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Tuesday, November 3, 2026

Féminicide en 2024 à Montréal | Il s’est acharné sur sa femme enceinte, parce qu’il ne voulait pas d’enfant

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« J’ai tué ma femme », dit l’assassin, au 911, avec un calme désarmant. « Avec des coups de couteau. J’étais énervé et je l’ai tuée », ajoute-t-il. Incapable de supporter l’arrivée d’un enfant dans sa vie, Mustapha Khalil Mechken a assassiné sa femme enceinte en 2024 à Montréal.

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« Je ne veux pas m’occuper de mon petit. »

C’est ce que Mustapha Khalil Mechken a recherché sur Google, le 21 janvier 2024. Une semaine plus tard, il a massacré sa femme de 49 coups de couteau, dont une trentaine au ventre. Narjes Ben Yedder était endormie sous les draps ce matin-là, dans le domicile familial de la rue Sherbrooke, dans l’est de Montréal.

Mardi, à l’ouverture de son procès devant jury, l’homme de 45 ans a plaidé coupable à un chef réduit de meurtre au second degré. Les parties ont suggéré l’imposition d’une peine très importante : prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 22 ans. Le juge rendra sa décision la semaine prochaine.

Appel au 911 après le meurtre de sa femme

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« Je partage votre peine. Je partage votre effroi également à la lecture des circonstances [du crime] », a affirmé le juge Marc-André Blanchard, en s’adressant avec empathie aux proches de la victime dans la salle d’audience du palais de justice de Montréal.

Dans le box, le tueur est resté de marbre pendant toute l’audience.

Recherche d’héritage

PHOTO TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK DE MUSTAPHA MECHKEN

Mustapha Mechken

De l’extérieur, Mustapha Khalil Mechken et Narjes Ben Yedder semblaient filer le parfait bonheur. La femme de 32 ans était enceinte de 10 semaines de leur premier enfant. De plus, ils s’apprêtaient à acheter un condo dans le quartier Pointe-aux-Trembles. Leur offre d’achat avait été acceptée.

Le couple s’était marié deux ans plus tôt, avait confié à La Presse une amie de la victime à l’époque.

Or, en janvier 2024, Mustapha Khalil Mechken se livrait à de troublantes recherches en ligne sur les avantages découlant de la mort de sa femme : « Puis-je hériter le compte bancaire de mon épouse Canada », « Qu’arrive-t-il des biens si mon conjoint ou ma conjointe décède », « Peut-on hériter du CELI REER de l’épouse ».

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Rassemblement à la mémoire de Narjes Ben Yedder en janvier 2024

Également, le tueur fouillait le web pour en apprendre plus sur les signes de « burn out », le trouble compulsif et les pensées intrusives.

Mustapha Khalil Mechken n’était visiblement pas chaud à l’idée d’avoir un enfant. Quand sa femme lui a annoncé qu’elle était enceinte, il lui a dit qu’il n’était pas prêt. Il était d’ailleurs nerveux à l’idée que sa femme soit en congé de maternité, en raison de la baisse de revenu familial que cela entraînerait.

Également, dans les jours précédant le meurtre, l’homme disait regretter l’achat du nouveau condo et songeait à retourner vivre en Tunisie.

Le matin fatidique, Mustapha Khalil Mechken a pris deux très longs couteaux dans la cuisine et s’est acharné sur le corps de sa femme, endormie dans leur lit. Dans le rapport de la pathologiste, on peut voir à quel point les coups sont concentrés au niveau du ventre.

Durant l’appel au 911, le tueur décrit calmement avoir poignardé sa femme « dans le ventre, partout en fait ». Il précise qu’il ne l’a pas tuée à la suite d’un conflit.

Les proches de Narjes Ben Yedder s’adresseront au tribunal mardi prochain dans le cadre des audiences sur la peine.

En mêlée de presse, le procureur de la Couronne, Me Pierre-Olivier Bolduc, a évoqué « l’extrême violence des gestes », comme facteur aggravant.

Me Mélanie Brochu et Me Émilie Serdakowski défendent le délinquant.

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