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Monday, September 28, 2026

Élections : les Premières Nations refusent d’être les grandes oubliées de la campagne

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Une coalition de chefs de Premières Nations et d’organisations s’est réunie lundi devant l’Assemblée nationale du Québec pour exhorter les cinq partis et le prochain gouvernement à accorder une plus grande place aux priorités autochtones.

La date n’est pas anodine. Le prochain gouvernement du Québec sera élu dans précisément une semaine, mais c’est surtout pour honorer la mémoire de Joyce Echaquan, décédée dans un hôpital de Joliette le 28 septembre 2020, que les chefs ont choisi cet après-midi pluvieux pour envoyer leur message aux différents chefs des partis qui aspirent au pouvoir.

Il s'agit d’un choix et non pas d’un simple oubli, lance le grand chef de la Nation Wendat, Pierre Picard, concernant la place accordée aux enjeux autochtones pendant la campagne électorale.

Depuis le début de cette campagne, les chefs parlent d'économie, d'énergie, de logement, d'itinérance, d’immigration, d’identité ou de développement, ajoute-t-il. Quand avez-vous entendu parler sérieusement et de manière soutenue des Premières Nations?

C’est le quasi-silence, dénonce-t-il, comme si nos droits pouvaient attendre après l'élection.

Principe de Joyce

Les chefs s’entendent tous sur une revendication précise auprès du prochain gouvernement : l’adoption du Principe de Joyce. Malgré les enquêtes, les rapports, les témoignages, le gouvernement du Québec refuse toujours de reconnaître l'existence du racisme systémique, dénonce le conseiller élu au Conseil des Atikamekw de Manawan, Ghilsain Quitich.

Le gouvernement doit arrêter de détourner le regard, ajoute la cheffe du Conseil de la Première Nation Abitibiwinni, Chantal Kistabish, qui demande des accès sécuritaires aux services, exempts de discrimination et culturellement adaptés.

À cet égard, la présidente de Femmes autochtones du Québec, Marjolaine Étienne, revendique l’adoption de la recommandation générale #39 du 31 octobre 2022 des Nations unies, qui vise notamment l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes autochtones.

L’endroit choisi par les chefs ne relève pas non plus du hasard.

D’abord, parce que l’Assemblée nationale constitue un territoire autochtone non cédé, rappelle le directeur général du Réseau jeunesse des Premières Nations Québec-Labrador, Jay Launière-Mathias, 32 ans.

Il y a toutefois une autre idée derrière le symbole.

Le Québec de demain se façonne derrière nous via des projets de loi. Chaque parti est venu s'adresser à la FQM la semaine dernière [et a fait des propositions] au niveau financier et législatif. Donc au-delà de dire "on va construire des partenariats, quels outils allez-vous prendre pour mettre ça concrètement en oeuvre?" L’un de ces outils-là est derrière nous, indique le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Francis M. Francis Verreault-Paul, en faisant référence à l’Assemblée nationale.

Le chef du Conseil de la Nation Anishnabe du Lac Simon, Lucien Wabanonik, a quant à lui soulevé des questions quant à la protection du caribou. Il est protégé par une loi fédérale, mais qu'attend le Québec pour mettre en œuvre un plan d'aménagement avec nous? On a des solutions, mais on a parlé avec des gens qui font la sourde oreille, déplore-t-il.

Concernant la question de l’indépendance du Québec, le chef du Conseil de la Première Nation des Innus Essipit, Martin Dufour, a tenu à rappeler que nos peuples et nos nations sont souverains et n'ont jamais cédé leur territoire. M. Dufour soutient que les chefs ont interpellé l'ensemble des partis pour avoir des rencontres, mais personne ne nous a répondu.

On est tous d'accord sur une chose : c'est un manque de respect total des partis pendant la campagne.

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