Le prochain défi du camp conservateur, professionnaliser «rapidement» sa députation
Les lendemains chantent au Parti conservateur du Québec (PCQ). Le chef, visiblement soulagé de voir ses troupes entrer en force à l’Assemblée nationale, veut désormais s’attaquer au prochain défi : démontrer aux Québécois que le camp conservateur est capable d’assumer les fonctions que la population lui a confiées.
Après « une longue traversée du désert », le PCQ et son chef se hissent au rang de deuxième groupe d’opposition. Ce privilège impose des devoirs et le chef, Éric Duhaime, entend faire les siens.
« Il y a une courbe d’apprentissage qui va devoir être faite, et qui va devoir être faite rapidement, a assuré le leader de droite, parce que dans le cadre d’un gouvernement minoritaire, on ne sait jamais ce qui va se produire dans les prochaines années. »
Seulement deux élues conservatrices ont une expérience parlementaire : l’ancienne ministre caquiste Maïté Blanchette Vézina et l’ancienne députée libérale Caroline Simard. Les autres — Éric Duhaime compris — arriveront en néophytes au Parlement.
« On a professionnalisé le parti depuis cinq ans. Là, on va professionnaliser notre équipe de députés à l’Assemblée nationale », a indiqué le chef au lendemain d’une soirée où son parti a « écrit une page du livre d’histoire politique du Québec », selon lui.
Le chef conservateur compte rester ferme sur la cohésion de son parti. « Il va y avoir une grande liberté de parole au sein du caucus, mais ceci étant dit, à partir du moment où l’équipe choisit de partir en une direction, il va falloir qu’on soit tous solidaires, qu’on mette tous l’épaule à la roue. »
Cette discipline, a maintenu Éric Duhaime, s’étendra aussi aux réseaux sociaux.
Un balayage dû à la « trahison » sur le troisième lien
La déconfiture du Parti québécois dans la grande région de Québec — où le gouvernement désigné a subi un balayage complet — est imputable « en grande partie » à « sa trahison sur le troisième lien », selon le chef conservateur.
« Si la Coalition avenir Québec a disparu de la grande région de Québec, a ajouté M. Duhaime, vous savez comme moi que ce n’est pas étranger aussi aux virages et aux changements de cap. [Le troisième lien], c’est sûr que c’est un dossier que je vais porter. »
À cet égard, le premier ministre désigné va devoir « prendre acte de la volonté populaire » et « faire preuve d’humilité » dans la région de Québec.
« Il y a une chose qui est évidente pour nous, c’est une priorité pour la région, c’est la priorité numéro 1, a insisté le nouveau député de Bellechasse. Je vais m’asseoir avec le nouveau premier ministre du gouvernement minoritaire et je vais lui faire part de nos priorités et je vais voir ce qui est compatible avec sa priorité. »
La collaboration avec le maire de la capitale, Bruno Marchand, s’annonce plus difficile autour du tramway. « Le maire Marchand n’a pas nécessairement les mêmes positions que moi, mais je vais quand même lui rappeler que démocratiquement, la population, ce qu’elle veut, c’est bien plus un troisième lien qu’un tramway. […] Le parti qui était le plus pour le troisième lien et le plus contre le tramway, c’est lui qui a gagné l’écrasante majorité. »
Une première nomination critiquée
Éric Duhaime a promis de « brasser la cage » des vieux partis dans son discours. Il estime avoir commencé à le faire dès le lendemain de son élection lorsqu’il a dénoncé la nomination de Frédéric Guay à titre de secrétaire général et greffier du Conseil exécutif.
« Ça envoie un très mauvais signal, a critiqué Éric Duhaime. C’est inquiétant que le premier geste que fait le nouveau premier ministre d’un gouvernement minoritaire qui a promis en campagne électorale de procéder à des coupes importantes dans la fonction publique, c’est que le numéro un des fonctionnaires, c’est un gars qui trouvait ça épouvantable de couper 100 postes » lorsqu’il travaillait au ministère de l’Environnement.
« C’est rare qu’on me traite de personne qui ne brasse pas assez les choses puis qui a la langue dans sa poche, a assuré le chef conservateur. Je pense que les militants ne seront pas déçus, au contraire. Brasser la cage, ça veut aussi dire être capable de faire des compromis. Ça veut aussi dire avoir des résultats pour faire avancer concrètement nos idées auprès du gouvernement. »
Éric Duhaime, « rarement aussi heureux » qu’au lendemain d’une élection à la faveur du camp conservateur, estime qu’il se trouve « dans la meilleure position qui soit » pour faire avancer la droite dans le discours politique du Québec.
« On va tout faire, a-t-il promis en guise de conclusion, pour que notre rapport de force serve à faire avancer nos idées dans les prochaines semaines. »
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