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Monday, October 19, 2026

À Wainwright, une communauté plongée dans le deuil

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Au lendemain de la tragédie ayant coûté la vie à au moins quatre soldats sur la base militaire de Wainwright, à quelque deux heures de route d’Edmonton, le choc était palpable au sein de cette communauté d’un peu plus de 6000 habitants.

Dans cette localité où la vie civile et la vie militaire sont étroitement imbriquées, c’est toute une population qui s’est réveillée dans le deuil et l’incompréhension.

Entre les murs de l’église pentecôtiste de Wainwright, la tristesse était vive dimanche matin.

Les fidèles se sont rassemblés pour chercher du réconfort, priant ensemble pour les victimes et leurs proches. Parmi les citoyens venus se recueillir, tous sont liés de près ou de loin à la base militaire, située à seulement quelques minutes de route du centre-ville.

Après avoir adressé une prière aux familles endeuillées, le révérend Daniel Marchuk a lancé cette invitation aux fidèles : « Il y a un journaliste qui est venu de loin, du Québec, pour vous entendre. Sachez que vous n’êtes pas obligés d’accepter son invitation, mais parfois, cela fait du bien de se confier à autrui », a-t-il lancé avant de reprendre sa guitare et de faire résonner un autre chant chrétien.

Habillée sobrement, seule au fond de la salle paroissiale, Dawn a accepté l’invitation. Elle a confié au Devoir s’être levée le cœur brisé. « Dans cette ville, beaucoup de gens issus du milieu militaire fréquentent aussi cette église. En leur témoignant ce respect en retour, nous leur envoyons notre gratitude la plus sincère », a-t-elle exprimé avec émotion.

Proche de plusieurs familles de militaires, elle s’efforce de leur apporter tout son soutien : « Les parents de certains de mes amis sont militaires. On travaille dans la communauté, donc on les voit tout le temps, on leur parle », explique-t-elle.

Juste à côté de la salle de prière, des enfants s’amusaient pendant que les adultes se recueillaient. L’ambiance y contrastait vivement avec la gravité observée chez les plus grands. Presque tous les enfants jouaient de façon insouciante, à l’exception de la jeune Caroline, 12 ans.

« Mon papa travaille sur cette base », a-t-elle confié. « Il va bien, mais certains de ses amis vont moins bien. J’aimerais vous en dire plus, mais nous en savons peu. Chose certaine, on va s’en remettre », a conclu Caroline avant de rejoindre ses camarades.

Les signes avant-gardistes d’une tragédie

Selon les données de la Ville de Wainwright, un peu plus d’un habitant sur six travaille directement sur la base militaire, à titre de civil ou de membre des Forces armées.

C’est le cas de Ken, un vétéran qui a servi d’un bout à l’autre du pays avant d’occuper un emploi civil dans un entrepôt de la base. Profitant de ce dimanche ensoleillé pour tailler les arbustes qui ornent sa cour, il se remémore des événements de la veille.

Ken ne travaillait pas samedi. Voisin de l’hôpital de Wainwright, un mauvais pressentiment l’a envahi lorsqu’il a vu les véhicules d’urgence défiler en fin d’après-midi.

« Dès que la deuxième et la troisième ambulance sont arrivées, suivies de la police militaire, je me suis dit qu’il s’était passé quelque chose de grave sur la base », affirme-t-il. Son inquiétude s’est accentuée lorsqu’il a compté jusqu’à 11 ambulances garées devant l’établissement. « C’était le défilé toute la journée. Elles venaient d’aussi loin que Stettler, à deux heures et demie de route d’ici ! » souligne celui qui évolue dans le milieu militaire depuis près de 40 ans.

Une onde de choc jusqu’à Edmonton

L’hôpital local étant rapidement débordé en raison de l’ampleur de la tragédie, les blessés ont dû être transférés vers l’hôpital universitaire d’Edmonton. Dimanche matin, les sirènes retentissaient encore occasionnellement dans les rues de Wainwright, tandis que les équipes de secours demeuraient en alerte maximale.

Affairée à laver les vitres d’une banque de la rue principale déserte dimanche matin, Sandra a appris la nouvelle tard en soirée.

Lorsqu’elle a su que des militaires étaient évacués vers la capitale albertaine, son premier réflexe a été de contacter une amie infirmière à l’hôpital universitaire d’Edmonton. Ce que cette dernière lui a rapporté l’a bouleversée : « Elle m’a expliqué que tout le monde pleurait, les patients comme les familles. C’était un choc total. Les gens arrivaient dans un état critique, et certains n’ont pas survécu », raconte Sandra, la voix nouée par l’émotion.

Au-delà de la douleur, l’attente d’informations officielles alimentait l’inquiétude. Les causes exactes du drame n’avaient pas encore été éclaircies dimanche soir. Rongés par l’angoisse, plusieurs citoyens attendaient encore des nouvelles de leurs proches.

Malgré la lourdeur des jours à venir, un esprit de solidarité s’est immédiatement installé au sein de la population. « Vous savez, à Wainwright, nous sommes comme une famille. Il y a cela de beau dans les communautés militaires », a conclu Dawn.

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