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Friday, October 23, 2026

Cinq choses à retenir du référendum albertain

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Le référendum en Alberta a continué de surprendre avec ses résultats, quelques jours après sa tenue. Certaines réponses ont basculé vers le « non » jeudi, laissant la première ministre Danielle Smith avec un « pétard mouillé » entre les mains, estime une experte. Que faut-il comprendre de ce basculement ? Décryptage.

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Quels sont les nouveaux résultats ?

Quatre questions ont basculé dans le « non ». Elles demandaient aux électeurs s’ils souhaitaient que l’Alberta fasse des démarches, de concert avec d’autres provinces, pour modifier la Constitution canadienne afin de rapatrier certains pouvoirs au niveau provincial. Sur le plan de l’indépendance, rien n’a bougé : près de 75 % des Albertains disent non au projet d’indépendance. La moitié des questions du référendum concernaient l’immigration et le mandat est clair de ce côté aussi. Les Albertains veulent que le gouvernement provincial contrôle davantage l’immigration, notamment en la ramenant à des « niveaux plus viables ».

Pourquoi les résultats ont-ils changé ?

D’abord parce que beaucoup de temps est nécessaire pour dépouiller les votes d’un référendum à dix questions. Aussi, il aurait été « extrêmement surprenant » de voir le « oui » remporter les questions sur la Constitution, comme l’indiquaient les premiers résultats, affirme Stéphanie Chouinard, professeure en science politique au Collège des Forces canadiennes de Toronto. Avec ces questions, Danielle Smith semble plutôt avoir voulu démontrer le « mécontentement des Albertains à l’égard de la relation de la province avec le gouvernement fédéral », propose Mme Chouinard. « Soit les Albertains ont vu clair dans son jeu, soit ce mécontentement vis-à-vis la structure fédérale était surfait. »

Que fera la première ministre de ces résultats ?

PHOTO JEFF MCINTOSH, LA PRESSE CANADIENNE

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith.

Avec ces résultats, la première ministre n’a ni plus ni moins qu’un « pétard mouillé » entre les mains, estime Stéphanie Chouinard. Seul le mandat en matière d’immigration est clair pour Danielle Smith. « On risque de la voir s’accrocher à ce mandat-là » et tenter de décrocher des victoires sur le sujet « pour démontrer à ses partisans qu’elle est capable de livrer la marchandise », suggère la professeure. Avec les élections provinciales en 2027, les prochains mois seront déterminants pour la première ministre, au pouvoir depuis 2022.

Comment le référendum affectera-t-il le reste du mandat de Mme Smith ?

En 2024, son leadership était presque incontesté auprès des membres de son parti dans un vote de confiance à l’assemblée générale annuelle du parti. Toutefois, ça pourrait ne pas être le cas cette année, soutient la professeure. « Ce n’est pas clair si elle va passer le test d’un vote de confiance », dit-elle. Avec sa position « tiède » en faveur du fédéralisme, elle s’est mis à dos autant les séparatistes que les fédéralistes pendant la campagne référendaire, soutient-elle. Les membres de son propre parti pourraient lui demander de quitter fin novembre, lors de l’assemblée générale annuelle, moins d’un an avant les élections provinciales.

Quelle leçon le gouvernement fédéral peut-il en tirer ?

« Que le noyau dur séparatiste en Alberta demeure une force marginale », dit Mme Chouinard. Le premier ministre Mark Carney avait essuyé des critiques pour son manque d’implication dans le camp fédéraliste durant la campagne référendaire. Mais Stéphanie Chouinard estime que c’était une stratégie du gouvernement fédéral de « ne pas donner trop d’oxygène ni trop de crédibilité » au mouvement. Une stratégie payante, puisqu’à peine le quart des Albertains a voté en faveur du projet d’indépendance. Dans les grandes villes de la province, comme Calgary et Edmonton, le « non » l’a largement emporté à plus de 80 % dans certaines circonscriptions.

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