Crise de l’itinérance | St-Pierre Plamondon accorde une aide d’urgence de 28 millions

Le nouveau premier ministre Paul St-Pierre Plamondon sort le chéquier pour s’attaquer à la crise de l’itinérance. À l’approche de l’hiver, son gouvernement fournira 28 millions supplémentaires en aide d’urgence, afin de créer plus de 1000 places supplémentaires dans des haltes-chaleur ou des refuges.
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« C’est important pour moi qu’on envoie le signal que c’est une priorité pour le gouvernement », a expliqué M. St-Pierre Plamondon lors d’une conférence de presse vendredi à l’Accueil Bonneau dans le Vieux-Montréal, sa première sortie publique comme premier ministre.
Accompagné de la mairesse Soraya Martinez Ferrada et des deux nouveaux ministres Stéphane Paquet et Camille Pellerin-Forget, le PM a promis « d’autres annonces » dans les prochaines semaines en itinérance.
Dans l’immédiat, ce financement permettra « la mise en œuvre de près de 200 projets pour soutenir des mesures hivernales d’urgence dans 16 régions du Québec », a-t-il assuré.
Sur les 28 millions, près de 18 millions de dollars seront attribués directement à la Ville de Montréal, qui réclamait 20 millions à Québec pour ouvrir 3000 places au chaud cet hiver, soit 500 de plus que l’an dernier. Le reste sera réparti un peu partout dans la province, dans une quinzaine de régions.
« Monsieur le premier ministre, vous avez fait de l’itinérance une priorité. Et aujourd’hui, je suis heureuse de voir que les bottines suivent les babines. Je suis vraiment fière », s’est réjouie Mme Martinez Ferrada.
Le tout s’ajoute à des sommes de 18 millions déjà planifiées pour l’urgence hivernale. Au total, c’est donc une enveloppe de 46 millions de dollars qui sera réservée pour les mesures hivernales cette année, un sommet.
Sur le terrain, l’investissement engendrera l’ajout d’au moins 1000 places d’urgence pour les cinq prochains mois, selon les données présentées vendredi par le PQ. Cela inclut des chaises en halte-chaleur, mais aussi et surtout des lits d’hébergement d’urgence et de transition.
Une crise aiguë
À titre comparatif, le gouvernement Legault avait annoncé l’an dernier un financement additionnel de 5 millions pour la lutte hivernale contre l’itinérance. La somme avait été partagée entre les organismes communautaires de 16 régions, dont 2 millions à Montréal, où les besoins sont immenses.
Il faut dire que l’urgence d’agir est réelle. Selon le plus récent dénombrement, rendu public en avril, plus de 12 000 personnes vivent actuellement dans la rue, soit une hausse de 20 % à l’échelle de la province par rapport à octobre 2022.
Si Montréal en demeure l’épicentre, avec une proportion de 230 sans-abri par 100 000 habitants, l’itinérance est aussi 30 % plus nombreuse en région qu’avant.
Dès jeudi, en évoquant le décès d’une autre sans-abri âgée de 66 ans dans le secteur de Sorel-Tracy, M. St-Pierre Plamondon avait promis d’annoncer « des sommes d’urgence importantes pour les organismes et les ressources pour les personnes en situation d’itinérance ».
Le budget a été autorisé par le conseil des ministres dès mercredi soir, quelques heures après l’assermentation du gouvernement. Le PM dit avoir donné la consigne à l’appareil gouvernemental « d’aller vite » dans le dossier de l’itinérance, avec l’hiver et les temps froids qui approchent, faisant craindre plusieurs autres décès.
Pour développer des « solutions plus structurantes » à long terme, le gouvernement péquiste a réitéré vendredi son engagement de tenir un grand rendez-vous sur l’itinérance, dès le début 2027.
Objectif : réduire de 50 %
Paul St-Pierre Plamondon dit avoir eu des garanties de son homologue canadien, Mark Carney, sur l’itinérance. « Il m’a indiqué vouloir faire sa part en itinérance. C’est une excellente nouvelle », a résumé le principal intéressé.
Les attentes envers son nouveau gouvernement sont grandes, puisqu’en campagne cet automne, le chef du PQ s’est engagé à réduire de 50 % l’itinérance au Québec d’ici 2030, soit au cours du prochain mandat.
Il a dit faire de la crise sa « priorité personnelle », en conservant la responsabilité de cet enjeu sous son égide ministérielle.
« Ça permet d’envoyer un message très clair dans la machine que, lorsqu’on demande de modifier des règles, de changer des règlements, on agit et on le fait rapidement », avait fait valoir Mme Marois.
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