Le Québec compte plus de 2 millions de proches aidants

Près de 2,1 millions de Québécois assument des responsabilités de proche aidant, révèle l’Institut de la statistique québécoise (ISQ) dans sa première grande enquête sur le sujet, diffusée mardi. Un rôle gratifiant, mais souvent éprouvant.
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Des proches aidants qui s’ignorent
Vous avez apporté du soutien, de l’aide ou des soins à un proche durant les 30 derniers jours, à raison d’au moins une heure par semaine ? Vous ne l’avez pas fait contre rémunération ni pour un organisme bénévole ? Et vous êtes âgé d’au moins 15 ans ? Comme un Québécois sur quatre, vous avez joué un rôle de personne proche aidante, selon les critères de l’ISQ. Mais quand on demande aux proches aidants s’ils se considèrent comme tels, moins de la moitié (46 %) répondant par l’affirmative. Les autres répondent non (37 %) ou disent qu’ils ne le savent pas (17 %). Les femmes, plus nombreuses à assumer le rôle de proche aidant (30 % d’entre elles en sont, contre 25 % des hommes), sont aussi plus portées à se considérer comme telles (48 %, contre 44 % des hommes proches aidants).
Comme un deuxième emploi
La majorité des proches aidants travaillent à temps plein (50 %) ou partiel (10 %). Et ce n’est pas sans conséquence. Près de la moitié (44 %) ont dû interrompre une journée de travail, et plus du quart ont pris des congés non payés (29 %) ou diminué leur nombre d’heures (26 %). Par ailleurs, 12 % des proches aidants sont aux études, à temps plein ou partiel. Et parmi ces étudiants, un sur 10 a dû interrompre son parcours, temporairement ou définitivement.
La maison qui rend fou
La proche aidance comporte son lot de défis, dont certains rappellent la quête du laissez-passer A38 dans Les 12 travaux d’Astérix. Plus du tiers (36 %) des proches aidants « ont vécu au moins un défi administratif lié à leur rôle » dans les 12 mois précédant l’enquête, signale l’ISQ. Et parmi ceux qui consacrent plus de 10 heures par semaine à un proche, plus de la moitié se sont heurté à un « défi administratif » du genre. Les plus fréquents ? Trouver de l’aide et des ressources, s’orienter dans le système de santé et services sociaux, et communiquer avec les soignants et les services au nom du proche aidé.
L’impact du vieillissement
La proche aidance répond à une foule de besoins (déficience physique ou intellectuelle, troubles de santé mentale, convalescence, etc.) Reste que près des trois quarts des proches aidants (71 %) s’occupent de personnes d’au moins 65 ans. Et pour près de la moitié d’entre eux (40 %), c’est un de leur parent. « Dans un contexte marqué par le vieillissement démographique […] l’importance des enjeux liés à la conciliation travail-proche aidance pourrait s’accroître dans les prochaines années », souligne l’ISQ. Les aînés, toutefois, font plus que leur part. Près du tiers des 65 ans ou plus (28 %) assume un rôle de proche aidant, ce qui en fait le deuxième groupe le plus impliqué, après les 45 à 64 ans. Ils sont aussi les plus susceptibles d’assumer une lourde charge. Près de 15 % des proches aidants de 65 ans ou plus donnent au moins 20 heures par semaine, plus qu’aucun autre groupe.
Des ressources à connaître
Malgré les difficultés, près de 90 % des proches aidants disent que leur rôle leur apporte un sentiment de satisfaction personnelle. Par contre, la plupart des ressources pour les soutenir « demeurent peu connues », montre l’enquête. À peine la moitié des proches aidants connaissent les services d’aide à domicile. Et seulement le tiers est au courant de l’aide financière, du répit ou du soutien psychologique disponible. Les femmes, ainsi que les proches aidants qui se considèrent comme tels, sont cependant un peu plus portés à utiliser les ressources disponibles.
« Le réseau de la santé et des services sociaux fait partie de l’environnement “naturel” des [personnes proches aidantes] ; il est donc pertinent de mesurer à quel point elles s’y sentent à l’aise, comprises, reconnues et respectées », souligne l’ISQ.
Découvrez des ressources et services pour proches aidants
Méthodologie
Dans le cadre de son Enquête québécoise sur la santé et le bien-être des personnes proches aidantes (EQPPA) 2024-2025, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a recueilli les réponses de 18 608 participants âgés de 15 ans ou plus. Les répondants ont rempli le questionnaire sur le Web ou entrevue téléphonique durant la période du 18 octobre 2024 au 18 juillet 2025. En 2024-2025, 27 % de la population québécoise, soit 2 076 300 personnes de 15 ans et plus, a agi comme proche aidant, estime l’ISQ.
Consultez l’Enquête québécoise sur la santé et le bien-être des personnes proches aidantes
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