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Saturday, August 15, 2026

Taïwan simule une invasion chinoise qui comprend des pannes du réseau cellulaire

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Les exercices annuels Han Kuang se sont terminés vendredi après une combinaison de manœuvres militaires, de mobilisation de réservistes et d'exercices de défense civile.

Pour la première fois, les autorités ont volontairement ralenti le réseau Internet mobile afin de simuler une attaque chinoise contre les infrastructures de communication.

Les citoyens ont dû se réfugier dans des abris antibombes et vivre sans Internet mobile pendant 30 minutes sous peine d’amende.

Pour Kitsch Liao, directeur adjoint du Global China Hub de l’Atlantic Council, ces perturbations constituent un élément important des exercices.

Les gens vivent en supposant que leur connexion sera toujours là, surtout dans une grande ville comme Taipei. Cette dépendance les rend vulnérables.

L’analyste estime que les exercices doivent permettre à la population de développer des réflexes avant qu’une véritable crise ne survienne.

Passer de la démonstration à la simulation

La volonté de reproduire les conditions d’un conflit a été au cœur de ces exercices suivis attentivement par les organismes internationaux, dont le bureau commercial du Canada, qui est l’ambassade de facto.

Des soldats ont défendu le pont Danjiang, un axe stratégique permettant d’accéder à Taipei à partir de la côte nord, des réservistes ont tiré à balles réelles et des véhicules blindés, des navires et un sous-marin ont été déployés dans différents secteurs de l’île démocratique autonome que Pékin menace de prendre de force.

Cinq soldats pointent leur arme sur une cible.

Des soldats participent aux exercices militaires annuels Han Kuang à Yilan, dans le nord-est de Taïwan, le 10 août.

Photo : La Presse canadienne / Chiang Ying-ying/AP

À Kaohsiung, dans le sud de Taïwan, le président Lai Ching-te est allé observer des exercices de défense côtière mettant en scène des embarcations d’assaut, des drones de reconnaissance et des drones offensifs.

La marine et les garde-côtes ont également simulé l’escorte d’un navire marchand dans le cadre d’un scénario de blocus.

Les exercices militaires Han Kuang sont moins une démonstration de puissance qu’un test de la capacité de Taïwan à continuer de se battre, de gouverner et de faire fonctionner la société sous pression, a affirmé Nikkei Asia Marcin Jerzewski, directeur du bureau de Taïwan du Centre européen des valeurs pour la politique de sécurité.

La guerre au-delà du champ de bataille

Les exercices de résilience urbaine ont également mis à contribution les autorités civiles, les services d’urgence, les hôpitaux et certaines entreprises.

La grande nouveauté de ces exercices a été le ralentissement volontaire du débit Internet mobile pendant 30 minutes.

La connectivité est devenue un enjeu central. En entrevue à TaiwanPlus, Dmitri Alperovitch de l’organisme américain Silverado Policy Accelerator a affirmé que Taïwan doit renforcer ses réseaux mobiles, terrestres et satellitaires.

L’Internet est une ressource vitale. Rien, à part peut-être l’eau et l’électricité, n’est plus essentiel, a soutenu Dmitri Alperovitch.

Pékin exerce une pression constante sur Taïwan et les autorités taïwanaises cherchent à se préparer non seulement à une invasion, mais aussi à des opérations dites hybrides, dont des cyberattaques, des campagnes de désinformation, des pressions économiques et différentes tentatives d’influencer l’opinion publique.

Pour l’instant, Taïwan travaille sur les bases. Mais la vraie question est de savoir ce qui lui permettrait de gagner une guerre, a dit Kitsch Liao, en entrevue à Radio-Canada.

La réponse, selon lui, ne repose pas uniquement sur les armes.

Elle dépend aussi de la capacité de la population à conserver sa confiance, sa capacité d’organisation et sa volonté de résister lorsque les communications, les infrastructures et les institutions sont soumises à une pression maximale.

Le centre de gravité de tout le conflit à Taïwan, et les États-Unis le savent depuis 20 ans, c’est la volonté de se battre, et cette volonté appartient à la population, pas à l’armée, croit l'analyste Kitsch Liao.

L’analyste estime que Taïwan doit faire davantage de progrès et que l’armée doit être plus transparente avec la population dans un contexte politique polarisé.

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