Colombie-Britannique | Ouverture du procès inédit sur le climat intenté par des jeunes

(Vancouver) Le premier procès climatique mené par des jeunes de l’histoire du Canada s’est ouvert au tribunal fédéral du centre-ville de Vancouver, où 15 plaignants font valoir que la législation fédérale viole leurs droits constitutionnels en maintenant la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre.
Publié à
Brieanna Charlebois La Presse Canadienne
Catherine Boies Parker, qui représente les jeunes plaignants, a affirmé dans son exposé introductif que cette affaire ne porte pas sur l’existence du changement climatique, mais plutôt sur la question de savoir si le gouvernement est « constitutionnellement tenu de cesser d’aggraver la situation ».
Elle affirme que la Charte doit offrir aux jeunes un « certain degré de protection contre les actions de leur propre gouvernement », qui, selon elle, contribuent à la « plus grande menace pour la sécurité personnelle à laquelle l’humanité ait jamais été confrontée ».
Me Boies Parker s’attend à ce que le gouvernement affirme qu’il ne peut pas résoudre à lui seul le problème du changement climatique, mais elle a souligné qu’il a le pouvoir d’aggraver ou d’atténuer la situation.
Elle a rappelé que le Canada est conscient des effets du changement climatique depuis 1988, qu’il a « à maintes reprises reconnu » les dangers liés aux gaz à effet de serre et qu’il s’est engagé à réduire ses émissions.
Mais elle a ajouté que, malgré des décennies d’engagements internationaux et de promesses législatives, le Canada « a à maintes reprises omis de fixer des objectifs suffisants (et) a à maintes reprises omis d’atteindre ces objectifs insuffisants ».
Le procès a lieu environ sept ans après le dépôt initial de la plainte en 2019.
Me Bois Parker a déclaré à la cour que les effets du changement climatique s’étaient intensifiés depuis lors, citant la vague de chaleur de 2021 en Colombie-Britannique, la saison des incendies de forêt de 2023 qui a battu tous les records au Canada, les inondations et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes qui, selon elle, « ont causé des préjudices physiques et psychologiques ».
Elle a précisé que la cour entendra directement les jeunes ainsi que des témoins experts sur des questions telles que la science du climat, la santé des enfants, les énergies renouvelables, l’économie et les savoirs autochtones.
Le procès devrait se poursuivre jusqu’à la fin novembre, les plaidoiries finales étant prévues pour février.
Les 15 jeunes, originaires de 7 provinces et de 2 territoires, devraient témoigner sur la manière dont ils ont subi « des préjudices spécifiques directement liés à la conduite du gouvernement ».
Selon Catherine Bois Parker, ces préjudices comprennent des maladies respiratoires aggravées par la fumée des incendies de forêt, des déplacements dus à des conditions météorologiques extrêmes, des répercussions sur la santé mentale, notamment l’anxiété climatique, ainsi que la perte des liens culturels avec la terre, perdus à la suite de catastrophes climatiques.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.