suscitent peu d’enthousiasme

Les annonces du ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke, Les Engagés, dans le dossier des nuisances liées au survol de Bruxelles ne répondent pas à l’enjeu essentiel consistant à les réduire réellement et durablement, a affirmé jeudi le député socialiste Ridouane Chahid.
"Depuis plus d’un an, la RNP 07L, présentée comme une mesure temporaire, concentre les atterrissages au-dessus du nord et de l’ouest de Bruxelles et expose un nombre considérable de riverains… Ce que le ministre propose aujourd’hui ressemble davantage à une organisation de la nuisance qu’à sa réduction", a commenté l’élu bruxellois.
Aux yeux de celui-ci, alterner une trajectoire RNP 07L rectiligne avec une trajectoire courbe (ndlr : mesure envisagée par le ministre) ne constitue pas, à lui seul, une politique de réduction du bruit mais revient à répartir différemment les survols entre plusieurs quartiers. Or, "les Bruxellois attendent que l’on s’attaque au problème, non que l’on le déplace, et qu’on arrête ce harcèlement aérien".
Le député PS a également reproché au ministre de se défausser sur Skeyes, en soutenant ne pouvoir imposer seul les procédures à l’opérateur en charge du contrôle aérien. "Le rôle du ministre est de fixer un cadre politique clair, de garantir le respect des décisions de justice et de rechercher, avec les opérateurs et les Régions, une solution qui protège les citoyens", a-t-il insisté, rappelant la responsabilité du gouvernement fédéral dans l’organisation du survol de Bruxelles.
La N-VA et le CD&V, dans la majorité fédérale, ont averti le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke, Les Engagés, qu’il n’était pas question de déplacer les nuisances sonores subies par les riverains de l’aéroport de Bruxelles-National de la Région bruxelloise vers la Flandre.
À la Chambre, les termes utilisés par les deux partenaires flamands étaient très durs à l’encontre des propositions présentées par le ministre jeudi midi en conférence de presse. "Si vous pensez pouvoir déplacer les nuisances de Bruxelles vers la Flandre, ça ne passera pas !", a averti sans détour Bert Wollants, N-VA. Le nationaliste flamand a appelé le ministre à présenter son projet de loi aérienne d’ici la fin de l’année. "Ce que j’ai appris me dérange", a renchéri Tine Gielis, CD&V.
La chrétienne-démocrate a aussi appelé le ministre à écrire "une bonne loi", sans quoi le CD&V demandera que la Flandre introduise une procédure en Conflit d’intérêts. "La voie de la concertation, c’est la voie à suivre. Sinon, vous risquez de déclencher une guerre communautaire", a-t-elle averti. La demande du ministre de faire passer la norme actuelle de vent de 7 nœuds avec rafales à 8 nœuds en moyenne (de vent arrière) pour les pistes 25 et 07 semble être au cœur des tensions.
La mise à l’étude pour quelques mois d’une variante de descente courbée pour atterrir sur la piste 07 crispe également au nord du pays. Dans sa réponse, Jean-Luc Crucke a indiqué que son intention était de déposer son projet de loi au début de l’année 2027. Il a souligné travailler dans le respect de l’accord de gouvernement et de la jurisprudence, dans un équilibre entre limitation de nuisances et développement économique.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.