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Saturday, October 3, 2026

Duhaime veut jeter les clés des autobus du « oui » et du « non »

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Le chef conservateur Éric Duhaime a dressé le bilan de sa campagne, vendredi matin, devant des autobus symboliques du « Oui » et du « Non » pour demander à la population le mandat « de les barrer comme il faut » dans le garage et éviter que le « fantasme de Charles Milliard et de Paul St-Pierre Plamondon » devienne « le cauchemar des Québécois au cours des quatre prochaines années. »

Dans un garage d’une zone industrielle de Québec, le camp conservateur avait stationné deux autobus scolaires avec, posé sur le pare-chocs, des reliques de 1995 : une pancarte du « Oui » d’un bord, une pancarte du « Non » de l’autre.

« Il y a un seul parti qui peut les empêcher de sortir du garage », a lancé le chef conservateur en pointant les deux véhicules orange stationnés derrière lui. C’est le Parti conservateur. »

À trois jours du vote, l’appel du chef de la formation de droite ne pouvait être plus clair : accordez-nous la balance du pouvoir pour éviter la tenue d’un référendum.

« Ce n’est pas vrai que moins de 30 % des gens vont décider d’avoir un gouvernement majoritaire et plonger le Québec dans une autre crise pendant quatre ans », a tonné Éric Duhaime. Une opposition conservatrice agirait de façon « responsable » à l’Assemblée nationale, mais ne bougerait pas d’un iota sur la question référendaire.

« Il y a un enjeu sur lequel on ne reculera pas, c’est celui du référendum, a indiqué le chef conservateur. On va tout faire en notre pouvoir pour nous assurer de barrer les portes pour que ces deux autobus-là restent bien comme il faut dans le garage. »

Joignant le geste à la parole, lui et sa candidate dans La Peltrie, Maïté Blanchette-Vézina, ont fermé les portes métalliques devant les deux véhicules sous les applaudissements et les « bravo ! » d’une poignée de candidats et de candidates.

L’exemple de l’Alberta

Le PCQ promet de tenir tête à Ottawa et d’obtenir des gains du fédéral grâce à des alliances avec les autres provinces. Le chef, Éric Duhaime, a toutefois admis que cette pression commune « ne s’est pas toujours finie nécessairement par des succès. »

« C’est arrivé que les fronts communs se sont disloqués aussi, ç’a donné la nuit des longs couteaux notamment au Québec. Il faut être réaliste, ça ne se traduit pas toujours par des gains. »

M. Duhaime a cité l’Alberta en exemple d’une province qui réussit à arracher des concessions du fédéral. « C’est celle-là, tant qu’à moi, qu’il faut regarder à l’heure actuelle. » La tenue d’un référendum sur la souveraineté albertaine dans quelques semaines ne serait pas étrangère à ces succès, selon le chef conservateur.

« Ça joue effectivement à l’avantage de l’Alberta au moment où l’on se parle, parce qu’on a le sentiment qu’elle est dans une position à dire : vous êtes mieux de négocier avec moi qu’avec le parti indépendantiste”. Le mouvement indépendantiste a son utilité — à condition qu’il reste très minoritaire. ».

Éric Duhaime maintient que si Ottawa refuse de céder devant un éventuel front commun de provinces conservatrices et autonomistes, « l’étape suivante, c’est qu’il y ait une élection fédérale et qu’il faut faire front commun nous autres, pas juste avec les provinces, mais entre Québécois », pour influencer l’issue du scrutin.

« Moi, j’espère que les cinq chefs, on va avoir le courage de se mettre ensemble et d’aller ensemble avec un front commun du Québec, qu’on fait peu importe nos allégeances politiques pour dire : “Regardez, l’immigration, c’est trop important pour la nation québécoise, il faut qu’on soit uni pour contrôler notre immigration”. »

François Legault avait toutefois appelé à l’élection d’un gouvernement conservateur en 2021, une tentative soldée par la victoire des libéraux de Justin Trudeau. La différence entre sa démarche et celle de l’ancien premier ministre, a expliqué Éric Duhaime, c’est qui lui y « croit ».

« Quand est-ce qu’il a fait une tournée des provinces canadiennes ? Il n’a jamais fait ça. Moi, je ne suis même pas élu et j’ai commencé à le faire. C’est ça, la différence entre les conservateurs et les caquistes : nous, on y croit et on va le faire. »

Une campagne « sous-marin »

Le chef conservateur, plus mince de 6 livres depuis le lancement de la campagne électorale, affichait un air satisfait au moment de revenir sur les dernières semaines. « On avait joué sur la route la dernière fois, on était sur les enjeux de nos adversaires, a souligné Éric Duhaime. Cette fois-ci, on a joué à la maison pas mal. »

Il a félicité son équipe d’avoir « joué du hockey des séries ».

« Je suis très fier », a-t-il lancé à propos de la campagne de longue haleine concoctée par son entourage. « Notre stratégie de départ, c’était une campagne de sous-marin, a expliqué le chef de droite. Le jour où on voulait peaker, c’était le jour des élections. Dans ce temps-là, il faut que tu sois un peu plus en recul, un peu invisible, puis tranquillement tu montes, tu montes, tu montes, puis à la dernière minute, tu émerges. Et c’est ce qui est arrivé. »

À quelques jours de l’élection, la caravane conservatrice se rend dans des endroits où elle croyait peu en ses chances au début de la campagne. Vendredi, le chef a fait une tournée dans le Centre-du-Québec pour prêter main-forte à ses candidates de Drummond-Bois-Francs et Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie. Au cours des prochains jours, le Parti conservateur devrait à nouveau visiter Arthabaska-L’Érable et Mégantic, où de chaudes luttes l’opposent au Parti québécois.

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