90 ans d’histoire de Radio-Canada en 10 moments forts

Le 2 novembre 1936, la Société Radio-Canada voyait le jour. Des grésillements des postes de radio à lampes aux écrans de nos téléphones intelligents, le diffuseur public a su évoluer au fil des décennies pour informer, divertir et faire rayonner la culture francophone d’un océan à l’autre.
Aujourd’hui l’histoire se plonge dans 90 ans de radio et de télé
De lundi à jeudi, l'émission de radio Aujourd’hui l’histoire, désormais diffusée sur ICI PREMIÈRE à 21 h 30, propose quatre émissions consacrées au 90e anniversaire de Radio-Canada, archives à l'appui.
L’épisode de ce lundi raconte la création de Radio-Canada. Les trois suivants portent chacun sur un thème : le rôle des femmes à la radio et à la télévision de Radio-Canada, la longue tradition d’émissions scientifiques et les émissions jeunesse ayant bercé les différentes générations.
Si l’animateur Maxime Coutié connaissait déjà bien l’histoire du diffuseur public, il a été surpris, en préparant ses émissions, d’entendre un reportage couvrant la visite du roi George VI au Québec en 1939. Pour l’occasion, Radio-Canada avait, deux ans avant la naissance de son service de nouvelles, déployé une équipe de correspondants sur le terrain.
On a l’impression d’écouter RDI, c’est étonnant de modernité dans le son et dans le ton
, explique Maxime Coutié.
2 novembre 1936 : Naissance de la Société Radio-Canada
Ce jour-là, la Société Radio-Canada se lance à l’assaut des ondes à partir de l’édifice King's Hall, dans le centre-ville de Montréal, succédant ainsi à la Commission canadienne de la radiodiffusion.
Cet ancêtre de Radio-Canada avait offert, de manière régulière à partir de 1933, un premier service de radio publique, diffusant des concerts, des pièces de théâtre, quelques événements sportifs ainsi que des bulletins de nouvelles rédigés par The Canadian Press et des prévisions météorologiques.
En 1936, 49 % des Canadiens seulement pouvaient entendre les six heures quotidiennes d’émissions de Radio-Canada s’ils étaient équipés d’un poste de radio.

Augustin Frigon (4e à gauche) et d'autres dignitaires devant l'émetteur de la station CBF à Verchères, lors de l'inauguration le 28 mai 1938.
Photo : Radio-Canada
À Montréal, la programmation offerte est bilingue. Il faut attendre le 11 décembre 1937 pour que CBF, la station 100 % francophone de Radio-Canada à Montréal, soit créée après l’installation d’un émetteur à Verchères.
La première voix qui parvient jusqu’aux oreilles des auditeurs est celle de Gérard Arthur, un pionnier de Radio-Canada.
3 octobre 1938 : Lancement du premier radioroman La pension Velder
Après avoir imaginé le tout premier feuilleton radiophonique québécois Le curé de village pour CKAC en 1935, Robert Choquette écrit La pension Velder, qui marque l’entrée de Radio-Canada sur le terrain du radioroman.

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Les années 1930 et 1940 constituent l’âge d’or des radioromans, dont l’un des plus gros succès radio-canadiens reste Un homme et son péché. Cette adaptation du roman de Claude-Henri Grignon a occupé les ondes de 1939 à 1962, avec Hector Charland en Séraphin Poudrier.
2 janvier 1941 : Création du service des nouvelles
Jusqu’en 1941, les nouvelles lues en ondes sont des traductions de dépêches de The Canadian Press livrées par messagers à vélo.
Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939, pouvoir compter sur son propre réseau d’information devient nécessaire pour Radio-Canada.

Pionnier de CBC/Radio-Canada, Marcel Ouimet a été envoyé sur le front en 1943 pour couvrir la Seconde Guerre mondiale.
Photo : Radio-Canada
C’est au reporter de guerre Marcel Ouimet, âgé alors de 25 ans, qu’est confiée la mission de mettre sur pied le service des nouvelles, dont il devient le premier rédacteur en chef. Sous sa houlette, six journalistes s’affairent à préparer les bulletins.
6 septembre 1952 : Radio-Canada fait ses premiers pas à la télévision
À la rentrée 1952, Radio-Canada inaugure sa première station de télévision CBFT Montréal, avec, à l’animation, Henri Bergeron, qui a été le premier annonceur embauché pour la télévision de Radio-Canada.
À l’époque, seulement 18 heures de programmation hebdomadaire sont proposées au public, en soirée et en version bilingue jusqu’en 1954. Et la grande région de Montréal ne compte que 7500 téléviseurs.
Le 7 septembre, les marionnettes de Pépinot et Capucine arrivent au petit écran. Première émission régulière de la télévision de Radio-Canada, Pépinot et Capucine signe surtout le début d’une longue et riche histoire en télévision jeunesse à Radio-Canada.

