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Friday, October 23, 2026

Mark Carney en Turquie : carte blanche pour négocier avec des régimes autoritaires?

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Le Canada et la Turquie partagent-ils vraiment des valeurs communes comme « les droits de la personne, les libertés individuelles, la démocratie et la primauté du droit », tel qu’on peut le lire dans un communiqué cosigné jeudi par Mark Carney et le président turc, Recep Tayyip Erdoğan?

La question a refait surface vendredi, au deuxième jour de la visite du premier ministre canadien en sol turc. Ces derniers mois, le régime Erdoğan a notamment fait fermer un média d’opposition, emprisonné un humoriste accusé d’avoir rigolé du président, et mené des descentes policières dans des lieux de rencontre de la communauté LGBTQ+ et à des dizaines d’arrestations.

L’engagement n’est pas une approbation, s’est défendu M. Carney devant la presse canadienne à Istanbul. ll existe une distinction entre les deux. Et, parce que nous sommes engagés dans le dialogue, nous sommes en mesure d’aborder directement avec les plus hautes autorités de ces pays notre vision du monde ainsi que nos attentes.

Si vous ne parlez pas aux gens, vous n'avez aucune capacité à soulever ces questions, et vous pouvez alors vous interroger sur l'efficacité d'une telle approche.

Cette visite bilatérale en Turquie est d’ailleurs la toute première d’un chef de gouvernement canadien dans ce pays. Elle vise d’abord à mettre sur pied un partenariat stratégique ambitieux entre le Canada et la Turquie et développer les relations économiques entre les deux pays.

Les deux hommes d'État s'approchent pour se serrer la main.

Le premier ministre Mark Carney et le président Recep Tayyip Erdoğan ont conclu jeudi un « partenariat stratégique » entre le Canada et le Turquie.

Photo : La Presse canadienne / Yavuz Ozden

Priorité souveraineté

La simple présence de Mark Carney est-elle en train de donner de la légitimité au président Erdoğan et à ses tendances autoritaires, lui a-t-on demandé? Non, ce n’est pas ce que je fais, a rétorqué le premier ministre du Canada.

Notre devoir premier et le plus important est non seulement de protéger les droits des personnes LGBTQI+ et des personnes bi-spirituelles au Canada, mais aussi de promouvoir ces droits et de veiller à ce que tous les Canadiens puissent être pleinement eux-mêmes au Canada, a dit M. Carney vendredi.

Pour protéger les personnes marginalisées au Canada, encore faut-il que le Canada soit une nation véritablement souveraine, a argumenté le premier ministre. Et pour renforcer notre souveraineté, nous devons entretenir un vaste réseau de partenariats à travers le monde.

Nous calibrons nos relations avec les pays en fonction de divers facteurs, notamment l'intérêt stratégique.

En septembre, le Canada a choisi de ne pas se joindre à l’Allemagne, à la France et à d’autres pays pour condamner la répression menée par la Turquie à l’encontre des organisations LGBTQ+.

Des personnes se rassemblent devant le palais de justice en tenant une banderole sur laquelle on peut lire «Être LGBTQ+ et militer n’est pas un crime. Libérez nos amis».

Manifestation à Istanbul pour dénoncer les persécutions et les arrestations subies dernièrement par les militants LGBTQ+ en Turquie.

Photo : Getty Images / OZAN KOSE

Le Canada a signé une déclaration de la Coalition pour les droits égaux datée du 7 octobre dénonçant la persécution des groupes LGBTQ+ et la montée des discours discriminatoires à travers le monde, bien que cette déclaration ne nomme pas la Turquie directement.

Au cours de la dernière année, M. Carney a noué des liens plus étroits avec d’autres pays accusés de violations des droits de la personne, notamment l’Arabie saoudite et la Chine.

Mon approche sur ces questions consiste à avoir des conversations directes avec les dirigeants, s’est défendu le premier ministre canadien. Je constate que ces échanges sont plus efficaces lorsqu'ils sont directs, ouverts et non rapportés en détail par la suite.

Il n’a pas été possible de savoir vendredi si Mark Carney avait discuté directement de la question des droits de la personne avec Recep Tayyip Erdoğan. Mais le premier ministre a assuré la presse que la délégation canadienne avait soulevé ces questions concernant les droits des personnes LGBTQ+.

Il y a évidemment des préoccupations, et nous soulevons ces enjeux et calibrons nos relations en conséquence, a ajouté M. Carney.

Avec les informations de La Presse canadienne

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