«Marvel Tōkon: Fighting Souls»: comme jouer avec des figurines
En sortant d’une séance d’essai de quelques heures de Marvel Tōkon : Fighting Souls en juillet dernier, le jeu de combat qui marie le style du développeur Arc System Works à l’univers superhéroïque de Marvel laissait un bon avant-goût qui s’avérait toutefois quelque peu brouillon dans son exécution. Avec la version finale bien arrivée, les affrontements manettes en main sont non seulement spectaculaires, mais aussi réglés au quart de tour.
C’est d’autant plus à son bénéfice : Fighting Souls parvient à marcher sur la fine ligne qui permet à la fois aux grands amoureux de jeux de combats d’y trouver la profondeur technique qui a fait le succès du genre et aux joueurs du dimanche qui veulent simplement disputer des combats de super-héros (ou vilains) entre amis d’y trouver leur compte.
Cela ne représente pas une mince tâche, d’autant que le titre prend le pari de proposer des affrontements où chaque joueur forme une équipe de quatre personnages. Si cela peut paraître intimidant au premier regard, il est possible de n’en maîtriser qu’un seul et de n’utiliser les trois autres que lors d’interventions le temps d’attaques distinctes.
La vingtaine de personnages suivent aussi tous le même squelette de contrôle, permettant de ne pas être totalement perdu peu importe le héros est sélectionné, tout en ne sacrifiant pas ce qui les rend unique.
C’est ainsi, bien sûr, en enchaînant par exemple les tirs de propulseurs d’Iron Man aux toiles de Spider-Man pour finalement faire bouger les vents en sa faveur avec Storm que Marvel Tōkon : Fighting Souls brille le plus.
À la manière des (multiples) équipes qui composent les bandes dessinées de super-héros, le jeu donne vraiment l’illusion d’un affrontement entre deux groupes, bien que l’on ne contrôle concrètement qu’un seul personnage à la fois.
Ladite illusion est davantage renforcée par la direction artistique du titre : Fighting Souls émule habilement l’esthétique des bandes dessinées qui l’inspire au point où plusieurs moments ont l’air de cases qui prennent vie. Mais c’est sans oublier la touche japonaise qu’apporte Arc System Works, avec des designs de personnages qui sont bien à eux et qui permettent au jeu de se démarquer parmi les autres productions signées Marvel.
Sauver le monde, un combat à la fois
Avec un mode en ligne des plus robuste et une liste de combattants qui ne laisse pas à désirer (tout en laissant la place pour des personnages additionnels dans les prochains mois), le contenu est au rendez-vous pour toujours avoir de quoi se mettre sous la dent.
Même le mode « épisode » axé sur le jeu solo est substantiel, quoiqu’un peu répétitif.
La prémisse est simple : un champion des arts martiaux intergalactique prénommé Le Champion débarque sur Terre et demande à des héros de former des équipes de quatre pour participer à un tournoi afin de tenter de l’affronter. En cas de défaite, le sort de la planète est en jeu… bref, un mardi habituel.
Le joueur peut donc suivre le récit d’une des cinq équipes — des Avengers aux chevaliers du docteur Fatalis en passant par les X-Men — qui prennent la forme de bandes dessinées légèrement animées servant de prétextes pour justifier les affrontements qui ponctuent chaque histoire.
La forme reste donc cinq fois la même : l’équipe est assemblée puis affronte les quatre autres avant de venir tête à tête avec Le Champion. Ne serait-ce que pour incarner chacun des personnages au moins une fois, l’expérience en vaut toutefois la peine, puisque chaque épisode dure un peu plus d’une heure et les interactions entre les héros (et moins héros) sontau minimum intéressantes et au mieux dignes de la bonne littérature Marvel.
Après tout, jouer à Marvel Tōkon : Fighting Souls peut parfois être l’équivalent moderne d’un enfant qui choisit ses figurines de super-héros préférés pour imaginer des combats fictifs et le mode histoire ne fait que renforcer ce plaisir coupable… mais oh combien satisfaisant.
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