Centre de services scolaire de Montréal | Vers la fin des blocages d’horaire pour les examens de fin d’année

Bien qu’il se dise conscient du phénomène de fatigue qui s’installe en juin, et qu’il convient (à mots couverts) que l’assiduité des élèves pourrait en pâtir, le centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) est en voie de mettre fin à la pratique consistant à bloquer des plages horaires pour les examens maison de fin d’année.
Publié à
Le CSSDM s’apprête vraisemblablement à imiter d’autres centres de services qui ont aboli l’année dernière les sessions d’évaluations dans leurs écoles secondaires.
« L’intention est que le recours aux levées de cours, aux libérations d’élèves et aux blocages d’horaire liés aux évaluations locales soit graduellement réduit, puis éliminé », écrit-on dans un document interne daté du 3 novembre.
Pour précision, il n’est pas question ici des épreuves ministérielles, dont les modalités de passation sont régies par le ministère de l’Éducation nationale, mais bien des examens prévus au cursus d’apprentissage des enseignants.
Le CSSDM plaide que ces « améliorations vis[e]nt à tirer pleinement profit des 180 jours de services éducatifs prévus au Régime pédagogique de la formation générale des jeunes ».
À la toute fin du document de huit pages, on a inclus un lien vers l’avis de la protectrice régionale de l’élève du CSS de Portneuf, dans la région de la Capitale-Nationale.
Celle-ci a remis en question la pratique de longue date, sous prétexte qu’au moins 180 jours doivent être consacrés aux services éducatifs en vertu du Régime pédagogique.
Le CSSDM y fait référence dans son document : « L’organisation scolaire devra permettre en tout temps le maintien des services éducatifs prévus au Régime pédagogique, notamment les 25 heures de services éducatifs par semaine ».
L’échéancier proposé par le CSSDM
- 2026–2027 : aucune évaluation locale en blocage d’horaire pour les élèves de l’accueil, du 1er cycle, du parcours de formation axée sur l’emploi (PFAE) et de l’adaptation scolaire ;
- 2026–2027 : réduction progressive du recours aux blocages d’horaire liés aux évaluations locales pour les élèves du 2e cycle, en prévision de leur élimination en 2027-2028 ;
- 2027–2028 : élimination des blocages d’horaire liés aux évaluations locales pour les élèves du 2e cycle.
Source : document synthèse du CSSDM, Organisation des 180 jours de services éducatifs au secondaire
Le réaménagement, qui fait actuellement l’objet de consultations, ne se fera pas sans heurts, reconnaît le plus important centre de services du Québec.
« Y a-t-il un risque de surcharge ou de fatigue en fin d’année ? », lit-on dans la section Questions fréquentes de ce guide produit à l’intention de son personnel scolaire.
Extraits de la réponse du CSSDM à sa propre question : « La fatigue de fin d’année est bien connue », et l’« évolution des pratiques invite plutôt les milieux à mieux répartir les situations d’apprentissage ».
Le risque de l’absentéisme
Aux parents, on demande d’« encourager leurs enfants à demeurer engagés et à fréquenter l’école avec assiduité jusqu’à la fin de l’année scolaire ».
La présence des élèves, « surtout en fin d’année, représente un défi réel », mais puisqu’elle est obligatoire jusqu’à la fin du calendrier scolaire, « les absences devront être motivées selon les modalités habituelles », est-il précisé.
Aux écoles, on demande de « proposer des activités pédagogiques, des projets ou d’autres initiatives significatives », afin d’assurer la prestation de services éducatifs.
« Cette démarche vise justement à maintenir des activités pédagogiques et des services éducatifs significatifs jusqu’à la fin du calendrier scolaire afin que chaque journée conserve une valeur éducative », plaide le CSSDM.
Ajuster au lieu d’abolir
La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) réserve un accueil pour le moins mitigé aux velléités de changement exprimées dans le document.
« Il y a une volonté claire d’un centre de services scolaire – un autre – d’abolir complètement les sessions d’examen », déplore la vice-présidente à la vie pédagogique France-Dominique Béland.
L’élimination pure et simple de ces séances à large échelle à partir du seul avis d’une protectrice régionale de l’élève est malavisée, estime-t-elle.
« Ça part d’un cas spécifique […] où il y avait quand même non-respect du Régime pédagogique. On comprend qu’il y avait des ajustements à faire. Mais éliminer parce que c’est compliqué… on est ailleurs », lance la syndicaliste.
Ultimement, il devrait revenir aux enseignants, et non « à des gestionnaires dans des bureaux », de déterminer ce qui est le mieux pour les élèves qui leur sont confiés, soutient-elle.
Cela dit, dans son nouveau bureau de ministre de l’Éducation nationale, Joël Arseneau pourrait bien, lui, s’en mêler, dit France-Dominique Béland.
« Les centres de services commencent à bouger là-dessus, alors ce serait préférable qu’il regarde la situation avant qu’il soit trop tard. Nous, on est très ouverts à le rencontrer s’il veut en discuter », affirme-t-elle.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.