Élections partielles : Jean-Pierre Blackburn refuse de blâmer Poilievre pour la défaite

L’ancien ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn croit que la victoire des libéraux dans Chicoutimi-Le Fjord est attribuable au contexte politique actuel lié à la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis. Il refuse de blâmer le leadership du chef Pierre Poilievre pour cette défaite.
Le libéral Daniel Gobeil a obtenu 51,3 % des voix pour l’emporter avec une avance de plus de 5800 votes sur la candidate bloquiste, Caroline Dubé. Le candidat du Parti conservateur du Canada, Régis Gaudreault, a pour sa part reçu 12,5 % des suffrages.
Les conservateurs détenaient la circonscription depuis l’élection de Richard Martel en 2018 lors d’une élection partielle. L’ancien entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi a démissionné de son poste de député pour accepter un poste comme sénateur au début du mois de juillet.
Pour Jean-Pierre Blackburn, qui a été député de Jonquière de 1984 à 1993, puis de Jonquière-Alma de 2006 à 2011, la fin des négociations entre le gouvernement Carney et l’administration américaine a été un tournant de la campagne électorale.

Le chef conservateur dresse un bilan positif du travail des huit dernières années de son parti dans Chicoutimi–Le Fjord.
Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Bourassa
Ça a complètement basculé. Ce n’était plus la même chose.Tout à coup, c'est comme si en même temps, les Canadiens dans un sentiment patriotique qu'on a, on se disait comment est-ce possible que le président américain nous fasse ça à nous, les Canadiens ?
Le pays ami, pays allié, nos deux économies sont interreliées, et tout à coup, ils essaient de nous porter un tort considérable. Pourquoi ? Et les Canadiens n'acceptent pas ça et on a raison, ce n’est pas acceptable
, a réagi l’ancien ministre sous le gouvernement Harper en entrevue à Radio-Canada, mardi.

L'ancien premier ministre Stephen Harper et l'ancien ministre du Travail Jean-Pierre Blackburn saluent la foule lors d'une célébration de la Fête nationale du Québec à Roberval, le dimanche 24 juin 2007 (Photo d'archives).
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissonnot
Il a d’ailleurs accompagné le candidat Régis Gaudreault à plusieurs reprises dans la campagne pour lui donner un coup de main. C’est lui-même qui avait suggéré au Parti conservateur de choisir l’avocat à la retraite comme candidat pour succéder à Richard Martel.
Ça aurait été moi, et je n’aurais pas gagné cette élection-là non plus, et ce, peu importe le candidat.
Jean-Pierre Blackburn, qui a été ministre du Travail, du Revenu national et des Anciens combattants pendant ses mandats avec l’ancien premier ministre Stephen Harper, estime que la fibre patriotique a pesé dans la balance.
Monsieur Carney, en se retirant de la table des discussions, c'est comme si tout à coup les gens voulaient signifier qu'ils sont Canadiens, qu'ils sont fiers d'être Canadiens, et qu'on veut pas que les Américains nous fassent ça et qu'on doit se tenir par rapport aux États-Unis [...]
Pas la faute du chef
Bien que le chef conservateur Pierre Poilievre connaisse une baisse dans les sondages récemment, M. Blackburn estime qu'il n'est pas le responsable de cette troisième position. Tout comme le chef libéral Mark Carney, le chef conservateur a visité la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord pendant la campagne.

L'ancien député Jean-Pierre Blackburn en compagnie du chef du du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, en 2024 (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux
Pour moi, je ne peux pas lui faire de reproches. Ce serait injuste de lui faire un reproche. Ce n’est pas à cause de monsieur Poilievre qu'on a perdu cette élection-là, c'est vraiment la question circonstancielle des discussions entourant les éléments de l'accord de libre-échange et les éléments des tarifs douaniers qui nous sont imposés en quelque sorte
, a affirmé Jean-Pierre Blackburn.
Il croit aussi que les sondages publiés en fin de campagne ont porté ombrage à la campagne du candidat conservateur.
Une offre impossible à refuser pour Martel
Jean-Pierre Blackburn a accepté de commenter le départ de Richard Martel, qui siégera au Sénat pour les dix prochaines années. Il a démissionné un peu plus d’un an après l’élection en avril 2025.

Richard Martel a fait le saut en politique en 2018.
Photo : Gracieuseté/Bernard Thibodeau
Qui aurait refusé une telle offre ? Vous êtes député, vous êtes près de votre retraite et, là, tout à coup, on vous propose d'être sénateur. C'était pour lui une offre qu'il ne pouvait pas refuser. Bien sûr, on peut dans un sentiment de dire que vous avez abandonné les électeurs, vous avez abandonné votre comté un an après avoir été élu, oui c'est tout vrai [...] Mais en même temps, être sénateur c'est un législateur. Alors pour moi, pour la région, Richard Martel, qui est sénateur au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il va pouvoir nous être utile à l'occasion dans certains dossiers.
Quant à l’impatience qui peut germer dans les rangs conservateurs en raison des trois défaites subies lundi soir, l’ancien politicien de 78 ans prône la patience en raison de la guerre commerciale.
Il faut suivre bien sûr ce qui se passe au niveau des discussions. Je dirais être capable d'être tout en étant en appui à notre pays, être capable aussi de bien analyser ce qui va se passer dans les échanges parce qu'à un moment donné, qu'est-ce qu'on cède? Il faut que ce soit aussi raisonnable et vendable et acceptable pour les Canadiens et pour les Québécois [...] Ils (les libéraux) ont été avantagés à cette élection-ci en se retirant, mais bientôt, il faut livrer la marchandise.
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