Budget bruxellois : un coup de com' pour le PS ? "Ce sont vos enfants qui vont payer", selon Dorian de Meeûs

Le ministre-président bruxellois, Boris Dilliès (MR), a annoncé de grosses économies au sein de l’administration. Le gouvernement devrait notamment une pause sur les embauches et pas de remplacement systématique des départs à la retraite. Il souhaite aussi réformer sa fiscalité automobile, proposer des prêts à taux zéro pour la rénovation des habitations, diminuer l’impôt des personnes physiques et doubler la prime Be Home pour les propriétaires occupants. L’objectif serait de ramener le déficit à 719 millions d’euros, contre 1,3 milliard cette année.
Mais selon Dorian de Meeûs, de nombreuses dépenses ont été transformées en investissements, ce qui permettrait de cacher certaines dépenses publiques : "On a surutilisé le code 8, qui permet de mettre une dépense comme un investissement. Or, le logement social, Vivaqua, est-ce qu’on peut réellement parler d’investissements ? Ça reste de l’endettement". Il salue néanmoins les efforts réalisés sur la fonction publique : "Là, il y a quand même quelque chose de courageux".
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Pas d’indexations dans plusieurs domaines à Bruxelles : un cadeau empoisonné ?
Le rédacteur en chef de La Libre dénonce néanmoins les "cadeaux" sur l’indexation, notamment sur la propreté. Alors que le prix des sacs-poubelles augmente en Wallonie, ça ne sera pas le cas à Bruxelles. Un cadeau empoisonné qui s'ouvrira plus tard selon lui : "À un moment donné, on l’a vu avec le minerval, on n’indexe pas pendant quinze ans, et en une fois, c’est la catastrophe et tout le monde râle. Une indexation légère, tous les ans, est assez normale".
Selon lui, le discours s’oriente énormément sur les aides accordées, mais pas la façon dont l’argent sera trouvé. Ce contraste est assez saisissant par rapport aux mesures annoncées par la région flamande : "C’est excessivement gênant de voir qu’en Flandre ils font des efforts considérables, allocations familiales et autres, alors que chez nous, là on a un gros problème de déficit, on continue à avoir un déficit important. Ce n’est pas compliqué, ce sont vos enfants qui vont payer ça, ce n’est pas nous aujourd’hui".
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Un coup de com’ pour le PS ?
Pour Martine Dubuisson, il est difficile de voir où les économies seront effectivement réalisées. Le budget relève pour l’instant plus de promesse que de chiffres réels : "C’est devenu une habitude les dernières années. On insiste sur le positif, par exemple les aides qu’on va accorder pour la rénovation énergétique, ou on insiste sur ce qu’on n’a pas fait et qu’on aurait pu faire qui aurait fait mal […]. Mais dire comment on va aller vraiment chercher l’argent, où ça va faire mal, ça, on n’en parle pas trop".
Les mesures annoncées semblent avant tout permettre aux partis de la majorité de peaufiner leur communication. Pour Dorian de Meeûs, c'est notamment une façon pour le Parti socialiste de capitaliser sur Bruxelles, seul niveau de pouvoir où il ne se trouve pas dans l'opposition : "Ils peuvent dire 'regardez, on n’a pas touché au statut BIM, on n’a pas touché au tarif de la STIB, on n’a pas touché aux allocations familiales, on n’a pas touché à certains budgets, à ACS, etc.' Évidemment, c’est très bien, c’est-à-dire qu’avec le Parti socialiste au pouvoir, on fait moins mal aux citoyens".
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast de Matin Première.
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