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Wednesday, October 7, 2026

Espagne : comment la crise du logement paralyse une économie pourtant florissante ?

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C’est le paradoxe espagnol : les indicateurs macroéconomiques s’améliorent, mais le quotidien d’une partie des ménages se dégrade.

La cause principale remonte à 2008. La crise financière a brisé le secteur de la construction, qui ne s’en est jamais vraiment remis. L’année dernière, un peu moins de 100.000 logements ont été livrés en Espagne. Pour mesurer l’écart, au sommet de la bulle immobilière des années 2000, on en construisait près de 600.000 par an. Pendant ce temps, la population, elle, n’a pas cessé de croître. Madrid seule a gagné 12% d’habitants en dix ans.

L’effet de ciseaux : des salaires à la traîne, des loyers qui s’envolent

Moins de logements, plus d’habitants, et des revenus qui n’ont pas suivi. Un Espagnol gagne aujourd’hui 35% de plus qu’il y a dix ans en termes nominaux. Mais selon l’OCDE, en tenant compte de l’inflation accumulée et des crises successives, sa capacité réelle à acheter des biens de consommation courante n’a progressé que de 4% en 30 ans.

Le résultat est mécanique : le coût de l’accès au logement, à l’achat comme à la location, a augmenté deux à trois fois plus vite que les salaires. Les ménages espagnols consacrent aujourd’hui en moyenne 40% de leurs revenus nets pour se loger. Et le filet de sécurité est quasi inexistant : le logement social ne représente que 1,3% du parc immobilier espagnol, contre 6% en Belgique et 34% aux Pays-Bas.

Les jeunes et Airbnb : deux symboles d’une crise qui s’emballe

Les jeunes sont en première ligne. L’accession à la propriété est devenue presque inatteignable pour les 18-34 ans, et le taux de propriétaires dans cette tranche d’âge a reculé au fil des décennies. Mais la pénurie ne s’explique pas seulement par des facteurs structurels.

Les plateformes comme Airbnb et les fonds d’investissement sont accusés d’aggraver la situation en rachetant des biens immobiliers et en réduisant mécaniquement l’offre disponible pour les habitants. L’immobilier espagnol a, ces dernières années, suivi les lois financières mondiales, au détriment des locataires et des primo-accédants.

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