Inde: la mobilisation pour «sauver la démocratie» se poursuit et promet de grandir encore

La colère ne faiblit pas en Inde. Pour le quatrième jour consécutif ce lundi, la rue se mobilise pour « sauver la démocratie », alors que la journée de dimanche a déjà été intense, notamment dans la capitale. Avec comme cible de la contestation le chef de la Commission électorale, Gyanesh Kumar, toujours soupçonné d'avoir orchestré la suppression de 130 millions d’inscrits sur les listes électorales à l'avantage du BJP de Narendra Modi.
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À New Delhi, l'appel à la démission du chef de la Commission électorale, Gyanesh Kumar, résonne avec force et émotion. Et la répression policière et les centaines d'interpellations du week-end n'ont pas brisé l'élan des manifestants. En tout cas pas celui de Monjima, une étudiante de 24 ans. Elle juge que l’avenir démocratique du pays est en péril. « Le processus électoral chez nous est truqué depuis un moment. Des électeurs sont radiés, des gens sont discriminés. Leurs voix ne comptent plus. L'institution suprême censée être impartiale pour chaque citoyen est totalement biaisée », s'alarme la jeune femme.
Au fil des jours, les révélations alimentent les soupçons de fraude du pouvoir. Une dérive qui pousse Sunil Kumar, ingénieur, à descendre dans la rue : « La Constitution est bafouée, et ce depuis 2014. Cela nous attriste profondément. C'est pour cela que nous manifestons, pour sauver la démocratie et l'avenir de nos enfants. Descendre dans la rue est notre droit démocratique », s'exclame-t-il.
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À New Delhi, la contestation s'exprime avec force et émotion
Abdoollah Earally
La semaine à venir entre bataille judiciaire et intensification de la mobilisation
Si le pouvoir évoque une simple « mise à jour technique », l'opposition continue de crier à la « fraude électorale massive », après la suppression de 130 millions d'Indiens des listes électorales. Depuis, un vent de contestation souffle dans le pays et le mouvement a vocation à se durcir, au vu des rassemblements programmés.
Après quatre jours de manifestations ininterrompues, ce lundi marque déjà une nouvelle étape. La bataille se déplace sur le terrain de la justice. La Cour suprême doit examiner deux requêtes urgentes : le gel de la décision qui a rayé de la carte électorale plus de 13 % des Indiens et le début d'une enquête criminelle contre le chef de la Commission électorale. Dimanche déjà, un juge de la Cour suprême a publiquement fustigé cette exclusion en masse d’électeurs. Pour lui, c’est une mesure « arbitraire » de la Commission électorale et une « violation de la Constitution indienne ».
Simultanément, la riposte politique et populaire s’organise. La coalition d’opposition annonce pour mardi une marche nationale vers la Commission électorale. De son côté, le mouvement satirique de la Gen Z, le Parti des Cafards, multiplie ses actions. Après sa démonstration de force à Bombay vendredi, il a promis une mobilisation à Delhi en fin de semaine. Les mouvements étudiants, eux, restent en première ligne. Malgré des arrestations massives — plus de 1 500 à ce jour —, la jeunesse refuse de quitter la rue.
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