Le premier journal à la radio a 100 ans...et il était belge

Dès le lendemain de la première diffusion, le présentateur innove encore en réalisant la première interview radio en direct, avec l’écrivaine Colette. Ce journal parlé de 30 minutes fait sensation et répond visiblement à une demande.
"Pendant très très longtemps, le journalisme, c’était la presse écrite", explique Philippe Caufriez, historien des médias et grand passionné de radio. "Ce qu’a apporté Fleischmann et d’autres, c’est de faire de l’information en radio". Il apporte une précision importante : dès le 3 novembre 1925, la France avait déjà tenté l’expérience d’un journal parlé, dirigé par l’écrivain et journaliste Maurice Privat. Mais le format était radicalement différent : l’émission durait près de deux heures, et les intervenants se succédaient au micro au gré de leurs moyens de transport et de leurs retards. "On pouvait passer du théâtre à la politique étrangère et puis le sport. Ça n’avait aucun ordre", résume Philippe Caufriez. L’invention de Théo Fleischman, c’est d’abord "une structuration du journal" : On commence par les nouvelles de Belgique, puis de l’étranger, et on met plutôt vers la fin du journal le culturel. L’autre apport fondamental : c’est le format. "Le format d’une demi-heure qui va devenir aussi le format de journal télévisé", insiste Philippe Caufriez. Théo Fleischman sera donc invité à donner des conférences à l’étranger. Sa formule s’exporte.
Quelques années plus tard, en 1930, les antennes de Radio Belgique s’éteignent. Son modèle économique, fondé sur la publicité, a atteint ses limites. L’INR, l’Institut National de Radiodiffusion, est créé à quelques centaines de mètres de là, place Flagey. C’est la naissance de la radio publique, et le début d’une nouvelle carrière pour le pionnier Théo Fleischman, qui deviendra directeur des émissions parlées en français, et marquera les premières années de la radio publique belge.
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