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Sunday, November 8, 2026

Élections de mi-mandat : des Américains qui vivent au Canada espèrent un rapprochement

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Quand Lucia Lloyd a immigré au Canada en 2019, elle pensait s’être installée suffisamment loin des États-Unis du président Donald Trump.

Elle dit avoir déjà été bouleversée lorsque M. Trump est entré en fonction pour la première fois, en 2017, mais la nomination controversée de Brett Kavanaugh à la Cour suprême des États-Unis par le président, puis la confirmation du juge en dépit d’allégations d’inconduite sexuelle, ont été la goutte qui a fait déborder le vase.

Donc, c’est ce jour-là que j’ai commencé à me renseigner pour savoir si je pouvais déménager au Canada, et il s’est avéré que c’était la fin, a raconté Mme Lloyd, originaire de la Virginie et aujourd’hui prêtre dans une église anglicane de Bowmanville, en Ontario, à l’est de Toronto.

Depuis que M. Trump a lancé une guerre commerciale contre le Canada durant son deuxième mandat et a évoqué l’idée d’annexer le pays, Mme Lloyd se dit horrifiée par la façon dont le président traite son pays d’adoption et les Canadiens.

Le Canada n’a rien fait pour mériter ça, et il n’y a aucun avantage à faire ça, a-t-elle dit en entrevue. C’est juste la méchanceté personnelle de Trump, qui passe son temps à insulter des alliés, des partenaires commerciaux et des amis de ce côté-ci du lac Ontario.

C’est pourquoi Mme Lloyd s’est dite ravie de voir la victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat de mardi, qui, espère-t-elle, mettra un frein aux pouvoirs de M. Trump.

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Je ressens vraiment un énorme soulagement, a-t-elle dit, ajoutant que les résultats lui donnent aussi l’espoir que la relation entre le Canada et les États-Unis pourrait s’améliorer graduellement après presque deux ans de tensions accrues.

Mme Lloyd précise qu’elle est présentement au Canada grâce à un permis de travail, pendant que sa demande de résidence permanente est traitée, et qu’elle se considère chanceuse de ne pas avoir à craindre, contrairement à de nombreux immigrants aux États-Unis, d’être arrêtée dans la rue par des agents fédéraux masqués et placée dans un centre de détention.

Si les Canadiens ont accueilli favorablement la vague bleue au Congrès américain, plusieurs ont exprimé des doutes quant à la possibilité qu’elle rétablisse de sitôt leur confiance envers leur voisin.

Mme Lloyd dit comprendre absolument ce sentiment, vu l’ampleur des dommages causés par l’administration américaine actuelle.

Il reste encore beaucoup de travail à faire. Je pense que ça va prendre beaucoup de temps, a-t-elle indiqué, ajoutant que tant que M. Trump sera à la Maison-Blanche, le chemin vers la normalisation de ces liens ne sera pas facile.

Les propos de Mme Lloyd trouvent écho chez Kate Kitchen, née en Ohio, qui détient la double citoyenneté et vit à Peterborough, en Ontario. Elle croit elle aussi que la méfiance des Canadiens envers les États-Unis risque de persister dans un avenir rapproché.

Le paysage politique en mutation aux États-Unis la rend toutefois optimiste quant à la possibilité de réparer, à long terme, la relation économique et culturelle étroite entre les deux pays.

Je me dis que ce sont des gens dignes de confiance, intelligents et compatissants qui ont pris la relève à ces postes […] attendons de voir, mais je pense que les gens sont pleins d’espoir, a-t-elle dit.

Mme Kitchen dit être restée éveillée mardi jusqu’après minuit pour suivre les résultats des élections de mi-mandat, en particulier ceux de l’Ohio, où elle avait posté son bulletin de vote et fait un suivi pour s’assurer qu’il avait été reçu et comptabilisé.

Elle s’est dite sidérée, dans le bon sens de voir les démocrates remporter la Chambre des représentants et le Sénat avec une majorité qui rend la tâche difficile pour le président de pouvoir interférer.

Nous ne voulions pas nous faire trop d’espoir, mais mon Dieu!, a-t-elle lancé.

Matthew Lebo, politologue de l'Université Western, à London, en Ontario, dont les recherches portent sur la politique américaine, se dit plus optimiste aujourd’hui qu’il y a une semaine à la suite des résultats des élections de mi-mandat, mais il est trop tôt, selon lui, pour se réjouir de l’avenir de la relation canado-américaine.

Il y a deux ans, ils ont élu [Trump]. Mardi, ils ont évincé un tas de républicains, et je ne sais pas ce qu’ils vont faire dans deux ans, a-t-il dit.

Donald Trump s'entretient avec Mark Carney.

Donald Trump sera le président jusqu'en janvier 2029. Ses relations avec le premier ministre Mark Carney, à droite, sont tendues. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images

Selon M. Lebo, il faudra encore quelques élections pour savoir si les électeurs américains rejetteront massivement le racisme flagrant, les menaces envers les immigrants et la cruauté en politique.

Il affirme que la guerre tarifaire en cours est ce qui inquiète surtout les Canadiens.

Mais la question la plus importante, c’est de savoir si nous vivons ou non à côté d’une démocratie à part entière, a-t-il dit, ajoutant que les États-Unis sont en train de glisser vers un système autoritaire et que ça s’est accéléré sous Donald Trump.

Au sujet des pourparlers commerciaux, M. Lebo dit que même si certains démocrates ont historiquement été plus protectionnistes, il est possible qu’ils résistent aux droits de douane imposés par M. Trump sur les produits canadiens et qu’ils y parviennent.

Je pense qu’ils devraient être utiles. Ils vont essayer, a-t-il dit à propos des démocrates nouvellement élus au Congrès qui se sont prononcés contre les droits de douane ces derniers jours.

Mais ce sera encore Trump et les mêmes personnes qui négocieront avec le Canada, a-t-il affirmé. Ça va être deux années très conflictuelles […] au sein du gouvernement américain et peut-être encore entre le Canada et les États-Unis.

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