Le président général du SFPQ démissionne au milieu d’une crise

Alors qu'une crise liée à des cas de harcèlement secoue le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), son président général, Christian Daigle, démissionne par crainte de devenir une source de distraction.
Comme vous le savez certainement, les derniers mois ont profondément éprouvé notre organisation. Dans les circonstances actuelles, je considère que la poursuite de mon mandat risque de détourner le SFPQ de sa mission première, tout comme l'attention de nos enjeux, ce qui nuirait aux membres et à la cause qu’il défend
, écrit M. Daigle dans une lettre que le syndicat a envoyée à ses membres lundi.
L’annonce de son départ survient trois mois et demi après qu’il a été relevé provisoirement de ses fonctions par l’exécutif national du SFPQ pour des motifs qui n’ont toujours pas été rendus publics.
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Christian Daigle affirme que sa décision de quitter ses fonctions, qu’il occupait depuis 2016, a été mûrement réfléchie et que sa démission devient effective immédiatement.

Le SFPQ représente environ 40 000 fonctionnaires du gouvernement du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Je prends cette décision dans l’intérêt du syndicat et pour ses membres, afin de permettre au SFPQ de préserver sa capacité d’action, son unité et de concentrer ses énergies à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs qu’il représente
, explique-t-il.
Crise de harcèlement
Les derniers mois n’ont pas été de tout repos au SFPQ. L’organisation est traversée par une crise depuis qu’une arbitre du travail a conclu que le syndicat avait fait subir du harcèlement psychologique à trois de ses employées.
Les conduites vexatoires reprochées à des dirigeants du SFPQ incluent des propos et des comportements intimidants
, méprisants
et abusifs
, ainsi que des sanctions disproportionnées, allant de la suspension au congédiement.
Dans une sentence arbitrale rendue le 27 mars, l’arbitre du travail Maureen Flynn avait conclu que le SFPQ, en tant qu’employeur, avait pris part à du harcèlement psychologique en acceptant, en toute connaissance de cause, l’imposition de mesures disciplinaires et administratives déraisonnables
.

L'arbitre du travail Maureen Flynn a reproché au SFPQ d'avoir pris à l'égard de trois de ses employées des mesures administratives «qu'il savait ou devait savoir blessantes et humiliantes dans les circonstances». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Louis Gagné
Dans les semaines ayant suivi la sentence, Christian Daigle s’était retiré temporairement de ses fonctions dans l’espoir d’apaiser les tensions au sein de l’organisation.
Le 11 juin, l’exécutif national du SFPQ a annoncé à ses membres que M. Daigle avait été relevé provisoirement de ses fonctions à la lumière d’éléments nouveaux
, sans toutefois en préciser la nature.
Christian Daigle a passé plus de 20 années au sein de l’exécutif national du SFPQ, dont dix à titre de président général.
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