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L'animateur René Lecavalier, le réalisateur Louis Bédard et le commentateur sportif Michel Normandin à La soirée du hockey au Forum de Montréal, le 27 mars 1953.
Photo : Radio-Canada
Le 11 octobre 1952, les amateurs de hockey découvrent, avec un match opposant le Canadien de Montréal aux Red Wings de Détroit, La soirée du hockey, disparue des ondes en 2004. Jusqu’en 1968, seule la troisième période est diffusée par crainte de voir le public délaisser les gradins des arénas.
4 novembre 1953 : La famille Plouffe au petit écran
Déjà diffusée en radioroman depuis 1952, La famille Plouffe fait sa première apparition à la télévision à l’automne 1953 et s’installe dans le cœur des téléspectateurs jusqu’en 1959. L’émission est tournée en direct chaque mercredi soir.

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Premier téléroman de Radio-Canada, La famille Plouffe a ouvert la voie à d’autres téléromans populaires : Les belles histoires des pays d'en haut (1956-1970), Rue des Pignons (1966-1977), Le temps d’une paix (1980-1986), Les filles de Caleb (1990-1991), Virginie (1996-2010), L’auberge du chien noir (2003-2017)…
L’histoire de la fiction à la télévision de Radio-Canada a aussi été marquée par l’arrivée, le 9 septembre 1986, de Lance et compte, qui a révolutionné la manière de faire de la télévision au Québec.
22 mars 1954 : Les débuts du Téléjournal
Pierre Stein présente le premier Téléjournal avec l’annonceur Gaétan Montreuil à la narration pour les images d’actualité.
Avec ce nouveau rendez-vous, le diffuseur public entend faire davantage de place aux nouvelles de dernière heure.

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Incarnation du Téléjournal de 1970 à 1998 puis de 2004 à 2008, Bernard Derome a marqué des générations de téléspectateurs.
1er septembre 1966 : Passage à la couleur
La programmation de la télévision de Radio-Canada bascule progressivement dans la couleur : 50 % du temps le soir, et 25 % le matin et l’après-midi pour commencer. À l’époque, 1 % des foyers canadiens sont équipés d’un téléviseur couleur.
Symbole de cette révolution, un papillon déployant ses ailes multicolores apparaît à l’écran avant chaque émission en couleur.

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Dix jours plus tard, les téléspectateurs de Radio-Canada font connaissance avec une émission restée culte : Les beaux dimanches.
Tous les dimanches soirs jusqu’en 1983, Henri Bergeron invite le public à découvrir un concert, un spectacle, du téléthéâtre… En 2004, Les beaux dimanches sont remplacés par une autre émission devenue emblématique : Tout le monde en parle.

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31 décembre 1968 : Le premier Bye bye
Si la télévision de Radio-Canada se penche, depuis les années 1950, avec humour sur l’année écoulée, la revue humoristique de fin d’année prend le nom de Bye bye à partir de 1968.

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L’émission a réussi à traverser les années, bien qu’elle ait connu des pauses à la fin des années 1990 et dans les années 2000.
En 2018, le Bye bye, vu par 4 410 000 personnes, bat le record de cote d’écoute de l’histoire de la télévision québécoise, jusque-là détenu par un épisode de La petite vie diffusé le 20 mars 1995.
En 2020 et en 2023, le Bye bye sera regardé par un nombre encore plus grand de téléspectateurs, le Bye bye 2021 restant, à ce jour, l’émission la plus regardée de l’histoire de la télé québécoise.
1er janvier 1995 : RDI prend l’antenne
À 9 h, la première chaîne francophone d’information continue en Amérique entre en ondes avec un bulletin de nouvelles présenté par Geneviève Asselin.

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Geneviève Asselin a présenté le premier bulletin de nouvelles du Réseau de l'information le 1er janvier 1995 à 9 h.
Photo : Radio-Canada
Lancé avec fierté, le Réseau de l’information (RDI) ambitionne de couvrir en direct les événements dès qu’ils surviennent, mais aussi de mettre l’accent sur l’analyse.
Dès sa première année, un million de paires d’yeux sont rivées sur RDI, soit trois fois plus que les projections initiales.
Le 30 octobre de la même année, l’information se risque, pour la première fois, sur Internet en offrant une couverture web du référendum québécois de 1995 sur le site www.src.mtl.com.
Le diffuseur fera officiellement son grand saut vers le numérique, le 13 mai 1998, avec le lancement de www.Radio-Canada.ca.

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L'animatrice Pascale Nadeau présente le nouveau site web de Radio-Canada à l'adresse Radio-Canada.ca.
Photo : Radio-Canada
26 janvier 2010 : Dévoilement de TOU.TV
La plateforme TOU.TV, qu’on appelle maintenant ICI TOU.TV, est déployée avec 2000 heures de télévision gratuites alors que, trois ans auparavant, l’arrivée de la plateforme de diffusion en continu Netflix a fait entrer l’écoute d’émissions dans une nouvelle ère.
En mars 2010, la plateforme de diffusion en continu de Radio-Canada met en ligne sa première websérie originale : En audition avec Simon, créée, et en partie jouée, par Simon Olivier Fecteau.
Le 7 novembre 2019, le diffuseur public poursuit sa transformation numérique avec la création de Radio-Canada OHdio, qui met notamment en valeur ce qui est devenu une autre de ses forces : le balado.
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